Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 25

Salut à toi, naufragé ! Ici, l’Explographe.

Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

 

Il obéit et s’appliqua à ne laisser aucune miette. Une chaleur confortable se blottissait au creux de son ventre, une impression de sécurité. La vie reprenait lentement ses droits sur la chair.

Julianne l’observait. Elle commençait à cerner le personnage. On voyait qu’il n’était pas pleinement lui-même, qu’il se trouvait encore désorienté par son réveil, mais quelque chose au fond de ses yeux, dans la retenu de ses gestes, révélait qu’il pouvait se montrer extrêmement dangereux.

 Ancien assassin de l’Archange mort comme le pire des traîtres, l’homme devait avoir un mental à toute épreuve. Ils en avaient tous un, de toute manière, ceux de son ordre. On les élevait depuis le berceau à tuer pour leur guilde et le Serment faisait d’eux les assassins les plus redoutables de tout Venyce. Les faibles mourraient avant d’avoir prononcé leurs vœux et les meilleurs ne tardaient pas à les rejoindre s’ils ne le devenaient pas encore plus. Julianne sortit une dague qu’elle posa bien en évidence sur la table.

Veino se raidit en apercevant l’arme. Quelque chose dans son esprit se réveilla, un réflexe profond et ancien. Danger ; écoute et observe. Puis tue. Cette voix, il ne la connaissait que trop bien ; sa meilleure amie, son ange de la mort. Il fixa Julianne. Son regard n’était plus fuyant. Il avait le calme reptilien d’un serpent examinant sa proie.

La jeune femme ne sembla pas s’en émouvoir.

— Vous reconnaissez cet objet, j’en suis sûre, déclara-t-elle.

Veino tiqua. Certains souvenirs lui revinrent, sanglants et brutaux.

— C’est une dague. On s’en sert pour tuer.

Ainsi que pour plein d’autres choses, ajouta-t-elle pour elle-même. Mais elle parlait à un assassin, inutile d’argumenter.

— En effet.

Elle fit alors glisser l’arme d’un geste sec dans sa direction. Tout aussi vif, il la réceptionna en pleine rotation, main sur le manche gainé de cuir. La sensation était familière, plaisante.

— Je vous parlais de complications inutiles. Cette dague illustre bien cela. D’un côté le tranchant, dangereux, et de l’autre le manche qui donne les ordres. Votre corps et votre esprit sont dans cette même configuration.

Veino reposa la dague, perplexe.

— J’ai du mal à vous suivre.

— Vos sensations et vos réflexes ne sont pas encore accordés avec votre perception consciente. Vous aurez du mal à vous contrôler pendant une certaine période de temps. Il y a un risque que votre cerveau n’assimile pas correctement votre mémoire musculaire héritée de votre vie passée. Cela reviendrait à saisir la dague par le tranchant. Je vais vous accompagner et vous entrainer afin que vous repreniez possession de vos moyens sans vous blesser.

— C’est une métaphore, ajouta-t-elle comme il la regardait les sourcils froncés.

— Évidemment.

Un sourire fendit son visage. Un nouveau morceau de sa personnalité resurgissait ; un sens de l’humour bien à lui.

— Rien de bien compliqué en somme. Je meurs, je vis et mon corps n’en fait qu’à sa tête. Tout s’explique, merci infiniment.

Il rit nerveusement. Ce genre de saute d’humeur était normal. Julianne adopta une posture rassurante, les mains bien à plat sur la table.

— Veuillez excuser mon verbiage, j’ai tendance à être trop scolaire. Ce que je veux que vous compreniez, c’est que vous ressentez des choses, des choses que vous ne comprenez pas. Je vais vous aider à appréhender tout cela. Je suis de votre côté.

Ces derniers mots firent émerger des bribes de souvenirs dans l’esprit de Veino. Un canapé rouge, un homme aux traits avenants et à la bonhomie rassurante, des gestes simples. Un entrainement de contre interrogatoire psychologique.

Il lui sourit.

— J’ai conscience de ne pas être dans mon assiette, ne vous en faites pas. Le monde me parait…étrange. Suspect, même.

— Je comprends.

— Mais je vous obéirai au doigt et à l’œil. Dans mon intérêt comme dans le vôtre. Ça, je le saisis.

Il voulait jouer son jeu afin de voir où elle voulait en venir. On en apprend beaucoup sur une personne en la laissant mener la barque.

— Parfait, déclara-t-elle en se fendant à son tour d’un sourire. Je vous ai préparé des quoi faire un brin de toilette avant notre séance d’escrime.

Veino grimaça de surprise malgré lui. Elle le prenait de cour.

— De l’escrime le premier jour ? J’ai à peine recommencé à marcher.

Il avait déjà mal partout. Elle fronça les sourcils de façon théâtrale.

— Ne me dites pas que je vous fais peur ?

Il la regarda, les traits crispés.

— Non, bien sûr que non.

— Alors à tout à l’heure.

Elle se leva et sortit.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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