Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 27

Salut à toi, naufragé ! Ici, l’Explographe.

Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

 

 

Elle attaqua de plus belle, mais cette fois, il la vit venir. Il para son coup d’estoc et enroula sa lame autour de la sienne. Julianne devina sa botte, mais trop tard : elle leva son épée par réflexe et son adversaire en profita pour avancer contre elle. Elle voulut se désengager sur le côté, mais il lui donna un violent coup au visage. La jeune femme recula, la lèvre fendue.

— Pas mal, dit-elle en s’essuyant d’un revers de manche. Voyons jusqu’à quel point tu es doué.

Mais Veino n’avait qu’une envie, stopper le combat et s’allonger par terre pour se repose. Il regarda Julianne droit dans les yeux.

— C’est quoi ce petit exercice ? Tu cherches à ce que l’un de nous se fasse tuer ?

Elle répondit par un sourire carnassier et se lança une fois de plus à l’assaut. Les lames s’entrechoquèrent et le combat se transforma bientôt en un ballet de plus en plus complexe et éprouvant. Le bruit de l’acier acéré contre l’acier acéré se répercutait dans la salle d’armes en un chant agressif. La lumière éclaboussait les deux combattants lorsqu’ils venaient à passer devant une fenêtre, ce qui projetait leur ombre loin jusque sur les murs.

Veino commençait à trembler et son épée lui donnait l’impression de peser une tonne. Seul son mental lui permettait désormais de tenir, car la douleur ne pouvait pas plus grandir en sa chair. Il était trop épuisé pour réfléchir à ce qu’il se passait et au pourquoi Julianne essayait de le tuer. Tout cela le dépassait. Il se contentait de résister jusqu’au moment où il tomberait, l’épée au travers de la gorge. Ce n’était plus qu’une question de temps et elle le savait.

Un coup à la tête le manqua de peu et il se retrouva un genou à terre. Le croyant à sa merci, Julianne tourna sur elle-même pour lui transpercer le dos. Mais Veino avait prévu la manœuvre et utilisa ses toutes dernières forces pour jouer son va-tout. Il se leva en effaçant ses épaules alors que la lame de son adversaire lui passait à deux centimètres du visage. Un feu liquide lui embrasa les jambes, mais maintenant la jeune femme avait la pointe de son arme en direction du sol. En une fraction de seconde, il mit une main sur son bras armé et piqua de sa lame. C’était un coup imparable qui l’avait sorti de bien des situations désespérées et encore une fois, il lui sauvait la mise.

Enfin, c’est ce qu’il crût. Comme par magie, l’arme ne rencontra que du vide. La tête de Julianne réapparu décalée en arrière. Ses cheveux noués laissèrent échapper quelques mèches au passage. Elle se baissa pour esquiver la seconde partie de la botte puis bondit en avant, sa lame prête à s’enfoncer sous le menton adverse ainsi à découvert. Veino sentit venir sa fin plus qu’il ne la vit, car tout se passa bien trop vite. Il sut, c’est tout.

Au lieu de ça, c’est une grande éclaboussure de peinture violette qui lui explosa au visage. Elle lui tacha toute la gorge ainsi que la poitrine. La lame de l’épée venait de s’écraser contre sa peau, se transformant en couleur liquide. Il n’en revenait pas. En état de choc et le souffle court, il resta là sans bouger. Julianne éclata de rire et retira son arme loin de lui. Cette dernière retrouva sa forme d’origine, dure et aussi coupante qu’un rasoir. Délicatement, Veino leva sa propre épée et y passa la main sur le fil. La lame se dématérialisa en liquide bleu et épais. Il regarda la jeune femme, incrédule.

— Qu’est-ce…Qu’est-ce donc que ceci ?

Elle vérifia le tranchant de son arme.

— Impressionnant, n’est-ce pas ? J’étais certaine que cela te surprendrait.

Il tomba à genou, trop faible pour répondre. Son corps brulait de l’effort fourni et ne demandait qu’à s’échouer loin de toutes considérations autres que le repos. Julianne se mit à marcher tout en parlant.

— On les appelle des lames polymorphiques et elles nous servent pour l’entraînement. Elles ont la particularité de devenirs inoffensifs au contact de la chair. C’est pour cela qu’elles ne tueront jamais personne, Maître Vittorio les a forgées dans ce but.

Elle exécuta quelques bottes dans l’air.

— Leur réalisme est plus que convaincant et il faut dire qu’elles sont équilibrées pareilles à leurs consœurs originales, de sorte que même les meilleurs maîtres d’armes n’y verraient que du feu.

Mais Veino n’entendait déjà plus rien. Un bourdonnement cristallin emplissait ses oreilles et même son propre souffle ne parvenait pas à le percer. Sa tête tournait affreusement, lui donnant l’impression de se décomposer dans l’espace. C’était très étrange. Il ne sentait plus ses membres, il ne sentait plus rien du tout en fait. Son cœur s’était arrêté, mais quelque chose le refit bondir dans sa poitrine. Il roula sur le côté en crachant. Julianne l’appelait.

— Hey, le revenant, reprends-toi bon sang !

Veino croisa son regard de ses yeux hagards. La jeune femme lui cria de plus belle :

— Ce n’est que ta première attaque cardiaque !

Et elle le gifla. La douleur le sonna autant qu’elle lui remit les idées en place, ce qui provoqua en lui une profonde colère. Cette tarée avait failli le tuer. Il murmura quelque chose pour l’inciter à approcher, ce qu’elle fit. Puis, avant qu’elle ne comprenne quoi que ce soit, il lui mit un grand coup de tête. Le sang gicla et Julianne cria de surprise autant que de douleur. Elle jura en plaçant rapidement une main sur son nez cassé et recula.

— Ampff ! fit-elle.

Il lui lança un regard glacial. Sa tête tournait encore et la nausée semblait l’avoir adopté définitivement. Il déglutit.

— Pourquoi ? voulut-il savoir.

La jeune femme avait sorti un carré de tissu qu’elle appliquait maintenant sur sa blessure.

— Il fallait bien voir ce que tu avais dans le ventre. Et je dois dire que tu es particulièrement coriace.

Elle pencha la tête en arrière.

— En pleine forme, tu dois vraiment être quelqu’un de dangereux.

Elle renifla un grand coup avant d’ajouter en désignant son visage.

— Et de retors, ça oui. Un bel enfant de putain.

Veino faillit tomber dans le piège et répondre comme un charretier. Mais il se tut et observa Julianne. Elle le testait, c’était ce que lui avait ordonné le mage noir. Elle tentait de le cerner.

— Qui es-tu vraiment ? demanda-t-il.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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