Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 40

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe. Tu es désormais lecteur-aventurier/lectrice-aventurière dans l’aventure Novus Ordo.

Voilà le chapitre 40, “Infiltration à Porte Noire (deuxième partie)”. Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

Il leur fallut une dizaine de minutes pour tout éplucher. Ils rendirent les dossiers puis sortirent en empruntant le même chemin qu’ils avaient pris pour entrer. De nouveau dehors et sous une fine pluie, Julianne demanda :

— Alors, maître, par qui est-ce qu’on commence ?

— Commençons par cet Alcide Montineti. C’est son jour de permission.

L’inspecteur Alcide Montineti habitait dans un vieux quartier. C’était l’un des rares arrondissements de la ville à être en dur tout en restant abordable pour un salaire de fonctionnaire. Il y avait de très belles fontaines et les pavés des rues étaient anciens, sûrement vieux de deux siècles. Le bâtiment dans lequel il habitait comptait quatre étages, soit huit appartements, chacun pourvu d’un balcon.

Julianne et Vittorio entrèrent dans un petit hall donnant sur une cage d’escalier. L’endroit sentait la vieille pierre ainsi qu’un léger parfum d’humus. On entendait le bruit de l’eau à l’extérieur, une sensation fort apaisante.

— Quel étage ? demanda le maître polymorphe.

— Je ne sais pas. Ce n’était pas marqué dans le rapport.

Ils consultèrent les rangées de boîtes aux lettres sur leur gauche.

— Alcide, Alcide… Ça y est, je l’ai, dit Julianne. Deuxième étage.

Les escaliers étaient bien éclairés, de même que le couloir. C’était assez rare à Venyce pour le notifier. La porte se trouvait au fond, décorée d’un joli 4 doré. Vittorio frappa.

— Monsieur Montineti, inspection des services.

Pas de réponse.

— Il n’est peut-être pas chez lui, avança Julianne.

Son mentor fit la moue.

— Aussi tôt, pour un homme comme lui et pendant son seul jour de congé ? J’en doute.

Il frappa de nouveau, mais plus fort cette fois.

— Monsieur Montineti, ouvrez s’il vous plait.

Rien n’y fit, l’inspecteur n’était pas là. Vittorio regarda vers les escaliers pour s’assurer qu’il n’y avait personne puis sortit deux petits crochets.

— Bien, on va visiter un peu.

Moins de vingt secondes plus tard, ils entrèrent dans l’appartement. Celui-ci était simple et nu, décoré à la façon d’un militaire, c’est-à-dire pas décoré du tout. La porte d’entrée donnait sur un couloir qui permettait d’accéder aux différentes pièces à vivre. Il y avait le salon avec son balcon et sa belle vue sur la rue. Le reste était on ne peut plus classique ; des pièces propres et sobres. Ils commencèrent à fouiller.

— Rien dans sa chambre, annonça Julianne.

— Et rien dans la cuisine non plus, répondit Vittorio. Cet homme est le cliché même de l’agent spécial. Son chez-lui est impersonnel et froid. Il doit vivre seul et être de sortie la plupart du temps. Ce qui veut dire qu’il ne vient ici que pour dormir.

Son apprentie examinait le salon. Il se composait de deux fauteuils entourés d’une petite bibliothèque ainsi que d’un secrétaire.

— Tiens, comme c’est étrange. Notre homme aime apparemment les livres sur la Grande guerre ainsi que les histoires d’espionnage.

Son mentor apparu dans l’encadrement de la porte.

— Un cliché, te dis-je.

Il sourit.

— Je prends la salle de bain.

Julianne acquiesça. Elle était déjà en train d’ouvrir les tiroirs du secrétaire.

— Je ne trouve rien dans ses papiers. Et vous ?

— Des brosses à dents et des gants de toilette, voilà tout ce qu’il y a ici.

Elle le rejoignit.

— Eh bien, grande baignoire pour un homme qui ne doit prendre que des douches, sûrement par nostalgie des baraquements de l’armée.

— Un gâchis, n’est-ce pas ?

— Tout-à-fait.

Ils ressortirent bredouilles de la pièce.

— Ce n’est pas possible, s’exclama Julianne. Il doit forcément y avoir quelque chose à découvrir.

Sur l’un des murs du couloir se trouvait une tapisserie bon marché. Elle s’y approcha pour la contempler.

— Vous avez vu, maître ? C’est le seul élément de décoration de tout l’appartement. Étrange endroit pour personnaliser son chez-soi.

Vittorio vint à ses côtés.

— Peut-être que ça l’apaise lorsqu’il sort des toilettes ?

Elle lui lança un regard courroucé.

— Je suis sérieuse, c’est bizarre.

Elle toucha l’étoffe et fronça soudain les sourcils :

— Vous sentez ça ?

Vittorio huma l’air.

— Difficile à dire. Que sens-tu ?

Elle ne répondit pas, mais écarta d’un geste brusque le tissu. Cette fois, le maître polymorphe perçut l’odeur.

— Ah, je ne mis ferai jamais, protesta-t-il.

Derrière la tapisserie se trouvait la porte d’un placard à balais d’où se diffusait un relent de mort. Les deux polymorphes se regardèrent puis Julianne ouvrit. L’odeur était infecte et la jeune femme dut s’écarter pour tousser. Un coup d’œil à l’intérieur suffit à confirmer leurs craintes. Il y avait un corps emballé dans du tissu, appuyé au fond du placard.

— Je crois savoir pourquoi il ne répondait pas, plaisanta Vittorio.

Son apprentie l’interrogea, encore étourdie par les vapeurs cadavériques :

— Qu’est-ce qui vous dit que c’est bien lui ?

— Oh, simplement mon expérience. Attends, je dois vérifier quelque chose.

Il se couvrit le nez avec un mouchoir et avança vers le cadavre. Il écarta un bout du tissu, de manière à apercevoir une partie du visage, puis se décala pour laisser entrer plus de lumière. La peau était en état de décomposition avancée et rendait toute identification visuelle impossible. Il affirma tout de même :

— C’est bien notre inspecteur. La taille concorde ainsi que l’espacement entre ses yeux, mais…

— Quoi ? demanda la jeune femme comme son mentor hésitait.

— Mais ses tissus indiquent qu’il est mort depuis des mois.

Julianne ne comprit pas tout de suite.

— C’est impossible. Si je me souviens bien, les archives attestent sa présence à Porte Noire hier même.

Son mentor la regarda.

— Tu veux mon avis ? Pour moi, les archives ne mentent pas.

La surprise et la stupeur frappèrent le visage de la jeune femme.

— Mais alors, cela signifie…

— Qu’il y a un polymorphe infiltré à Porte Noire.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

2 commentaires sur “Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 40

  1. Cher Explographe,

    Nous sommes à présent dans le beau mois de juillet. C’est intolérable. J’ai fini “Gagner la guerre”, en plus. Je trépigne !
    Puisque c’est ainsi, haro sur “je ne mis ferai jamais”.
    “Derrière la tapisserie … ” => “et d’elle” peut laisser sa place à “dont” (ou plutôt “d’où”, d’ailleurs).
    L’identification par la taille et l’espacement entre les yeux, original. Il y a la forme des oreilles, aussi (qu’on remarque rarement sous nos climats, mais cela se fait, ailleurs…) J’avoue ignorer à quoi ressemblent des oreilles au bout de trois mois de décomposition. Si je demande à mon boucher, il va trouver ça bizarre, tu crois? (je veux dire que je lui poserais la question au sujet d’oreilles animales, bien sûr. Peut-on extrapoler? Pfui, regarde ce que tu me fais lire :
    http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2009/10/27/post-mortem-vie-tourmentee-cadavre).

    Sur ce, bonne nuit !

    1. haha, tu m’as fait rire :p J’avoue que le coup des oreilles, là c’est novateur ! Vittorio, en tant que polymorphe, est capable de déceler précisément ce genre de détails (les yeux, pas les oreilles, quoique…)^^ Au passage, merci pour le super article, ça peut vraiment me servir vu que pas mal de monde meurent dans mes histoires en général 😉

      Oui, c’est effectivement plus fluide ainsi, je note 😉

      Une bonne fin de soirée à toi ! 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *