Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 25

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe. Tu es désormais lecteur-aventurier/lectrice-aventurière dans l’aventure Novus Ordo.

Voilà le chapitre 25, “Un réveil inattendu (troisième partie)”. Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

Veino sourit. Son voyage dans l’éther l’avait profondément marqué. Il n’était plus tout à fait lui-même.

— Je n’ai que faire de ces gens. Qu’ils s’entretuent si ça leur chante, leur vie leur appartient. Moi, je pars à la chasse aux insectes. Où te caches-tu, ma belle ? susurra-t-il à l’intention de la ville.

— Tu auras ta vengeance, car j’ai besoin de tes services. Cependant, ton corps ne te permet pas encore une telle entreprise. Le scorpion ferait de toi un cadavre.

Veino regarda ses bras livides et contusionnés. Il serra les poings et constata le peu de force qui l’animait. Il grogna.

— Votre magie est-elle seulement capable de me redonner ma vigueur ? Je me sens plus faible qu’un mourant, mon cœur menace de me perdre à chaque battement et ma mémoire n’est plus ce qu’elle était.

— Les Arcanes sont de la science et ne laissent pas de place au hasard. Je peux faire de toi l’assassin que tu as été et bien plus encore, mais j’ai besoin de temps.

— Combien de temps ? le coupa Veino.

Le mage noir gronda.

— Le temps qu’il faudra. La situation politique instable de Venyce rend le succès de nos plans incertains. Toutefois, se précipiter serait une erreur. C’est là ce que ces gens ne comprennent pas, dit-il en désignant la foule au loin.

Comme pour venir confirmer ces propos, un dirigeable noir de l’armée pontifical surgit de derrière la bibliothèque du Saint-Siège. L’aéronef propulsé par deux rotors exhibait sa nacelle d’acier bardée de sabords aux canons menaçants. Son ombre passa au-dessus de la place Piasotto comme un mauvais présage et fendit sur la foule massée devant la mairie du district Saint-Julien. Les émeutiers gagnaient du terrain malgré leur lourde perte. Ils commençaient à forcer les portes du bâtiment pontifical.

Le capitaine tira un coup de semonce. Tous les regards se tournèrent vers la masse sombre qui les surplombait. Les putschistes n’avaient pas prévu un tel déploiement de force. Horrifiés, quelques-uns se rendirent en se mettant à genou, mais la plupart paniquèrent. Ils tentèrent de fuir. Malheureusement, le poids du nombre mit en échec la manœuvre. Ils se rentraient dedans et se marchaient les uns sur les autres ; c’était la débâcle.

Ragaillardis par la présence de l’aéronef de guerre, les soldats pontificaux resserrèrent les rangs. On leur ordonna pourtant de rester derrière leurs couverts. Ils comprirent pourquoi lorsqu’une sirène stridente retentit depuis le pont du dirigeable. Le Saint-Siège désirait envoyer un message très clair aux putschistes.

Un instant plus tard, et comme au ralenti, les sabords du dirigeable vomirent leurs premiers obus qui crevèrent les corps et les pavés avec une telle force que le bruit parvint jusqu’aux oreilles des observateurs sur la terrasse de la demeure du mage noir. Ils assistèrent médusés et impuissant au spectacle tragique qui se jouait en contrebas.

Certains tendirent les bras en des gestes futiles pour se protéger, d’autres restèrent là, incapables même de bouger, figés dans la mort. Quelques héros anonymes dressèrent leur étendard bien haut à la face de leur ennemi en dernier geste de défis. Tous se savaient condamnés en premières victimes d’une guerre qui ne faisait que commencer.

Le bombardement cessa enfin. Derrière les longues colonnes de fumées qui montaient au ciel chargé des âmes défuntes, on apercevait des cratères remplis de sang. Des barricades, il ne restait que des feux de paille, des drapeaux, plus rien. Les soldats reprirent possession du terrain et découvrirent un charnier. Beaucoup ne purent soutenir une telle vision. On leur rappela la mort de leurs frères et ils trouvèrent alors le courage d’investir les rues. Ils ne rencontrèrent aucune résistance. Les émeutiers avaient fui, marqué par l’horreur et le sang d’un jour qui restera dans l’Histoire.

— Par Morphê, s’exclama Vittorio, je n’avais jamais rien vu de pareil ! Voilà donc à quoi ressemble une bataille.

— On ne peut appeler bataille une telle boucherie. Il s’agit d’une exécution, rien de moins. (Le mage noir parla d’un ton plus grave.) Un acte ignoble, mais nécessaire. Le plus important est la stabilité de la citée.

Veino gloussa. Ses épaules se secouèrent puis il éclata de rire. Vittorio interrogea son maître du regard.

— Vous pensez sincèrement que Venyce survivra à cette nouvelle Grande guerre ?! Regardez la réalité en face. Nous allons tous finir comme eux, là-bas. Seuls les lâches s’en sortiront.

— Ironique venant de la part d’un homme qui s’est défié de la mort, fit remarquer Vittorio, le ton grinçant.

Veino le dévisagea pour la première fois.

— On ne se défie pas de la mort. Je n’ai fait qu’emprunter chèrement un peu de répit. À qui ai-je l’honneur ?

— Je m’appelle Vittorio. Je suis le bras droit de l’Archonte.

— L’Archonte ?

— L’être qui vous a ramené à la vie et qui…

— C’est assez pour une première journée, déclara le mage noir en enfonçant l’aiguille de la seringue dans le cou de Veino. Notre homme en a assez vu. Trop d’informations pourraient le tuer.

— Que… ?

La tête du ressuscité retomba mollement sur son torse.

— Je croyais qu’il ne devait se réveiller que dans quelques jours ?

— C’était mes prévisions, mais son esprit est particulièrement vigoureux. Nul doute qu’il redeviendra rapidement très dangereux. Il nous faudra le surveiller de près. Pour l’instant, je vais écarter la mort de son corps. Nous verrons plus tard pour ses séquelles mentales.

— Bien, et que fait-on à propos de ce qu’il vient de se passer sur la place du district Saint-Julien ?

Le mage noir réfléchit.

— Aucune interférence pour le moment. Le Saint-Siège ne doit encore rien savoir de nous.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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