Novus Ordo -Venyce tome 1 – Chapitre 44

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe. Tu es désormais lecteur-aventurier/lectrice-aventurière dans l’aventure Novus Ordo.

Voilà le chapitre 44, “Illumination (deuxième partie)”. Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

Ciristio fronça les sourcils.

— Ah oui, il faut bien ça pour se concentrer sur le travail de précision qu’exigent mes inventions.

Les deux hommes se dévisagèrent un instant.

— La piste que vous nous avez donnée n’a mené nulle part.

Silence. Le vieil aristocrate avala sa salive.

— Voilà qui est fort regrettable. Avez-vous pu en apprendre plus sur la créature ?

— Nos traceurs arcaniques continuent leurs recherches. Malheureusement, l’assassin doit être loin, maintenant. Les commanditaires, en revanche, se trouvent peut-être encore à Venyce. J’en nourri du moins l’espoir.

— Je le souhaite de tout cœur, capitaine.

— Vraiment ?

Ciristio s’agita dans son fauteuil.

— Écoutez, je ne connais pas la raison précise de votre venue, mais je n’aime pas vos insinuations.

— Je ne posais qu’une simple question, Constructeur.

Ciristio le dévisagea suspicieusement.

— Cao vous sait-il ici ?

— C’est lui qui m’envoie.

Il soutint son regard.

— Vous mentez. Vos méthodes grossières ne marcheront pas avec moi. Je suis disposé à vous aider, cependant, je refuse de subir votre interrogatoire. Je crois mériter le droit d’être au-dessus de tout soupçon.

Inutile de nier. Ciristio ne coopérerait pas sans une très bonne raison. Sa survie en était probablement une. Aussi vif qu’un serpent, Haziel bondit de son fauteuil et prit le vieil aristocrate à la gorge.

— Arrgh, mais que… ?

— Tenez-vous tranquille ou je vous brise la nuque. Je sais que vous n’avez pas dit la vérité. Pourquoi ?

Pas de réponse. Il le souleva de terre pour le plaquer contre un mur.

— Dites-moi ce que vous savez ou je le jure devant Dieu, je vous le ferai cracher.

Ciristio avait le visage en sueur et la respiration étouffée.

 — Je, arrgh…

Le capitaine desserra légèrement sa prise.

— Je… je ne peux rien vous dire. Vous devez comprendre.

— Comprenez que vous n’avez pas le choix.

Il lui donna un grand coup dans le ventre. Le vieil aristocrate grimaça de douleur. Il aurait voulu se recroqueviller, mais le capitaine le maintenait fermement.

— De qui avez-vous peur ? Répondez !

— Vous ne les connaissez pas.

— Leurs noms !

Il s’obstina à garder le silence. Alors, le capitaine lui arracha une oreille. Le sang gicla sur le mur et les cris se répercutèrent dans toute la pièce. Haziel devait le garder conscient et donc arrêter l’hémorragie. Il s’empara de son crucifix mortuis et en appliqua le bout sur la blessure. Instantanément, la chair commença à bruler en un crépitement répugnant pour finir par se cautériser. Ciristio continuait de hurler, les yeux révulsés.

— Taisez-vous ! Personne ne vous entend ce qui veut dire que j’ai tout mon temps. Je vais continuer et cela va faire qu’empirer. Si vous me dites la vérité maintenant, la douleur s’arrêtera.

Il le souleva de terre et le tint à bout de bras.

— Regardez-moi !

Ciristio obéit sans pourtant cesser de se débattre.

— Je veux entendre des noms, Constructeur.

— Je ne peux pas ! Les enjeux nous dépassent tous. Il n’y a plus rien que nous puissions faire…

— De quoi me parlez-vous ? ! Quels enjeux, la Grande Guerre ?

— Je ne…

Haziel le laissa choir au sol. Ciristio toussa comme un diable en écartant sa collerette qui l’empêchait de reprendre son souffle.

— Je ne sais pas exactement, mais notre survie est menacée.

— Une seconde Grande Guerre approche, bien évidemment que nous courons un grand péril…

— Non, vous ne comprenez pas !

Il s’adossa maladroitement contre le mur. Son regard montrait l’horreur qu’il s’imaginait sur le point d’advenir.

— Il ne s’agit pas seulement de Venyce. Si elles sont ici, cela signifie que notre espèce tout entière risque le pire.

Il se tut subitement et ferma les yeux. Il frémissait.

— Que me racontez-vous ? Qui se trouve ici ? Soyez plus clair, par le Saint-Esprit !

— Les réponses vous échapperaient, capitaine. Vous êtes un homme de foi dévoué. Renoncez à saisir ces sombres Arcanes et préparez-vous à la guerre. Vous aurez probablement un grand rôle à jouer.

— Oh, vous ne vous en tirerez pas comme ça !

Haziel l’empoigna une fois de plus. Cependant, le regard vitreux de l’homme ainsi que sa résignation physique ne présageaient rien de bon. Il le gifla et c’est à peine s’il réagit.

— Je suis prêt à aller aussi loin que nécessaire pour découvrir la vérité, sachez-le.

— Cao vous pendra pour ça.

— Peut-être, mais il n’est pas ici et personne ne viendra vous sauver. Confessez vos pêchés !

Ciristio n’ouvrit même pas un œil. Il s’enferma dans un mutisme fataliste.

— Vous ne me laissez pas le choix, Constructeur.

Il s’empara de son crucifix mortuis et les cris recommencèrent. Haziel s’échina à le faire parler, sans succès. Toute la pièce sentait la chair brûlée et le sang. Fou de rage, il pressa plus fort, plus longtemps. Un geste imprudent.

A pasahasa de a goaal om elasa…

— Que dites-vous ?

Le capitaine prit ce qu’il restait du malheureux visage entre ses doigts et le dévisagea à la recherche d’une quelconque parole. Le vieil aristocrate respirait difficilement et l’un de ses yeux n’était plus qu’une cavité noircie.

A pasahasa de a goaal om elasa…

— Que signifie cela ?

Il n’y eut aucune réponse. Ciristio expulsa son dernier souffle et sa tête tomba lourdement sur son torse.

Par le Tout-Puissant, je viens d’assassiner le Constructeur. Haziel se signa avant de déposer le corps sans vie par terre.

A pasahasa de a goaal om elasa. Voilà ses derniers mots… Il ignorait la langue et le sens de cette phrase, mais cela devait être important. Car au milieu de la peur et de la souffrance, l’homme avait réussi à extérioriser une et une seule pensée ; cette étrange parole, celle qui lui faisait plus peur que la mort elle-même.

Il tint son crucifix mortuis appuyé sur le front du cadavre et ferma les yeux. Soudain, le corps prit feu et brula si vite que bientôt il n’en resta rien, pas même les os. Maintenant je dois sortir.

— La conversation a-t-elle été fructueuse ? lui demanda Rosius alors qu’il lui rendait ses armes.

— Plus fructueuse que je ne l’aurais cru de prime abord.

— Vous m’en voyez ravi.

La porte qui donnait sur les caves s’ouvrit et Haziel en fut soulagé. Il se retourna une dernière fois :

— Rosius, si votre maître n’était plus là, que feriez-vous ?

Le robot réfléchit un instant puis déclara sur un ton des plus sérieux :

— Je ne sais pas, capitaine.

— Parfait.

Cette maudite machine n’était pas si intelligente tout compte fait.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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