Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 37

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe. Tu es désormais lecteur-aventurier/lectrice-aventurière dans l’aventure Novus Ordo.

Voilà le chapitre 37, “Oeil pour oeil, dent pour dent (deuxième partie)”. Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

Les quartiers de la Bel Fiore étaient propres et très beaux. Chaque maison renchérissait en luxe ainsi qu’en taille et pas un seul mendiant ou vendeur à la sauvette ne côtoyait ces rues. La garde urbaine y veillait. Leur solde ainsi que leur poste dépendaient de leur vigilance.

Le Scorpion entra dans la grande maison qui lui faisait face. C’était une bâtisse de style néo-classique avec trois étages et de grandes fenêtres. La forme du toit suggérait qu’il y avait une cour intérieure. Veino fit le tour de la demeure, s’attirant au passage quelques regards interloqués sur ses habits trempés. Il remarqua bientôt un balcon. Assurément, des appartements privilégiés ou un bureau, pensa-t-il. Or, si la tueuse avait rendez-vous ici, il y avait de grandes chances pour que l’entrevue se passe dans cette pièce. Il vérifia que personne ne regardait dans sa direction puis escalada rapidement la grille en fer forgé qui protégeait la maison. Il atterrit sur un petit chemin de pierres.

Le balcon se trouvait juste au-dessus de lui. Il entreprit d’y accéder sans attirer l’attention. Plus facile à dire qu’à faire en plein jour. Heureusement, le quartier dormait encore pour la plupart et les rues étaient peu fréquentées. Une fois en haut, il s’approcha des volets, légèrement entrouverts.

Le Scorpion venait d’entrer et discutait sèchement avec un jeune trentenaire très propre sur lui. L’homme n’avait pas le teint venytien, mais portait une chemise à la mode sous un costume bleu-clair à la coupe parfaite. Il était assis derrière un bureau de bois laqué et semblait profondément confus.

— Tu m’avais dit que l’appartement était sûr ! lui criait la tueuse, très en colère.

Il leva les mains en signe d’apaisement.

— Calme-toi, inutile de hurler. Que s’est-il passé ?

Elle s’écroula sur un canapé.

— J’étais allé chercher nos ordres de départ, mais entre-temps, ils nous ont retrouvés. Ils ont tué Gabriella…

On sentait l’émotion dans sa voix. L’homme se leva et alla vers elle.

— Es-tu sérieuse ? Ce n’est pas possible !

Un regard suffit pour lui répondre. Il était arrivé quelque chose de terrible. Il s’assit à côté d’elle et lui prit la main.

— Je suis tellement désolé. Je sais que Gabriella comptait énormément pour toi. Peux-tu me raconter ?

Elle s’efforça de garder son calme.

— Je suis entrée dans l’appartement et c’est là que… Que j’ai vu son corps. Elle gisait dans la baignoire, les yeux grands ouverts. Ils l’avaient torturée… L’un des leurs a essayé de m’éliminer, un coriace. J’ai heureusement réussi à le semer.

Ses lèvres étaient pincées, tout son visage crispé.

— Oh, mon Dieu, et tu as filé directement ici ?

Elle acquiesça.

— Je n’avais pas d’autre choix.

— Je comprends.

Il semblait pourtant contrarié. Elle l’avait peut-être compromis.

— Es-tu sûr qu’on ne t’ait pas suivie ?

Elle le dévisagea, les yeux remplis de colère.

— Tu te fous de moi ?!

— Répond à la question, s’il te plaît.

— Non, personne n’a pu me suivre. Je m’en suis assurée.

Hum, pas tout à fait exact, ça, pensa Veino. Devant l’air résolu du Scorpion, l’homme se détendit et sourit chaleureusement.

— C’est bien, tu as fait ce qu’il fallait. Que puis-je faire pour toi ?

La tueuse retira sa main.

— Je voudrais que tu me fasses partir pour les îles de la bordure, immédiatement.

— Tu sais bien que c’est impossible.

Elle le foudroya encore une fois du regard.

— Ne me prends pas pour une conne. C’est toi qui as merdé pour la planque et j’ai perdu un être très cher à cause de ça. Exfiltrer une personne seule, c’est largement dans tes cordes.

Il se tapota la joue. Il calculait. Elle ajouta :

— Tu sais bien qu’il arrive d’étranges accidents à ceux qui ne respectent pas leur engagement envers le Scorpion.

L’homme soupira.

— Inutile de me menacer. Je te concède cette faveur en tant qu’ami. Demain, port sud-ouest, six heures du matin. Je serais au quai numéro douze, troisième embarcadère. Pas de valise, s’il te plaît.

Elle acquiesça.

— Je savais que je pouvais compter sur toi.

On frappa à la porte du bureau. Un domestique entra et vint murmurer quelque chose à l’oreille du maître des lieux. Il acquiesça puis congédia son serviteur.

— Je suis désolé, ma chère, mais je dois recevoir quelqu’un que je ne peux malheureusement pas faire attendre.

La tueuse se leva, une expression indéchiffrable sur le visage.

— Je comprends. J’ai tout ce qu’il me faut de toute façon.

— Parfait. À demain matin, alors.

Elle se laissa baiser la main puis tourna les talons.

La porte se referma et l’homme se servit un verre. Il s’assit ensuite derrière son bureau, la mine soucieuse. Le nouveau venu entra.

Par l’enfer !  s’exclama intérieurement Veino en le voyant. Lui, ici ?

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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