Six of Crows de Leigh Bardugo

« – Je suis un homme d’affaires, lui avait il dit. Ni plus, ni moins.

– Tu es un voleur Kaz.

– N’est-ce pas là ce que je viens de dire ? »

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe. On se retrouve pour ma chronique sur Six of Crows de Leigh Bardugo, le célèbre roman qui hype tout instabook depuis la nuit des temps. Les aventures de l’Explographe continuent également. La salle du trône se dévoile…

Pour passer l’intro, rends-toi au premier titre « De quoi qu’on parle ? »

Journal de l’expédition Roselune. (Pour suivre le début de l’aventure, c’est par ici)

Jour 16 :

Nous finissons de nous extirper du tas de vieilleries pour entrer dans une salle gigantesque. De hautes et larges colonnes se dressent de part et d’autre d’une allée de marbre blanc jusqu’à un escalier d’or. Un trône de rubis incandescent en pare le sommet.

Franchement, même moi je ferme ma gueule sur le moment.

— C’est beau !

Michel. Évidemment.

Je m’avance, ébahi. Je n’ai pas le temps d’être cruel avec lui, car le besoin irrésistible de toucher ce chef-d’œuvre occupe tout mon esprit.

Il brille d’un tel éclat, d’une telle pureté démoniaque… C’est comme si une voix caverneuse provenant de la pierre même m’exhortait à entrer en contact.

— Euh, les amis ? Vous faites quoi ?

— Ta gueule, Michel, murmures-tu distraitement.

Tu me choques, naufragé. Si même toi ne respecte plus les fantômes, où va le monde ?

Nous avançons de plus en plus rapidement. Mon cœur bat la chamade. J’ai besoin de sentir le rubis sous mes doigts.

La sensation me rappelle mes crises de manque. Tellement douces et si violentes à la fois, si parfaites dans leur désir, si claires dans leur intention…

Je m’arrête. La nausée me monte à la tête, je me retrouve à genou. Qu’est ce que je suis en train de faire, putain ?! Je passe mes mains sur mon visage en sueur.

Je n’ai plus touché à la drogue depuis des semaines. Je ne le réalise vraiment que maintenant. Je n’ai pas envie de recommencer à en prendre. Du moins, pas tout de suite (faut pas déconner). Je sens cette sensation malsaine glisser de mon corps. Elle s’en détache lentement et sur le coup, j’ai l’impression qu’elle retourne dans le trône de rubis.

Tu me dépasses pratiquement au pas de course, naufragé. Ton visage est celui d’un homme trop heureux de prendre sa dose pour tenir compte des conséquences.

Je me secoue. Je dois agir vite avant qu’il ne soit trop tard. Ce trône maléfique fait quelque chose à nos esprits. Je soupire. Pourquoi est-ce que tout dans ce palais de mes couilles essaie de nous retourner le cerveau ?

— Naufragé, c’est un piège. Reviens, ta race maudite !

Tu ne m’écoutes pas. Ça me blesse, je croyais qu’on était ami. Je regarde le livre que je tiens encore en main ; les sœurs Carmines, tome 1. Je souris à l’idée qui m’apparait. On va rire, j’espère te toucher à la tête, c’est toujours plus drôle.

Je lance le roman, qui pèse son poids il faut le dire. L’ouvrage parcours l’espace en un arc parfait pour heurter durement l’arrière de ton crâne.

— Hourra !

Tu t’affales sur le marbre comme, hum, ben comme une merde. Il n’y a pas d’autre mot. Je cours à tes côtés et te secoue durement.

— Naufragé ! Remue-toi, n’écoute pas cette voix !

Tu clignes des yeux, encore étourdi par le coup à la tête.

— Explographe, je vais te tuer…

— Plait-il ? Après tout ce que j’ai fait pour toi ?!

— Tu…tu m’as frappé !

Je me relève et observe les alentours en quête d’un éventuel adversaire en plus du trône maléfique.

— Techniquement, j’ai simplement lancé un livre.

Mes yeux accrochent alors une silhouette noire qui se matérialise à la place du roi. Le rubis s’assombrit et une antique apparition de cauchemar se lève du trône. Son regard de feu agonisant me transperce. Il tient son livre démoniaque d’une main sûre ; six of crows de Leigh Bardugo.

La momie du kalif.

Fais chier !

Titre : Six of Crows

Auteur : Leigh Bardugo 

Nombre de pages : 508

Ma note : 4.5/5

De quoi qu’on parle ?

Kaz Brekker, dit dirty hands, a une solide réputation de fils de pute, expert en voles et coups de traître. Bref, un pur génie.

Lorsqu’un riche marchand aux manières d’aristo lui propose de sauver le monde en échange de trente millions de kruge, il devient socialiste et se convertit à la bienfaisance afin de sauver son âme…pardon, son compte en banque.

Il réunit alors une équipe stylée aux inimitiés tenaces, liée par l’amour de la thune et le goût du risque. Car leur mission est simple, trois fois rien : faire évader un scientifique de la prison la plus sécurisée du monde.

De où qu’on est ?

Tu situes un peu le monde de Narnia ? Ouais, ben on n’est pas là du tout (tu t’es bien fait avoir, haha XD).

Nous sommes à Kerch, un archipel marchand et plus précisément à Ketterdam, sa plus grosse ville et véritable plaque tournante du commerce international.

Ketterdam c’est de jolis canaux, des manoirs trop chou et de rues pleines de magasins luminescents. Le conseil des marchants veille à ce que chaque citoyen soit heureux et épanoui. C’est le rêve ! Découvre Ketterdam avec mon offre spéciale week-end à deux (avec possibilité de commander une deuxième fille/homme. Voir modalité de l’offre).

Ouais… Et sinon, il y a le Barrel, un quartier de luxure et de vice où les gangs pullulent et où la violence mène une vie de famille stable.

Bref, Ketterdam c’est un mix entre Gotham et Amsterdam.

Il y a également Djerholm, la capitale de Fjerdans (les vikings, pour te la faire courte) avec sa magnifique prison de glace. Franchement, c’est neigeux et coloré. Une sorte d’Islande un poil plus grandiose. Ils foutent des loups et des rubans partout. Il faut aimer le côté traditionnel et les tanks.

La prison de glace est un gros rond avec plusieurs ronds dedans, divisés en secteurs. Au milieu se trouve l’arbre sacré entouré de douves glacées infranchissables. Voilà, on ne comprend rien, mais si tu achètes le bouquin il y a une belle carte dedans qui t’explique tout !

De qu’est-ce que j’en pense ?

Pour moi, c’est une grosse validation. Le personnage de Kaz m’a énormément plu et la façon dont l’auteure a découpé les points de vue entre les différents protagonistes rend la lecture très dynamique.

L’univers est recherché, le scénario abouti, les personnages sont travaillés ; bref, on peut labéliser tout ça en premium.

Parmi les choses qui m’ont marqué, il y a les Grishas, des êtres doués de pouvoirs surnaturels assez stylés comme la capacité de contrôler le rythme cardiaque d’une personne ou encore de manipuler la matière (genre de la pâte à sel pour faire un joli bracelet à ta maman).

Les interactions au sein du groupe sont prenantes, même si parfois j’ai trouvé certaines scènes un peu niaises. Alors attention, il y a une explication.

Les héros de ce roman sont des adolescents.

Oui.

Je répète : les gars ont entre quinze et dix-sept ans. Ils tuent, volent, ont subi l’esclavage et le viol, jouent au casino et touchent à tous les vices. À seize ans, au calme…

Parce que pourquoi pas, après tout ? Je bien commencé les combats de SDF à trois ans, alors je ne vois pas où est le problème. LOL.

Bon, j’ai appris par la suite qu’on était sur du young adult. Du coup, bat les couilles, je leur ai tous donné dix ans de plus, parce que niveau crédibilité, je n’en pouvais plus, naufragé.

Cela explique la façon particulière qu’a l’auteure d’aborder certains sujets. Par exemple, trancher la gorge d’une victime c’est OK. Faire un bisou, bwaaaah, pas avec la langueuuuu.

Non, mais ça mis à part, j’ai adoré cette lecture. Le mélange de fantasy et parfois de steampunk à la prison break m’a tenu en haleine jusqu’à la dernière page.

La fin nous emmène sur un deuxième tome avec la violence d’un esprit particulièrement habile. Le climax est maîtrisé, le méchant est un fdp de première et tu meurs de trouille qu’un membre de l’équipe crève, parce qu’ils sont désormais tous tes meilleurs potes. (Et non, avoir envie de voir ses amis mourir n’est pas normal. Je le précise, car je sais que des psychopathes me lisent et je n’ai pas envie qu’ils se plaignent sur les réseaux sociaux, ou pire, passent à l’acte).

Je te conseille donc vivement cette lecture à l’univers sombre et travaillé. Leigh Bardugo signe avec six of crows une petite pépite.

L’extrait express (si t’arrives à le dire cinq fois vite, tu gagnes une noix de coco) :

 

Mille excuses, naufragé. Je n’ai que la VO sous la main pour l’extrait.

Kaz Brekker didn’t need a reason. Those were the words whispered on the streets of Ketterdam, in the taverns and coffeehouses, in the dark and bleeding alleys of the pleasure district known as the Barrel. The boy they called Dirtyhands didn’t need a reason any more than he needed permission—to break a leg, sever an alliance, or change a man’s fortunes with the turn of a card.

Of course they were wrong, Inej considered as she crossed the bridge over the black waters of the Beurskanal to the deserted main square that fronted the Exchange. Every act of violence was deliberate, and every favor came with enough strings attached to stage a puppet show. Kaz always had his reasons. Inej could just never be sure they were good ones. Especially tonight.

Inej checked her knives, silently reciting their names as she always did when she thought there might be trouble. It was a practical habit, but a comfort, too. The blades were her companions. She liked knowing they were ready for whatever the night might bring.

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