Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 35

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe. Tu es désormais lecteur-aventurier/lectrice-aventurière dans l’aventure Novus Ordo.

Voilà le chapitre 35, “Sur les traces du Scorpion (deuxième partie)”. Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

— Je m’appelle Gabriella. Gabriella Vaccione. Je suis comédienne de profession.

Le pistolet se pointa nonchalamment sur un genou.

— Tu es sûr de ça ?

Elle acquiesça vivement.

— Je te le jure, tu peux vérifier. Je joue dans une troupe permanente au Bleu Fabulare. C’est là que Bonaria et moi nous sommes rencontrés.

Bonaria ? Veino ne connaissait pas ce nom. Sûrement une énième identité du Scorpion.

— Je connais le Bleu Fabulare. Autrement dit, tu danses dans des pièces osées contre de généreux pourboires. Mis à part des ragots de bourgeois avinés, que rapportes-tu à « Bonaria » ?

— Nous nous aimons.

Veino éclata de rire.

— Ah oui, vraiment ? Ton amante n’aime personne d’autre qu’elle-même, sache-le. C’est probablement dû à son sang bâtard de noble. Je veux la vraie raison. Pourquoi t’a-t-elle choisie pour l’opération chez les Di Maggio ?

— Elle ne m’a pas choisi ; elle n’avait pas le choix. Tu étais… Tu es un véritable démon, insaisissable, dangereux et plus déterminé que le diable lui-même. Tôt ou tard, tu l’aurais tuée. Tu ne cessais de t’approcher de son cercle de confiance, de moi. Elle a alors décidé d’attaquer plutôt que d’attendre la mort. Elle a utilisé sa seule faiblesse contre toi et ça a fonctionné. Du moins, le croyions nous…

Des larmes roulèrent sur ses joues.

— Quelle performance ! applaudit Veino. Tu connais bien ton métier, on ne peut pas t’enlever ça. Cependant, tout cela sonne bien trop théâtral. Tu ne sais pas tuer de sang froid, je l’ai observé à la manière dont tu te comportes. En revanche, tu as appris à te défendre.

— Je côtoie des endroits peu recommandables…

— Et tu fréquente des gens trop dangereux pour une simple danseuse de cabaret. Ta petite histoire ne colle pas.

Sans prévenir, il la gifla. La jeune femme n’eu pas le temps de crier, car il empoignait déjà son visage d’une main de fer.

— J’ai la fâcheuse impression que tu me mens.

Elle ravala ses sanglots pour répondre.

— N… non.

Un cran d’arrêt à la lame noircie apparut dans sa main libre. La peur se dessina sur les traits de la prisonnière qui rua pour éviter le tranchant qui s’approchait de son visage.

— Arrête, arrête ! Je te jure que je ne sais rien. Bonaria m’a tenue dans le silence pour me protéger de situation comme celle-ci. Je l’ai seulement aidée à te piéger. Tu dois me croire !

Elle paraissait sincère. Veino s’en assura tout de même.

— Je vais d’abord te prendre un œil, ensuite nous recommencerons à parler.

— Non, non, s’il te plaît !

La jeune femme se débâtit comme un diable, en vain. Elle cria, mais cela ne changea rien ; la lame piqua. Enfin, elle piqua surtout dans du vide. Il la relâcha.

— Je te crois.

Elle gémissait maintenant.

— Ordure, tu n’es qu’une ordure !

— Très probablement, oui.

Il comprenait à présent. Gabriella était la carte cachée du Scorpion pendant qu’elle l’attirait dans son piège. L’insecte n’avait pas eu une, mais deux longueurs d’avance sur lui. C’était impressionnant et rageant en même temps. Venait alors une question cruciale : qui lui avait permis de se payer sa tête ? Quelqu’un avait forcément dû renseigner la tueuse sur son compte. Cette personne était sa prochaine cible.

— Donc, vous avez réussi à tuer la princesse et à me piéger ? Cela fait beaucoup d’exploits, même pour le Scorpion…

— On ne l’a pas tuée ! s’écria Gabriella avec force. On nous a trahies et on essaye de nous éliminer.

Veino fut surpris d’entendre la nouvelle. Le meilleur des sicarios qui se fait doubler, c’était assez comique et du reste, bien agréable à entendre. Quelques forces bien plus puissantes se trouvaient à l’œuvre.

— Qui ça, on ?

Elle leva les yeux sur lui, les lèvres crispées. Son corps tremblait de fatigue et de douleur autant que de peur. Ces dernières semaines avaient dû être très éprouvantes et elle était sur le point de craquer.

— Je ne sais pas, mais je n’en peux plus.

Elle fondit en larme.

— On se terre depuis ce maudit bal chez les Di Maggio. On a bien failli y perdre la vie et lorsqu’on a appris pour la princesse des Sceaux, tout nous a paru clair. On nous a utilisées pour mener à bien une partie du complot qui la visait et les commanditaires veulent effacer les traces.

— Donc vous fuyez. Qui a été votre contact chez les Di Maggio ?

Gabriella renifla, avala malgré elle puis déglutit.

— Je ne sais pas. C’est Bonaria qui s’est chargée de cela.

— Evidemment. J’ai hâte qu’elle rentre. De telles retrouvailles, ça se fête. Pour quelle raison est-elle sortie d’ailleurs ?

Gabriella prit soudain conscience que sa bien-aimée mourrait bientôt. De la colère se mélangea à la peur.

— Elle va te tuer ! siffla-t-elle au comble du désespoir. Te tuer comme elle a tué ton…

Veino lui tira une balle dans le genou. La rotule éclata en même temps que les cris, ce qui souilla la baignoire au milieu d’échos de souffrance. La pauvre jappait maintenant en tentant de ne pas regarder sa jambe ouverte. Calibre explosif, pas beau à voir. Veino la prit fermement par les cheveux. La haine le submergeait à nouveau tel un lion rendu fou par la pique de son geôlier. La blessure se rouvrait comme si l’hémorragie n’avait jamais cessé de couler.

— Je t’interdit de prononcer son nom ! Tu ne sais rien de ce que j’ai enduré. Ton ignorance me dégoûte. Le Scorpion va payer pour ce qu’elle a fait. Œil pour œil, dent pour dent ! Je voulais t’exécuter en sa présence, mais je pense que tu ne mérites pas une seconde de plus.

La jeune femme ne l’écoutait plus. La souffrance était trop grande, la peur et le chagrin également. Il se leva, furieux, et donna un grand coup de pied dans le tabouret qui alla se briser contre un mur. Il tira le chien de son pistolet en arrière et abaissa le canon de son arme.

Son cœur brûlait, son désir de presser la détente aussi. Un juste retour des choses, pensa-t-il. Elle est amoureuse, cela se voit même à la façon dont elle pleure. J’espère que le sentiment est réciproque. Le Scorpion doit souffrir comme j’ai souffert… Sans avertissement, il logea une balle dans le front de la jeune femme. Sa tête fut projetée en arrière où elle rencontra la surface dure de la baignoire. La vie quitta ses yeux embués et ses traits crispés par la douleur se figèrent en un masque grotesque.

Veino la regarda un instant. Il n’aurait pu dire ce qu’il ressentait. Beaucoup trop de choses se bousculaient en lui.

Ses sens de tueurs reprirent rapidement le dessus. Il vérifia le couloir avant d’ouvrir le robinet d’eau. Un corps immergé était toujours théâtralement plus percutant et il voulait que le Scorpion profite au maximum du spectacle. Sa haine en trépignait déjà d’impatience. Il la sentit le dévorer, un vrai délice.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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