Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 24

Salut à toi, naufragé ! Ici, l’Explographe.

Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

 

Veino se réveilla en sursaut, une grosse nausée le prenait à la gorge. Sans réfléchir, il regarda de côté et aperçu juste à temps un seau que quelqu’un avait eu la bonté de laisser là. Il s’en empara et vomit de tout son saoul dedans. L’odeur infecte lui remua tant les tripes qu’il manqua de s’étouffer. Il remarqua alors l’envie pressante qui lui nouait l’estomac depuis probablement des heures et grimaça de douleur. Ses sensations corporelles revenaient pas à-coups, son cerveau manquait de précision.

Une porte grande ouverte en face de lui laissait apercevoir des toilettes. Il s’y précipita sans réfléchir et fut surpris de ne pas se vautrer sur le plancher. Il avait l’impression que tout son corps demandait à sortir. Pour le coup, son premier réveil avait presque été moins éprouvant.

Son affaire faite, il s’assit sur le lit pour souffler. Il regarda ses bras couturés de cicatrices, si pâles qu’on en apercevait les veines sous la peau. C’était leur teint naturel et il en fut soulagé. Il essaya ensuite de bouger la tête et celle-ci obéit sans tanguer ; un luxe qu’il savoura avec un sourire béat sur le visage. Il compta mentalement jusqu’à trois et se releva doucement. Rien de fâcheux ne se produisit et il put se tenir debout pour la première fois dans cette vie-là. C’était une vraie renaissance, pas un simulacre. Un intense plaisir le submergea alors qu’il fit ses premiers pas sans grand effort. Se mouvoir dans l’espace, lever ses bras, bouger ses doigts, quel délice. Il en oublia le reste pendant un instant. Puis il se rassit, la fatigue commençait à se faire sentir. Son corps ne souffrait plus des grosses séquelles de son passage au BCI, mais il restait encore faible.

La chambre comportait deux fenêtres dont les rideaux écartés découvraient une abondante lumière. Un poêle à vapeur chauffait la pièce en cliquant doucement. Le rythme de ses pistons parfaitement huilés faisait penser à une respiration mécanique. Des habits étaient posés sur une chaise, à côté d’une cruche d’eau. Veino eut soudain soif en l’apercevant et s’en empara. Le liquide lui fit du bien, mais il faillit vomir à nouveau en prenant de trop grosses gorgées. Il fallait qu’il se ménage.

Il s’habilla tant bien que mal en redécouvrant la sensation douce du coton et celle plus rêche de la laine. C’était étrange, comme un souvenir sur lequel on a du mal à mettre des mots. Il appuya sur la poignée devant lui. La porte s’ouvrit sans difficulté et il se retrouva dans un long couloir. La lumière du jour perçait par les fenêtres et venait esquisser un escalier qui descendait à l’autre bout.

Veino l’emprunta sans réfléchir. Une faim de loup lui saisit le ventre lorsqu’il sentit le doux fumet d’un plat chaud. Il suivit l’odeur à travers un grand vestibule aux alcôves garnies de bustes de marbres et entra bientôt dans une longue salle au plafond aérien.

Une table pourvue d’au moins cinquante chaises occupait largement l’espace. Sur la nappe blanche et or se trouvait un plateau couvert de bols fumants. Hypnotisé par la nourriture, il ne remarqua pas la jeune femme assise à l’autre bout.

— Bienvenue parmi les vivants, déclara-t-elle avec un grand sourire.

Ses yeux bleus, par contre, restaient froids et interrogateurs. Veino redressa vivement la tête et bafouilla, peu encore à l’aise avec le langage :

— Veillez m’excuser, je…je viens de me réveiller et je…

Il s’interrompit pour s’attarder sur la nourriture.

— Ce n’est rien. Prenez place, je vous en prie, l’invita Julianne d’un geste en direction des chaises. Je vous attendais.

Veino ne se fit pas prier. Il commençait à attaquer les plats avec frénésie lorsque Julianne l’avertit :

— Votre réveil fut douloureux. Mangez lentement ou cela risque de recommencer.

Il cilla, sa main arrêta la cuillère devant sa bouche. Il réalisa soudain qu’il parlait avec un autre être humain et qu’il devait donner une piteuse image de lui-même. Il se redressa en tentant de se donner une contenance.

— Je… Vous avez raison, je reviens à peine d’entre les morts après tout.

Son ton s’était voulu léger et son sourire franc, mais il s’effaça maladroitement comme il réalisait ce que cela impliquait vraiment. Il se trouvait dans le corps d’un cadavre, sa nuque avait cédé sous l’échafaud. Le craquement résonna dans son esprit, lugubre et vibrant. Il inspira lentement afin de chasser le malaise qui l’envahissait.

Julianne perçut son angoisse.

— Ce que vous vivez est…très inhabituel. Votre esprit essaiera peut-être de rejeter votre corps, le prévint-elle. Il en a été chassé et éprouve des difficultés à se sentir à nouveau chez lui. Concentrez-vous sur les sensations, les souvenirs de vos mains en mouvements, par exemple. Les réflexes moteurs sont présents, mais vous avez encore du mal à les accepter.

Veino observa attentivement ses doigts se mouvoir. Une gêne étrange le désorientait. Il avait l’impression d’observer le corps de quelqu’un d’autre à travers les yeux d’un étranger. Plus il y pensait et plus cette sensation s’amplifiait. Il s’efforça de détourner le regard.

— Vous semblez très bien informée. Pardonnez-moi, mais vous êtes ?

La jeune femme inclina légèrement la tête, à la manière dont Vittorio s’était présenté la première fois.

— Je m’appelle Julianne. Je vais veiller à ce que votre retour parmi nous se déroule sans complications inutiles.

— Complications inutiles ? sursauta Veino.

— Finissez d’abord de manger.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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