Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 23

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe. Tu es désormais lecteur-aventurier/lectrice-aventurière dans l’aventure Novus Ordo.

Voilà le chapitre 23, “Un réveil inattendu (première partie)”. Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

Le mage noir se trouvait dans son laboratoire au sous-sol du manoir. Il travaillait sur quelque chose. Ses gestes précis et organisés attestaient sa grande concentration. Des lampes à bras éclairaient crûment une table d’autopsie. Le corps du ressuscité y était allongé, la respiration lente, le teint cadavérique. Un mort-vivant.

Sa peau témoignait de nombreuses contusions ; noires, violacées parfois. Elles ressemblaient à des taches d’huile arrêtées en pleine expansion, figées dans le temps. Cependant, l’état de son corps n’avait plus rien avoir avec le triste spectacle offert lors du rituel. Sa colonne vertébrale ne souffrait plus d’une forme contre nature et brisée, ses bras pouvaient à nouveau bouger et son visage supportait désormais le regard d’autrui.

C’était là l’œuvre du mage noir et sa main biologique ne cessait d’irradier cette lueur carmin aux effets prodigieux. Elle avait fermé les entailles, purifié le sang, ressoudé les os et les tendons abimés. Ce que les Arcanes pouvaient détruire, ils les pouvaient aussi reconstruire, mais pas à n’importe quel prix. Le mage noir commençait à trembler.

Il s’arrêta un instant pour souffler. Il espérait que cette opération serait la dernière. Ces imbéciles du BCI, pesta-t-il. Des barbares sadiques incapables de psychologie. Ils lui avaient donné beaucoup de travail supplémentaire. Relancer un système nerveux à ce point endommagé relevait de la gageure. La tâche s’apparentait plus à un casse-tête qu’à une application stricte des connaissances de la physiologie.

Il se massa la main de ses doigts mécaniques. Sa peau le démangeait et il percevait déjà l’éther qui réclamait son dû ; un appel d’un autre monde, une faim terrible et insatiable. Il repoussa cela dans un coin de son esprit. Il n’avait pas encore terminé.

Alors qu’il reprenait son activité, le ressuscité ouvrit soudain les yeux et arrêta son bras. Le mage noir braqua sur lui son regard de ténèbres ; il n’était pas censé se réveiller si tôt. Un son étrange sortit des lèvres de l’homme, un cri désarticulé sous l’effet de cordes vocales trop longtemps laissé au repos. Il se redressa avec une force surprenante en éparpillant sur le sol les ustensiles chirurgicaux placés près de lui. Le mage noir s’écarta.

— Dieu, que faites-vous ?! articula le malheureux

Il regarda autour de lui sans comprendre. Après le rituel, il était rapidement tombé inconscient, car très faible. Il ne se souvenait donc de rien.

— Ne bougez pas, gronda le mage noir.

Il n’était pas sûr d’avoir affaire à l’ancien Sans-Nom. Le ressuscité se trouvait visiblement en état de choc et dévisageait tout ce qui l’entourait avec effroi.

— Où suis-je ? Je…Ahaa, ma tête !

Un réveil aussi brutal après une telle dose de sédatif pouvait se montrer dangereux.

— Vous êtes en sécurité, à l’hôpital. Calmez-vous, nous sommes en pleine opération.

— En pleine opération ?

La vue d’éviers rutilants, des scies à os et de seaux à moitié remplis de restes humains rendait cette dernière déclaration plus morbide que rassurante.

— Oui, vous êtes grièvement blessé. Si vous ne vous rallongez pas immédiatement, vous risquez de graves séquelles. Je vous demande d’entendre raison.

Le mage noir aurait aimé utiliser ses pouvoirs afin d’apaiser son patient, mais se servir de ce genre d’Arcanes au milieu du processus de revitalisation pouvait avoir des effets désastreux. C’était bien pour cela qu’il s’était cantonné aux sédatifs.

— Je vois des images… Une foule, une corde, on me tue !

Le mage noir fit un pas en avant.

— Non, n’approchez pas ! couina le ressuscité. On me tue, la corde va se tendre, mon coup se brise. Crack !

Comme un dément, il mima son trépas avant de tomber derrière la table d’autopsie. Par la Volonté ! s’exclama intérieurement le mage noir en se précipitant.

Il découvrit l’homme à quatre pattes. Il s’était blessé sur un scalpel en tombant et le sang se rependait de sa main sur le sol carrelé. Les dégâts ne semblaient cependant pas trop importants. Il marmonnait quelque chose en secouant la tête comme un aveugle en quête de ses yeux. Le mage noir s’accroupi près de lui.

— …réussi, ce salaud a réussi. Pas possible…

Il partit dans un gloussement nerveux et remarqua alors la présence du mage noir. Il l’empoigna par le col de son habit en maculant l’étoffe de sang poisseux.

— C’est vous, par l’enfer, vous m’avez ramené. Vous êtes le diable, le diable en personne !

Il gloussa de plus belle. Le mage noir se demandait s’il n’avait pas sur estimé les applications du rituel. Le ressuscité semblait avoir complètement perdu la tête. Il décida d’évaluer l’étendue des dommages.

— Une promesse est une promesse, Veino.

Le stress que ces mots choisis avec soin provoquèrent chez l’homme se peignit distinctement sur son visage. Sa lèvre inférieure tressaillit de rage.

— Une promesse, ça oui. Tu vas me le payer, par toutes les garces de l’enfer ! éclata-t-il alors que les souvenirs lui revenaient peu à peu. Tu vas mourir aussi lentement que moi, os après os. Je veux les entendre, je veux entendre tes plaies hurler à ta place lorsque ta langue ne sera plus que bouillie dans ta gorge, maudit scorpion de malheur !

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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