Scénariser comme George R.R. Martin : la structure en trois actes

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe.

Bienvenue dans ce premier article de ma série consacrée à l’écriture où je tente, modestement, de te partager ce que je sais. Je ne prétends pas tout connaître et encore moins réussir à l’appliquer, mais comme nous sommes entre cas désespérés, juger n’a aucun sens. Débutons, jeune padawan.

Tu as un rêve. I have a dream comme dirait Martin Luther King Jr. ; écrire un roman, le meilleur roman du monde. Tellement bon que George R.R. Martin quitterait le game dégouté.

Un jour, une pitoyable idée que tu estimes formidable germe dans ton esprit diminué. Un univers se dessine, des personnages fabuleux naissent avec une quête, un destin ! Tu allumes fébrilement ton ordinateur et commences à faire des fautes d’orthographe.

Seulement, un problème survient bien vite ; tu n’as aucune putain d’idée de comment transformer ce ramassis d’images incroyables en un roman cohérent et structuré. Ton instinct te pousse à tout dire en même temps, à montrer tout ce que tu as dans la tête tel un peintre qui jetterait ses couleurs sur la toile dans une explosion créative. Ça s’appelle de l’art contemporain et tu ne veux pas faire d’art contemporain. Toi, tu veux écrire un livre.

Tu lèves les yeux au ciel et défies les dieux. Deux options se présentent à toi : apprendre à canaliser et à former tes idées ou partir en YOLO.

Tu le sais peut-être, il y a deux grands types d’écrivains (les SDF et les pauvres. Nan, je déconne mdr, xd, xptdr, XD) : l’architecte et le jardinier.

L’architecte : maniaque de la planification, ce taré doit obligatoirement écrire son scénario de A à Z et jusqu’à la couleur des poils pubiens de son dernier personnage secondaire pour commencer à écrire son roman. Pour lui, tout doit être défini à l’avance sinon c’est le blocage. L’inconnu est une catin vérolée qu’il faut fuir comme la peste.

Le jardinier : flemmard et ouvert d’esprit, ce fdp ne cultive rien mis à part ses énormes coups de chance lorsqu’il arrive à terminer son histoire en retombant un peu près sur ses pattes. Il a horreur des plans qui le « contraignent dans son élan créatif » et se jette avec joie dans les aléas du chaos. Il justifie son manque de discipline par son désir de « sortir des cadres ».

Ce qu’il faut savoir, c’est que cette classification correspond à un spectre et non à des cases définies. On n’est jamais cent pour cent jardinier ou architecte, mais on oscille plus ou moins d’un côté ou de l’autre.

Je préfère te le dire, très peu de gens arrivent à partir en YOLO et à en ressortir vainqueurs. La majorité (dont je fis partie) abandonne, car bloquée, ou repasse dix mille fois sur le texte en perdant un temps fou. Que tu sois plus jardinier ou au contraire architecte, je te conseille d’apprendre les bases d’une structure narrative qui te permettra de savoir où tu mets les pieds. J’y viens justement.

Le sacro-saint trois actes

Tu le connais de nom, ta prof l’a expliqué en cours de français, mais tu n’y allais pas, car bien trop occupé à vendre de la méth à tes amis toxicos (je ne juge pas ; je suis aussi passé par là. Aaah, la jeunesse…). La structure narrative en trois actes te permet de donner une forme concrète à ton récit

Acte 1 :

L’accroche : c’est une scène dynamique (pas une description de deux heures, en gros) qui va attirer le lecteur et lui donner envie de continuer à te lire. Ton ou tes héros sont attaqués par une licorne vénère ou Britney découvre une photo de son ex disparu dans son casier. Il y a mille et une façons de réaliser une accroche, l’essentiel étant de piquer la curiosité du lecteur.

La description du monde : ici, il s’agit de montrer la situation (mission, quête ou autre) dans laquelle se trouvent ton ou tes héros ainsi que de décrire ton univers. Pour reprendre nos exemples cités plus haut, des chasseurs de trésors recherchent l’épave du capitaine Fripouille et viennent de se faire sauvagement attaquer par une licorne. Ils la mangent autour d’un feu de camp dans les ruines d’une ancienne civilisation d’épagneuls bretons. Britney, quant à elle, sort du lycée et rentre chez elle dans son loft art déco en plein Manhattan. Elle s’enferme dans sa chambre pour observer la photo mystérieuse et écoute les one direction. Elle hésite à en parler à sa meilleure pote, Mendy.

Le basculement : un événement intense survient qui ne laisse plus le choix ton ou tes héros ; ils doivent s’engager dans l’aventure, de grès ou de force ! Les chasseurs de trésors sont surpris dans leur sommeil par un troupeau de licornes. L’impératrice Chevaline leur donne le choix : mourir ou capturer le capitaine Fripouille pour rembourser leur dette de sang (les licornes n’aiment pas être mangées). Britney trouve une deuxième photo dans son casier. Elle date de plusieurs années et on y voit son ex avec Mendy. Sa meilleure amie est-elle vraiment sa meilleure amie ? Elle doit en avoir le cœur net.

Acte 2 :

Les péripéties : ton ou tes héros subissent des épreuves de plus en plus éprouvantes. C’est généralement l’acte le plus long et le cœur du récit. La majorité des aventures se passent ici. Les chasseurs de trésors se rendent aux cascades maudites, ils trouvent une grotte qui les mène au sanctuaire de Wi’fi, le dieu des ondes chamaniques. Ils combattent les morts vivants du dieu, etc. Britney sonne chez Mendy, mais la jeune fille a disparu. Elle commence à recevoir des mails étranges, on essaie de la renverser en voiture, et ainsi de suite.

L’épiphanie : ton ou tes héros, après s’être battus comme des lions, sont au bout du rouleau. Ils n’en peuvent plus et veulent abandonner. Soudain, intervient le truc qui leur fait comprendre la solution à leur problème. Ils apprennent leur dernière leçon, celle qui les mènera à la victoire. Les chasseurs de trésors ne sont plus que six. Ils se cachent sur la plage, blessés et en haillons. Alors qu’ils se disputent, ils réalisent que c’est leur appât du gain et leur égoïsme que le vil capitaine Fripouille utilise contre eux. Désormais, ils se battront ensemble comme des frères pour honorer leurs camarades morts durant l’aventure. Britney abandonne. Ses proches la prennent pour une folle et elle n’a plus de pistes. Elle pleure en silence. Peut-être qu’elle devrait en finir ? Elle prend soudain conscience de sa colère, en elle depuis tout ce temps. Elle veut retrouver son ex et Mendy pour leur faire payer. Le corbeau joue avec ça. Elle doit pardonner et laisser son amour s’exprimer, car au fond, elle tient à eux. Elle voit alors qui est le coupable. Ce ne peut être que lui.

Acte 3 :

Le plan (qui va niquer des mères) : ton ou tes héros établissent un plan de génie afin de neutraliser le méchant (ou de résoudre le problème, quel qu’il soit). Les chasseurs de trésors envoient l’un des leurs se faire passer pour un traître auprès du capitaine Fripouille. Sa mission sera de convaincre le vilain d’attaquer leur « faux » campement à la faveur de la nuit. Britney sait qui est le corbeau. Elle compte donc le suivre et le prendre en photo sur le fait.

Le climax : voilà que vient le combat final ! C’est la folie, tout explose, ça crève, ça chiale, c’est beau, putain (snif). L’affrontement ne laisse aucun temps mort, le suspense est à son comble. Le plan menace de foirer, oui, non, on ne sait plus, et c’est le buuuuuuut !!! Le capitaine Fripouille exulte devant le traître et tombe dans le piège. Il croit surprendre les chasseurs de trésors dans leur sommeil, mais que nenni ! Nos héros retournent « l’embuscade » contre leur adversaire et une bataille terrible s’engage. Fripouille se bat comme un dément, il passe Miky par le fil de son épée. Noooon, Miky ! Les chasseurs de trésors redoublent de rage et d’efforts. Le capitaine maudit fatigue devant tant de hargne et d’héroïsme. Il tombe à terre, épuisé, blessé, finalement vaincu. Britney sort des cours et suit Jordan, le bad boy du lycée. La nuit tombée, il se rend au casier de la jeune fille, le crochète et y dépose une photo. Britney filme toute la scène. Malheureusement, elle éternue. Le corbeau se retourne et la voit. Il lui court après. La voilà dans la forêt, les branches lui fouettent le visage. Soudain, elle trébuche. Jordan ricane. Il s’empare d’une grosse branche et la traine derrière lui comme le putain de malade mental qu’il est. Britney se relève, elle refuse de mourir à genou ! Jordan lève la branche au-dessus de sa tête et… « Hey, que faites-vous ?! » Une lampe torche, le concierge du lycée. Jordan décampe. Britney se relève, souffle un coup puis envoie la vidéo sur le groupe what’s app du lycée. Jordan est démasqué en public.

La fin : c’est la conclusion de ton histoire. (Sans blague, mais waw.) Ton ou tes héros retiennent la leçon de tout ce qu’il s’est passé. Ils en sortent changés et plus matures. Les chasseurs de trésors amènent le capitaine Fripouille devant l’impératrice Chevaline. Elle hoche cérémonieusement la tête et efface leur dette de sang. Soudés comme jamais, ils ne sont pas riches, mais ont gagné bien plus ; de véritables amis. Ils partent pour les terres du sud, parce que c’est stylé. Britney observe la police emmener Jordan devant le regard atterré de ses parents. Il retenait son ex et Mendy dans la cabane de chasse de son père. Pourquoi ? Pour une stupide vengeance de gosse pourri gâté. Toutes les filles lui disaient oui, mais pas Britney. Jordan ne pouvait le supporter et son égo démesuré l’a mené au crime. Elle serre Mendy dans ses bras et embrasse son ex avec la langue et… Le reste, c’est dans le tome deux, bande de pervers. (Achète le tome deux pour plus de sexe.) Bref, Britney ne laissera plus jamais sa colère prendre le pas sur son amour.

Voilà, tu sais maintenant à quoi ressemble une structure en trois actes, naufragé (e) ! Je précise qu’il y a plusieurs déclinaisons possibles et que c’est avant tout un outil et pas forcément une recette à suivre à la lettre.

J’espère que ce premier article sur l’écriture t’a aidé. N’hésite pas à me le faire savoir en commentaire ou à me poser tes questions.

À ton clavier, stylo ou plume, que ton roman commence !

 

2 commentaires sur “Scénariser comme George R.R. Martin : la structure en trois actes

  1. Salut Ô Explographe! (Putain je savais pas que mon iPhone sait faire tous ces öøô magnifiques)
    Tu es tellement drôle! J’ai ri c’est terrible, car je me suis vu en train d’allumer mon ordi et de commencer à faire des fautes d’orthographe.
    As tu déjà envisagé de mettre tes talents au service de l’ecriture de sketchs?!
    Et merci car non ce n’est pas de l’art contemporain que l’on veut faire XD
    Thomas
    PS: trilogie blood song bim bam boom merci pour le tuyau

    1. Salut à toi, naufragé Thomas ! 🙂

      Merci beaucoup pour ton retour 😉 Super content d’avoir pu t’aider et même te faire rire.
      Je n’écris pas de sketchs à proprement parler, mais narre “Les aventures de l’Explographe”, une novela à l’humour douteux similaire à cet article, que tu peux retrouver au début de chacune de mes chroniques et dorénavant sur Wattpad (si tu connais^^). Ça m’amuse beaucoup et c’est plus léger que mon projet d’écriture principal 😉

      Au plaisir de te revoir sur ces rivages (infestés, mais chuuut !) 🙂

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