Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 34

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe. Tu es désormais lecteur-aventurier/lectrice-aventurière dans l’aventure Novus Ordo.

Voilà le chapitre 34, “Sur les traces du Scorpion (première partie)”. Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

Veino se trouvait perché sur une gouttière dans les quartiers des Vecchi Canali, les vieux canaux. C’était une part importante de Venyce où la majorité de la classe populaire vivait. Les eaux rendaient les déplacements plus compliqués et étaient la raison principale du pourquoi la bourgeoisie n’y habitait pas. C’était beau certes, mais un vrai seigneur se devait de marcher sur la terre ferme. Dieu n’avait pas fait l’homme poisson, c’était bien pour une raison.

Veino observait une fenêtre bien particulière. Elle se découpait dans la froide brume de ce lever du jour. L’air ici était plus salin qu’ailleurs et venait surprendre les narines autant que les yeux. Pourtant, il ne s’en préoccupait guère. De sa position, il voyait distinctement le Scorpion parler avec Amilia. Voilà les deux garces, pensa-t-il.

Vittorio et sa véritable armée d’espions les avaient localisées avec une facilité déconcertante. Le bras droit du mage noir ne possédait certes pas les immense pouvoir de son maître, mais il pouvait compter sur des ressources dont peu d’hommes disposaient.

Il serra les poings. Beaucoup d’émotions se rappelaient à lui et il sentait l’impatience le gagner comme un venin sous sa peau. Reste calme. Tuer un assassin requérait discipline et précision, des compétences qu’il avait méticuleusement regagnées pendant plus d’un mois. Il se sentait à nouveau chez lui dans son corps et refusait que son esprit toujours fragile le fasse échouer. Il se concentra sur les détails.

Il possédait les plans de l’immeuble en tête. Il y avait beaucoup de fenêtre et donc beaucoup de possibilités. La chambre plongée dans le noir offrait la meilleure entrée. Les deux femmes se trouvaient dans le salon et leur discussion semblait animée. Elles s’embrassèrent longuement. Intéressant. Ainsi, elles étaient amante. Veino s’amusa presque de voir son pire ennemi faire preuve d’affection, un comportement généralement réservé aux êtres humains. Le Scorpion s’empara de son sac à main et sortit de l’appartement. Il la vit descendre dans la rue héler une embarcation. Il s’apprêtait à la suivre lorsqu’une meilleure idée lui vint. Amilia était restée seule.

La jeune femme paraissait soucieuse. Parfait. Comme une ombre, il se faufila de gouttières en arcades et d’arcades en avant-toits. Tant et si bien qu’il se trouva près de la fenêtre convoitée. Il plaça alors sur l’un des carreaux un petit objet à l’allure de compas. Un tour de poignet lui permit de détacher un cercle de verre et d’ouvrir discrètement la fenêtre. Il entra sans un bruit.

Un lit à baldaquin emplissait le tiers de l’espace et faisait face à une coiffeuse. Veino croisa son regard froid et sa silhouette noire dans un grand miroir posé contre le mur. Quelques habits trainaient dans un coin à côté d’une armoire à moitié remplie et de bagages à peine ouverts.

Il se rendit à la porte et écouta. Des bruits de tasse et d’assiettes provenaient de la cuisine. Il se retrouva dans un couloir et marcha précautionneusement en direction de l’agitation. Il vérifia tout de même le salon pour être sûr qu’aucun éventuel complice ne s’y cachait. Rassuré, il se tint accroupi dans l’embrasure de la porte et s’empara de son pistolet automatique Barderazzo calibre 0.38 spécial. Deux secondes plus tard, il entrait.

— Bonjour, très chère. Amilia, si j’ai bonne mémoire ?

À l’entente de la voix, la jeune femme lâcha la tasse de thé qu’elle était en train de préparer et poussa un cri. La porcelaine se brisa à terre où le liquide brûlant se rependit. Elle se retourna d’un bloc et un couteau à lancer siffla dans l’air. Heureusement, Veino avait prévu la manœuvre et était entré baissé. Tchoc ! fit le couteau en se fichant dans le mur. Il tira en riposte et un coup de feu étouffé brisa le reste du petit déjeuner.

— Ça suffit comme ça. La prochaine balle sera pour tes jambes.

Amilia se figea. Elle laissa tomber à ses pieds le second couteau qu’elle s’apprêtait à lancer. Elle dévisagea alors l’assassin et écarquilla les yeux d’horreur.

— Toi ?! Comment est-ce possible ?

Il lui décocha son plus beau sourire, qui du reste n’était plus si beau que ça.

— Surprise ! Tu devrais voit ta tête, on dirait que tu as vu un fantôme.

Elle n’en revenait toujours pas.

— Je… je dois rêver. Ce n’est pas possible, tu n’es pas réel.

— Approche d’encore un pas, l’avertit-il, et tu auras ta réponse. Cependant, j’utilise un calibre plutôt grossier. Les blessures ne sont pas belles à voir.

La jeune femme s’arrêta net.

— Bien, je ne suis pas là pour discuter de moi. On va patienter sagement que ton amante revienne et faire plus ample connaissance en attendant. Je suis très curieux à ton sujet.

Amilia serrait les poings et semblait prête à lui sauter à la gorge.

— Quelle férocité dans ce regard. Que y a-t-il de plus beau que le désir de défendre les êtres qui nous sont chers ? Il y a longtemps, je me suis retrouvé dans ta situation et c’est le Scorpion qui se dressait devant moi. La clémence n’est pas son fort. Voilà un point que nous avons en commun.

Veino lança cela avec une amertume non feinte. La colère se lisait dans ses yeux.

— Mets ça, lui ordonna-t-il en jetant des filins de serrage à ses pieds. Aller !

Elle s’exécuta lentement. Le stress la rendait gauche.

— Derrière, les mains. Ne joue pas à ça. Maintenant, avance.

Ils se retrouvèrent dans le couloir.

— Vous avez une baignoire, ici ? demanda-t-il.

— Non.

Il sourit.

— Menteuse.

La salle de bain devait se trouver derrière la dernière porte au fond. Bonne pioche. Il y avait un lavabo surmonté d’un petit miroir, un meuble à tiroirs, un bidet et bien sûr, une belle grande baignoire. Amilia commençait à paniquer. On racontait des choses horribles sur la manière dont les Sans-Noms obtenaient leurs informations.

— Que vas-tu me faire ? demanda-t-elle d’une voix tremblante.

Il la poussa en avant.

— Rien, tant que tu me dis la vérité. Rentre là-dedans, ordonna-t-il en désignant la baignoire.

Elle refusa.

— On pourrait parler tranquillement, d’abord ? Il y a encore du thé au chaud…

— Je n’en ai rien à foutre de ton thé ! Il fallait y réfléchir à deux fois avant de me condamner à mort dans les pires tourments. Maintenant, rentre là-dedans !

La jeune femme ne bougea pas.

— Non, je sais ce que tu vas me faire ! cria-t-elle. Je ne finirais pas comme cela.

Il la prit par les cheveux et la força à entrer dans la baignoire.

— Tu ne sais rien du tout ! Asseyes-toi sur tes mains ou ton genou y passe. Je peux te garder des heures en vie, même avec une blessure d’une telle ampleur.

Elle tremblait de la tête aux pieds. Les événements la dépassaient complètement. Veino s’empara d’un autre filin de serrage et lui ligota fermement les jambes. Il y avait un tabouret à côté du bidet, il s’en empara avant de s’asseoir.

— Bien, commençons dans les règles de l’art. Qui es-tu, par l’enfer ? À aucun moment je ne t’ai repérée.

Amilia se racla la gorge. Elle regarda la porte.

— Ce n’est pas ton amante qui va venir t’aider, crois-moi. J’ai placé une bombe à givre près de la porte d’entrée de l’appartement. Elle entre et c’est boum ! Le plus vite tu parles, le plus vite je désamorce l’explosif.

Le visage de la jeune femme se décomposa ; elle le croyait. Bien.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

2 commentaires sur “Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 34

  1. “ça risque de piquer un peu” : clap, clap, clap ! Et le “Menteuse.” aussi, tu as l’art de clore les chapitres.
    Ce n’est pas dommage d’ailleurs, puisque c’est tout ce que les pauvres lecteurs pouvaient se mettre sous la dent jusqu’à peu.

    Par mesure de rétorsion, je vais tailler des croupières dans le reste, na.

    “C’était effrayant…” tortueux; à simplifier ? “Son entrainement” L’entrainement suffirait, je pense. “avait porté”; dans la mesure où l’entrainement se poursuit, c’est “portait”.
    Ah, bien, le paragraphe des cauchemars !
    “Mais désormais” sniff
    “part importante” couci-couça (vaste quartier? ou un terme italien ?)
    “étaient la raison principale du pourquoi” heu, comment dire. “Vous êtes le phébus des hôtes de ces bois” (ah ben j’en suis pas peu fière, de celle-là)
    Interrompons notre volée de bois vert pour signaler que les voies d’eau – quand elles ne déparent pas un bateau – favorisent les transports plus que les voies de terre. Ces bourgeois sont juste des rats qui ne veulent pas payer les braves gondoliers. Quelle différence fais-tu entre classe moyenne et bourgeoisie ? Il faudrait éclairer le contexte. Ou parler de classe populaire ?
    “s’empara”; il l’avait apporté avec lui, non ? auquel cas c’est plutôt “saisit”
    Notre rubrique fautes de clavier – ligne 9 d’où, ligne 30 de tasses et d’assiettes, ligne 36 répandit, ligne 53 Allez

    C’est rythmé. Et on n’en pouvait plus, heureusement qu’on a eu 2 chapitres de plus, merci.

    1. Merci, content que ça te plaise ^^

      Encore de bonnes remarques. J’ai ri en relisant ma phrase de contorsionniste. “Vous êtes le phébus des hôtes de ces bois”, c’est exactement ça, haha. Je vais revoir cela.
      Il s’agit de la classe populaire oui, je vais le préciser. En réalité, il coûte beaucoup plus cher d’habiter dans un quartier “en dur”, parce qu’ils sont construits sur les meilleurs terrains (les meilleures îles de la lagune). Les Vecci canali sont ces quartiers en bordure. Pas encore les bas-fonds, mais presque. Les quartiers des honnêtes artisans et autres ouvriers.
      Merci pour l’exploration des faute 🙂

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