Six of Crows, tome 2 : la cité corrompue de Leigh Bardugo

– Ce que tu veux et ce dont le monde a besoin ne coïncident pas toujours, Kaz. Prier et espérer ne sont pas la même chose.

Salut à toi, naufragé ! Ici, l’Explographe.

Cette semaine, je te parle de Six of Crows tome 2 : la cité corrompue de Leigh Bardugo. Au programme : de l’action, du style et des coups de génie. Les aventures de l’Explographe se poursuivent dans l’indifférence des perroquets carnivores.

Pour passer l’intro, rends-toi au premier titre « De quoi qu’on parle ? »

Journal de l’expédition Roselune. (Pour suivre le début de l’aventure, c’est par ici)

Jour 19 :

Le doux chant d’une perceuse hurlant en cœur avec un nourrisson métalleux résonne dans mon esprit. Le pire, c’est qu’ils ne sont même pas en rythme. J’appelle ça un concerto forte directed, comme disent les Américains, par Lucifer en personne.

J’ai envie de lancer ma tête loin de mon corps. Ce n’est pas une bonne idée, je m’en rends vite compte. Cependant, que faire ? J’ouvre les yeux pour m’apercevoir qu’ils sont en réalité déjà écarquillés. Le noir complet m’entoure. Je suis seul.

Chish’ah nous a bien niqué…

Le poids de toutes ces années loin de chez moi me tombe sur les épaules. C’est trop, j’ai envie de pleurer.

Comme sortie de nulle part, une présence réconfortante serre ma main dans la sienne. Ce contacte doux et chaud m’apaise. Je regarde dans cette direction, espérant voir le sourire bienveillant de Michel. Je ne discerne que deux yeux jaunes.

C’est bizarre quand même.

Je pose la main sur la main posée sur ma main. C’est velu. Je frissonne. Il y a le velu du chat et le velu de la mygale. Ce velu-là n’est pas celui d’un chat. Ah, ça casse les couilles ! Je recule précipitamment en étouffant un juron.

La créature s’avance. C’est un poulpe arachnéen avec une longue langue et des dents acérées. Franchement, moche. Deux sur dix, maximum.

Je m’empare de ma machette et lui mets un coup dans la tronche. La saleté esquive et projette sa langue dans ma direction.

Il fut un temps où je gagnais ma vie comme boucher-charcutier sur être humain. Ce n’était pas végane, mais au moins je ne chialais pas sur la mort de mon chien tout en bouffant un agneau. Il y avait une cohérence à mes actes. Je militais pour le droit de manger tout être trop faible pour se défendre lui-même. C’était une autre époque. J’avais des convictions politiques.

Je me ramasse de la bave plein la figure et décide de rendre hommage à mon glorieux passé de militant. La créature n’a pas le temps de me lécher les babines une seconde fois que je lui prends son foie. Eh ouais ! D’une seule main, à la machette et sans tricher. Tadaaaam !

Elle chancelle, surprise. Elle croyait avoir affaire à un vulgaire humain de base. Ça me met un coup à l’égo. On voit clairement que je suis quelqu’un d’exceptionnel, non ? Ce con de poulpe se souviendra de moi. Du moins, si le souvenir fait mariage heureux avec la mort, ce dont je doute fort.

Trêve de prose mélodramatique ; je lui coupe la tête bien nette. Je l’entends rouler dans la pénombre sans la voir. Je parle de la tête, hein, pas de la pénombre. Parce que philosophiquement, on ne peut pas voir la pénombre. C’est genre le principe, enfin bref…

Je sens monter tout autour de moi un souffle maléfique et sombre. C’est l’âme de Damso. Ou alors celle de Kaz Brekker ? Non, ils n’ont pas d’âme, suis-je bête. Haha. Ha. Haaa. Hum.

Le calife possédait le premier tome de Six of Crows. Quid du second ? Quid de la mort ? Quid de ta maman ?

 

Titre : Six of Crows, tome 2 : la cité corrompue

Auteur : Leigh Bardugo

Nombre de pages : 672

Ma note : 4.5/5

De quoi qu’on parle ?

Petit avertissement, parce que je suis gentil : si tu n’as pas encore lu le tome 1, tu peux trouver ma chronique ici.

ATTENTION, LA SUITE CONTIENT DES SPOILERS DU PREMIER OPUS !

Après la spectaculaire évasion des Crows et le coup de pute magistral de Van Ecke, on retrouve nos héros à Ketterdam. Kaz est tout colère parce qu’il s’est fait avoir. De plus, la ville et éventuellement le monde entier veulent les tuer pour récupérer la recette aux œufs d’or.

Cependant, Kaz n’a pas dit son dernier mot. Il lui reste une carte dans la manche. Rira bien qui rira le dernier. Il cache bien son jeu. Bien malin qui prédira la fin de cette histoire. À malin, malin et demi. Jeux de mains, jeux de vilains. Pierre qui roule n’amasse pas mousse. Un tiens vaut mieux que… OK, on a compris. Ça va défoncer des mères. RIP la Fontaine.

De où qu’on est ?

À Ketterdam, pas de gros changements de ce côté-là. Toutefois, on explore la cité en profondeur et on y découvre un peu les environs.

L’endroit est toujours aussi stylé.

De qu’est-ce que j’en pense ?

Je dois te préciser que j’ai découvert le roman avec sa version audio sur Audible. C’est en VO, mais la qualité est juste incroyable, tant au niveau du jeu d’acteur que de la compréhension. Je te la recommande.

J’ai énormément apprécié et ce fut un grand soulagement pour moi. J’avais peur d’être déçu après un tome 1 particulièrement explosif. Eh bien, crois-le ou non, ce tome 2 a gagné en maturité.

L’action reste toujours très présente, cependant les intrigues de Kaz sont encore plus complexes et élégantes. On en apprend plus sur le passé des personnages qui fait parfois carrément intrusion dans leur vie. Cela ajoute du drama et permet de creuser profondément dans l’esprit des protagonistes concernés.

Van Ecke apparait plus machiavélique que jamais et Kaz encore plus déterminé à se venger et à provoquer la chute de son réel adversaire : Pekka Rollings, l’homme qui a fait de lui un monstre.

Tout cela sur fond de guerre entre les nations, car Kuwei Yul Bo se cache dans Ketterdam et chaque camp donnerait n’importe quoi pour lui mettre la main dessus.

Une fois n’est pas coutume, Leigh Bardugo m’a impressionné par sa maîtrise de l’intrigue et sa manière très touchante d’aller au bout de ses personnages. Une suite clairement à la hauteur.

Pour les points négatifs, je ferai les mêmes remarques que pour le tome 1 : pas assez de sexe explicite et violent, une moyenne d’âge de seize piges irréaliste aux vues des événements, l’un expliquant probablement l’autre. LOL. Non, je déconne. En vrai, je n’ai pas grand-chose à dire de ce côté-là.

La fin est émouvante. J’y ai trouvé mon compte. Elle clôt définitivement un chapitre tout en laissant la possibilité d’un tome 3. Oh my gad ! On verra bien. En tout cas, Six of Crows est une super duologie. Si tu as lu et aimé le premier opus, tu dois lire le second. Obligé. C’est Macron qui l’a dit en plus, donc les illuminatis, donc déconne pas, naufragé.

L’extrait express (si t’arrives à le dire cinq fois vite, tu gagnes une noix de coco) :

Pour l’extrait, je n’ai malheureusement pas encore la version papier. Je ferai donc une exception pour cette fois.

Mille excuses.

Après j’arrête, j’en ai plus en stock.