Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 26

Salut à toi, naufragé ! Ici, l’Explographe.

Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

 

Le bain fut d’une douceur prodigieuse. Veino ne s’était jamais senti aussi bien et heureux de savourer une chose aussi simple qu’un brin de toilette. Il était sorti d’une eau sombre de crasse pour enfiler les vêtements qu’on lui avait laissés sur une commode. Ils lui allaient plutôt bien malgré sa relative maigreur.

Un grand miroir trônait au-dessus d’un lavabo aux robinets de cuivre ciselés. Il s’y contempla. Son visage creusé n’avait presque aucune séquelle. Jamais on n’aurait deviné que son nez avait été réduit en bouillie et que ses pommettes avaient cédé sous la force des coups. Ses lèvres étaient minces, mais bien dessinées et ses yeux sombres reflétaient une détermination nouvelle.

Soudain, en se tournant légèrement, il aperçut une rugosité sur l’une de ses clavicules. Il la toucha et une explosion de douleur retentit dans son bras.

— Aïe ! fit-il, surpris.

Sa peau était à vif. En regardant de plus près, il remarqua qu’un étrange tatouage ressortait de sa chair. Il était magnifiquement complexe et semblait presque vouloir sortir de son corps. Veino fit bien attention de ne pas le toucher en finissant de boutonner son pourpoint rembourré.

Il retrouva Julianne qui l’attendait dans le couloir. En voyant la tête qu’il faisait, la jeune femme questionna :

— Votre marque commence à vous faire mal ?

Il la dévisagea, une légère brulure irradiant du côté gauche. Inutile de demander comment elle savait.

— En effet. Que signifie-t-elle ?

Elle lui fit signe de la suivre.

— Savez-vous se qu’est un Siggil ? s’enquit Julianne tout en marchant.

— C’est une sorte de lanterne pour mon âme, pour qu’on me voie dans l’éther.

Elle se tourna vers lui.

— Oui. Plus précisément, un Siggil permet de marquer et de piéger une âme. Qui a accès aux bonnes informations est capable de vous localiser dans l’Immensité de l’éther où que vous vous trouviez et donc de connaître votre identité.

— C’est dangereux ?

La jeune femme ouvrit une porte.

— Pas tant que votre existence reste secrète. Bien sûr, inutile de préciser que l’obéissance au Grand maître va de soi.

Veino lui lança un regard noir.

— Merci de me le rappeler, je l’avais oublié.

Elle ne releva pas la pique.

Ils traversèrent plusieurs pièces, toutes luxueuses, pour se retrouver dans un grand vestiaire. La décoration y était fantaisiste avec des tapisseries couvertes de losanges de toutes les couleurs ainsi que des tableaux trompe-l’œil. Un en particulier attira le regard de Veino. C’était une tête de cerf qui se transformait en visage humain lorsqu’on l’admirait de côté. L’illusion était parfaite et quelqu’un ne connaissant pas les rudiments de la géométrie sacrée aurait pu croire à de la sorcellerie.

— C’est de mon maître, informa Julianne. Vous aimez ?

Veino basculait maintenant la tête de côté afin d’essayer de décoder la toile, en vain.

— C’est…spécial. Mais je suis impressionné par la force de l’illusion. Je n’ai toujours pas compris comment elle fonctionne.

La jeune femme sourit.

— Et vous ne trouverez pas, dit-elle. Venez, du travail nous attend.

Ils entrèrent dans une grande salle d’armes aux murs bleus-roi avec de hautes et fines fenêtres desquelles se déversait une lumière cristalline. Veino s’avança et rencontra un sol légèrement mou.

— Vous êtes bien équipé, constata-t-il, admiratif.

— Et vous n’avez pas encore vu le meilleur.

Elle alla poser sa main sur un bout de mur précis et appuya. Un cliquetis se fit entendre et un pan entier de la façade tourna sur elle-même pour présenter une collection d’armes à faire pâlir toute armurerie de la garde pontificale. Des fusils de combat jusqu’aux aiguilles empoisonnées en passant par toute sorte d’épées, le choix était presque indécent.

— Vous comptez armer la ville ? plaisanta Veino.

— Quand on en sera là, cela signifiera que nous aurons échoué.

Cela mit un froid dans la pièce. Apparemment, la plaisanterie n’était pas de bon goût et la jeune femme ne s’était pas privée de le faire remarquer. Elle s’empara de deux épées aux quillons finement ciselés à la mode venytienne, avec trois branches de garde. Leurs lames étaient affutées comme des rasoirs. Elle en lança une à Veino qui la rattrapa difficilement.

— Quoi, comme ça de but en blanc ? fit-il interloqué.

Julianne traça un cercle imaginaire autour d’elle avant de lever son épée en direction de son adversaire, paume vers le bas.

— Tu as besoin d’un petit tour de salle pour te dégourdir les pattes ? Maître Vittorio me le faisait faire lorsque j’étais enfant.

Veino la regarda un instant, réfléchissant à une réponse cinglante. Elle essayait de créer un lien d’autorité en utilisant le tutoiement ainsi qu’un discours discriminant pour y arriver. Il n’en trouva aucune et laissa tomber. Il se mit en position tersa, le fil de la lame entre lui et la jeune femme. Son corps le faisait déjà souffrir.

— On se tutoie maintenant ? lança-t-il, cherchant à retarder l’inévitable. Comme tu voudras. Portons-nous les touches à force réelle ?

Pour toute réponse, Julianne attaqua. C’était un coup de taille en direction de ses côtes. Il le para instinctivement et recula rapidement. Ses muscles protestèrent et il fut trop lent, un second coup arrivait d’en haut. Veino se jeta à terre et roula. Il balaya l’espace de son épée et se remit rapidement debout. Son corps hurlait de douleur.

— Mais qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?! s’écria-t-il.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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