Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 38

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe. Tu es désormais lecteur-aventurier/lectrice-aventurière dans l’aventure Novus Ordo.

Voilà le chapitre 38, “Oeil pour oeil, dent pour dent (troisième partie)”. Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

L’inspecteur Montineti s’avançait dans la pièce. Il se tenait bien droit, le chapeau sous le bras et la rapière au côté. Veino était tiré entre la curiosité et l’envie de tuer le Scorpion. La curiosité l’emporta. N’avait-il pas une adresse ? Sa vengeance pouvait attendre le lendemain, surtout lorsque le pire de ses tortionnaires sortait de nulle part.

— Bien le bonjour, Sieur Verenn, déclara-t-il.

— Bien le bonjour à vous, inspecteur, répondit l’autre. Que puis-je faire pour vous ?

Montineti regarda autour de lui.

— J’aurais aimé vous poser quelques questions. Puis-je m’asseoir ?

— Naturellement, faites. Je suis à votre disposition.

L’inspecteur prit son temps. Chacun de ses gestes semblaient retenus et maîtrisés.

— Je vais être direct. Qu’est-ce que Novus Ordo vous évoque ?

Sieur Verenn fronça les sourcils. Un jeu d’acteur subtil et parfaitement maîtrisé.

— Novus Ordo, avez-vous dit ? Cela ne me dit rien.

— En êtes-vous sûr ?

— Parfaitement, mais qu’est-ce que cela ?

Son regard interrogeait Montineti. Il se demandait où ce dernier voulait l’emmener. L’inspecteur fit la moue.

— Écoutez, je sais que c’est vous qui avez recruté le Scorpion pour l’opération au palais des Di Maggio. Je veux sa description et son adresse du moment.

Sieur Verenn devint blême.

— Co…Comment ?

Montineti braqua sur lui son regard d’acier.

— Ne jouez pas à ça avec moi.

Quelque chose se passa. Veino ne vit pas ce que c’était, mais Sieur Verenn écarquilla les yeux et sa lèvre inférieure se mit à trembler. Sa main glissa vivement sous le bureau et réapparut tenant une arme de poing.

— Vous menacez un officier du cardinal, l’avertit Montineti.

— Je sais qui vous êtes, inspecteur, et je vous demande de sortir d’ici immédiatement.

Le concerné grogna.

— Oui, bien sûr. Pour que vous vous enfuyiez au bout du monde. Il n’en est pas question. Posez cette arme.

Il se leva lentement de son fauteuil.

— Je vous préviens. Si vous vous approchez de moi, je n’hésiterai pas à tirer.

— Vraiment ?

De nulle part jaillit une lame qui se planta dans le poignet armé de Sieur Verenn. L’aristocrate surpris poussa un cri de douleur, rapidement étouffé par le bras de Montineti qui l’étranglait déjà. L’inspecteur était sacrément rapide. Il se trouvait maintenant derrière sa victime et lui parlait à l’oreille.

— Écoutez, vous allez mourir salement si vous ne me dites pas ce que je veux savoir. Donnez-moi une description et un lieu.

Sieur Verenn pouvait à peine respirer et son poignet laissait couler beaucoup de sang. Il se débattit, mais devant l’inutilité de son geste, cessa bien vite.

— J’étais un homme mort depuis le début. Je refusais seulement de l’admettre. Toute cette opération ; l’assassinat de la princesse, les manœuvres de déstabilisation des institutions… Tout cela est bien trop important pour laisser les pions en vie. J’ai fait un fort mauvais investissement en engageant mon nom dans cette affaire.

— Votre sang-froid vous honore, Sieur. Cependant, ne croyez pas vous en tirer avec une simple lame en travers de la gorge. Une mort rapide a un prix. Donnez-moi le Scorpion et vous en serez quitte.

L’aristocrate ferma les yeux un instant. Il les rouvrit résigné ; sa loyauté n’allait pas jusqu’à endurer une fin lente et douloureuse.

— Très bien. Je ne vous demanderais pas votre parole, car elle n’a sûrement que très peu de valeur. Je compte donc sur votre professionnalisme. Le Scorpion est cette femme que vous avez croisée en rentrant. Des cheveux noirs, une allure svelte et élancée, un regard provocant.

L’inspecteur rit.

— Je ne peux le croire, elle m’est passée à quelques centimètres ! Ah, la vie vous fait parfois de drôles de choses. Où se trouve donc cette charmante demoiselle ?

— Je l’ignore, mais je sais où elle sera demain. On a rendez-vous au port sud-ouest à six heures du matin. Le quai numéro douze, troisième embarcadère. J’espère qu’elle vous échappera.

— Ne comptez pas trop là-dessus.

Il était temps de partir. Montineti retira la lame du poignet de Sieur Verenn et la plaqua contre la gorge de l’aristocrate.

— Seigneur, jugez-moi à l’aune de mes bienfaits et non de mes crimes…

L’inspecteur l’exécuta promptement. Il laissa la tête du malheureux choir sur le bureau et le sang souilla le parquet. Il attendit quelques instants que les soubresauts cessent puis essuya la lame sur les vêtements du mort. Il quitta la pièce comme il était venu.

Veino n’en revenait pas. Un homme de la police du cardinal venait d’assassiner un citoyen de Venyce dans sa propre demeure. Généralement, les inspecteurs se contentaient de remettre les criminels à la justice, pas d’expédier les procès. Qui était vraiment Montineti et que signifiait ce Novus Ordo dont il avait parlé au début de l’interrogatoire ? Cela faisait trop de questions et pas assez de réponses. Une chose était sûre, le prochain rendez-vous se trouvait au port sud-ouest, quai douze, embarcadère numéro trois. Il pourrait avec un peu de chance faire d’une pierre deux coups.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

2 commentaires sur “Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 38

  1. Ah, merci, Explographe.
    Bon, avec le cliffhanger sur lequel tu nous laisses, ça n’arrange pas complètement nos affaires.
    J’en ai oublié de brandir ma loupe pour découpe capillaire longitudinale, dis donc ; il faudra que je revienne…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *