Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 23

Salut à toi, naufragé ! Ici, l’Explographe.

Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

 

 

Une lumière froide tombait du plafond de verre pour venir se rependre sur l’armure d’Haziel. Il se trouvait dans le bureau du maître des secrets et c’est comme si Dieu torturait le ciel de sa colère. Les nuages se massaient en formes sombres, compactes. Un orage d’automne couvait.

Cao attendait une réponse, le Seigneur attendait une réponse et lui aurait voulu se trancher la langue. Mais un guerrier de Dieu assumait ses actes et sa loyauté ne souffrait d’aucun mensonge ni d’aucune excuse. C’est alors le cœur battant et le souffle court qu’il releva la tête, le regard résigné :

— J’ai échoué, Maître des secrets.

Cao grimaça. Il avait remarqué la nervosité inhabituelle de son traqueur, mais ne s’attendait pas à une nouvelle aussi brutale.

— Qu’avez-vous dit, capitaine ?

Haziel se racla la gorge et d’une voix plus forte, répéta :

— J’ai mis la mission que vous m’aviez confiée en échec. Je n’ai pas réussi à capturer la créature.

À ce moment, l’orage décida d’éclater et de terribles éclairs zébrèrent le ciel. La pluie s’intensifia et vint s’écraser avec violence contre le plafond de verre. Cao n’en revenait pas, son meilleur soldat avait échoué pour la première fois et il avait fallu que ce soit celle-ci. Par les enfers, la chance n’était pas de leur côté

— Expliquez-moi pourquoi, ordonna-t-il.

Devoir détailler les raisons de son échec mettait le capitaine mal à l’aise, comme si exposer ses erreurs les rendaient encore plus pathétiques. Il fixa le sol.

— La cible n’a pu être surprise qu’une seule fois. Comme vous le savez, quelques enchantements faisaient qu’elle ne se détectait pas facilement.

— Que s’est-il passé ?

Haziel sembla lutter pour continuer à parler.

— J’ai eu une seconde de distraction et la créature en a profité pour disparaître…

Un lourd silence se fit entre les deux hommes. L’orage ne diminuait pas et toute la pièce résonnait maintenant de la colère du ciel.

— Capitaine, êtes-vous en train de me dire qu’une erreur d’inattention de votre part est responsable de cette débâcle ?

Haziel souffla, la mâchoire tremblante, et mit tout son courage pour regarder son supérieur dans les yeux.

— Oui.

Cao accusa le coup, la mine sévère. Il garda pourtant son calme. Il devait prendre une décision qui allait déterminer la suite de l’entretien. Cela ne faisait aucun doute qu’il avait plus que jamais besoin d’un élément comme le capitaine, mais cet homme attendait de lui une réponse forte. Tout était ici question de dosage. Il se leva lentement.

— Est- ce là tout ce que vous avez à me rapporter ?

Haziel sembla reprendre un peu de contenance.

— Non, non… Mon équipe et moi-même avons découvert une macabre scène de rituel. L’expertise ainsi que mon expérience en la matière ont confirmé que le but du massacre avait été de communiquer.

Le regard de Cao fut aussi vif que sa parole.

— Avec qui ?

Le capitaine se mordit la langue.

— Je n’ai pas pu le découvrir. L’indice en ma possession est trop complexe pour mes compétences.

— Combien cela fait-il de temps que vous travaillez dessus ?

En repensant à toutes ces nuits blanches infructueuses et à toutes ces prières vaines, Haziel ne put s’empêcher de serrer les poings.

— Une semaine, cela fait une semaine que j’échoue.

Cao consigna le tout dans un coin de sa tête.

— Capitaine, ceci est intolérable.

Le concerné courba l’échine par réflexe puis mit un genou à terre. On pouvait voir sa peine l’écraser.

— Quelqu’un de votre grade n’échoue pas, pas devant son Seigneur.

Les mots résonnaient clairement dans la pièce malgré l’orage et la pluie. Cao se plaça à portée de main de son traqueur afin que ce dernier puisse sentir toute la gravité de ce qu’il allait lui dire.

— Mais parfois, le Tout-Puissant envoie des épreuves à ses meilleurs hommes pour leur montrer qu’ils sont faibles. Cette faiblesse n’est pas une tare.

Et il plaça une main sur l’une des épaulières d’argent d’Haziel. Ce dernier n’osa pas le regarder dans les yeux, mais ne perdait rien des mots qui coulaient dans ses oreilles.

— Cette faiblesse est là pour nous montrer que nous ne sommes que de simples mortels à qui la perfection est étrangère. Nous échouons et cela est un bien que le Seigneur nous a donné pour devenir meilleur. Regardez-moi, Capitaine !

Haziel s’exécuta difficilement. Ses yeux étaient pleins de honte et de chagrin. Cao resserra sa prise.

— Ce que Dieu vous demande, c’est de devenir meilleur. “Il” ne donne jamais à un homme plus qu’il ne peut en supporter.

Les cieux grondèrent de plus belle.

— Devenez meilleur, capitaine !

L’ordre produisit l’effet escompté et le traqueur serra fermement la mâchoire. Il fit oui de la tête et se releva lentement. Cao retourna alors s’assoir derrière son bureau et sembla réfléchir.

— Montrez-moi cet indice, dit-il soudainement.

Haziel, légèrement prit au dépourvu, s’exécuta. Il sortit d’une pochette à sa ceinture une feuille aux bords écornés et la tendit au maître des secrets.

— Voilà, c’est un sceau que nous avons découvert scarifié sur le front d’un jeune cadavre.

Cao l’examina un bref instant avant de réfléchir à nouveau.

— Je connais peut-être quelqu’un capable de déchiffrer cette énigme, déclara-t-il enfin. Et tout cas, cela vaut la peine d’essayer et vous venez avec moi.

— Où allons-nous ? s’enquit Haziel.

Cao le regarda comme si la réponse n’allait pas lui plaire.

— Nous allons là où personne de notre rang ne devrait se rendre.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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