Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 42

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe. Tu es désormais lecteur-aventurier/lectrice-aventurière dans l’aventure Novus Ordo.

Voilà le chapitre 42, “Faux départ (deuxième partie)”. Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

Veino jeta un rapide coup d’œil dans le salon : l’homme sortait un pistolet équipé d’un silencieux. Lui et la tueuse se trouvaient assis l’un en face de l’autre et elle avait le visage frappé par la surprise. Ses réflexes de sicario entraient déjà en action, malheureusement le polymorphe était plus rapide.

Un coup de feu étouffé partit. La balle déchira le dossier d’un fauteuil et Sieur Verenn s’affala en avant, un cri muet sur les lèvres. Veino faisait irruption dans la pièce, le canon de son arme encore fumant.

Personne n’allait lui enlever sa vengeance et surtout pas le salopard qui l’avait torturé. La tueuse lui appartenait. Après tout ce temps, toutes ces choses, elle méritait bien pire qu’une simple balle. Montineti, ou quel que soit son nom, devrait s’en contenter.

Le Scorpion restait pétrifiée dans son siège, désorientée. Des semaines de traque à se cacher ainsi que l’enchainement brutal des événements semblaient l’avoir brisée. Elle réalisa enfin qui se tenait devant elle.

— Non, toi tu ne peux…

Sa phrase resta en suspens. La vérité était bien trop difficile à appréhender d’un seul coup.

— Je rêve de ce moment depuis une éternité, susurra-t-il en s’approchant lentement. J’ai, littéralement, traversé l’enfer pour te retrouver. Heureusement, j’ai eu un petit bonus ; Gabriella. Sérieusement, qu’est-ce que tu lui trouvais ? Elle a crié comme une pucelle.

Elle lui lança un regard furieux, mais résigné. Le Scorpion n’a plus d’endroit où se cacher. Il sait reconnaître une défaite.

— Tu es un démon. Je ne sais pas comment tu as fait, mais je suis impressionnée.

Il se précipita sur elle et la saisit au visage.

— Oh, tu n’imagines même pas. Tu vas crever salement, Scorpion.

Cela aurait pu se passer comme on l’imagine volontiers ; du cordage, des couteaux tranchants et beaucoup de cris et de sang. Cependant, la réalité aime contrarier les plans des simples mortels.

Le polymorphe revint brusquement à la vie et braqua son arme sur Veino. Il réussit à dévier de justesse le bras traître avant que le coup ne parte. Pfumf, une balle se ficha dans un mur. Il braqua à son tour son pistolet, mais l’autre lui tordit instantanément le poignet. Pas le temps, il fallait agir vite. Il lança son pied en direction d’un genou. Esquive, son adversaire était rapide comme l’éclair. Il lui fit lâcher son Barderazzo avant de lui donner un grand coup de pied entre les jambes. Aouch !

Veino tomba à terre, pétri de douleur. Il vit le polymorphe se dresser au-dessus de lui, le canon de son arme en direction de sa tête. Non, pas maintenant ! Pourtant, on choisissait rarement la façon et encore moins le moment. Il avait sous-estimé son ennemi. Pourquoi ne lui ai-je pas tiré dans la cervelle, bon sang ? Conscient qu’il n’aurait jamais la réponse, il regarda la mort en face.

Le coup ne partit jamais. À la place, le corps du polymorphe s’affala sur le plancher comme une poupée de chiffon, dévoilant un Vittorio tout sourire. Il abaissa son pistolet à tranquillisants.

— Content de me voir ?

Sonné, et avec l’entrejambe en feu, Veino se recroquevilla.

— Ma foi, c’est toujours mieux que l’autre face de rat, grommela-t-il.

L’Artiste s’accroupit à sa hauteur.

— Un merci suffirait amplement.

— Merci.

Vittorio lui proposa sa main et Veino se releva en grimaçant.

— Comment se fait-il que je sois encore en vie?

Vittorio désigna le corps du polymorphe qui gisait à terre.

— J’ai endormi notre ami au bon moment, voilà tout.

— Il n’est pas mort ? Tant mieux. Une seconde de plus et j’y passais. Bordel, tu me l’avais pourtant bien appris : toujours dans la tête, vos facultés de guérisons sont très rapides. Je dois être béni par le Seigneur lui-même pour échapper ainsi à la mort.

— Ou avoir les meilleurs pour assurer tes arrières ?

Veino fit la moue.

— Ça se discute. Je préfère ma version.

— Fascinant, vraiment.

— Quoi donc ?

— Cette capacité que tu as de nier la réalité même.

Veino balaya la remarque d’un haussement d’épaules et toucha sa lèvre fendue.

— Cela ne m’explique pas comment tu t’es retrouvé sur le Cartagienno.

L’autre commença à ligoter son prisonnier.

— Oh, mais je ne suis pas seul. On a mené notre petite enquête, Julianne et moi, et on a découvert que l’inspecteur Alcide Montineti, que tu dois connaître d’ailleurs, était mort depuis un bout de temps.

— Oui, c’est lui, enfin le type qui avait pris son visage, qui m’a interrogé lors de mon séjour à Porte Noire. Je l’ai aussi vu tuer l’homme dont il a pris l’apparence aujourd’hui. Un certain Sieur Verenn.

Vittorio avait fini. Il se releva.

— Intéressant. De notre côté, nous avions déduit qu’il y avait un polymorphe qui jouait les officiers à Porte Noire. Nous nous sommes donc mis en planque en face de chez lui avant de le suivre jusqu’ici. La suite, tu la connais. Ah, maintenant que j’y pense, nous avons éliminé une bande de tueurs sur le chemin. Nous ne devrions pas tarder.

— Ils viennent probablement pour le Scorpion. Elle a ses anciens commanditaires aux trousses…

C’est à ce moment-là que Julianne entra dans la pièce. Elle saignait au bras, mais la blessure commençait déjà à se refermer. Elle salua Veino de la tête tout en informant son mentor :

— Elle s’est échappée. Cette garce est plus traitresse qu’on ne pourrait le croire.

Dans un premier temps, Veino ne comprit pas. Puis, il réalisa que sa proie venait de s’enfuir et que, plus que son terrible secret, c’était sa vengeance qui filait entre ses doigts.

— Non ! Tu n’as pas pu la laisser partir, cria-t-il, la rage au ventre.

La jeune femme fronça les sourcils tout en reculant d’un pas.

— Qu’est-ce qui lui prend ? demanda-t-elle à Vittorio. Elle réalisa alors sa gaffe dans le feu de l’action.

— Par l’enfer ! hurla Veino, tout en donnant un gros coup de poing dans une vitre. Merde et merde !

Le Scorpion était parti et elle savait qu’il la pourchassait. Elle disparaîtrait dans l’heure et il lui faudrait des années pour la retrouver, en partant du principe qu’il y arriverait.

Le verre se brisait avec fracas sous les assauts furieux. Le ressuscité ne semblait pas vouloir s’arrêter. Fou de rage, il commençait à déchirer les rideaux.

— Que faisons-nous, maître ? s’enquit Julianne, une note panique dans la voix.

Vittorio se leva en soupirant puis tira une seringue hypodermique sur le dément qui chancela, les yeux révulsés et le visage rouge de colère. Avant qu’il n’ait pu se retourner, le maître polymorphe tira une deuxième fois, juste pour être sûr. Il fit ensuite rouler le corps inconscient avec son pied.

— On fait cela. Il ne nous reste plus qu’à ramener ces deux endormis au manoir. Cependant, il va falloir qu’on se dépêche. Tout ce raffut a attiré du monde.

En effet, des pas précipités claquaient sur le plancher du couloir. Julianne déglutit.

— Je n’aime pas nager avec un corps sur le dos.

— Eh bien, tu vas devoir t’y accommoder.

Vittorio prit le polymorphe sur ses épaules avant de sauter dans le vide. La jeune femme grogna de frustration :

— Pourquoi est-ce toujours moi qui ai le plus lourd ?

 

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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