Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 22

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe. Tu es désormais lecteur-aventurier/lectrice-aventurière dans l’aventure Novus Ordo.

Voilà le chapitre 22, “L’espion”. Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

Haziel termina sa lecture et murmura une prière en signe de respect. Merosius en fit de même, c’était un rituel indispensable.

Ils arrivèrent dans les galeries secrètes qui longtemps avaient permis les déplacements discrets de la dame de ces lieux. Elles étaient bien moins riches que les escaliers, mais pourtant construites avec soin. Des lampes s’allumaient sur le passage des deux hommes pour s’éteindre à leur suite. Plusieurs portes aux mécanismes complexes leur cédaient le passage en cliquetant. Toute cette débauche d’ingénierie et d’architecture obscure formait un véritable labyrinthe qu’aucun plan ne détaillait. Seuls les maîtres archivistes recevaient oralement la connaissance suffisante pour ne pas rester coincé à jamais dans le dédale. Cela en faisait un des lieux les plus sûrs de tout Venyce.

Ils entrèrent enfin dans la salle des archives qui les intéressait. L’endroit était immense et vertigineusement haut, mais aucune lumière du jour ne perçait ici. Cela risquait d’abimer les manuscrits. De très longues rangées d’étagères pleines à craquer filaient en ligne droite entre les chariots élévateurs, conçus pour pouvoir accéder aux documents en hauteurs. Rien qu’ici, un siècle de découvertes devait s’entasser et ce n’était qu’une salle parmi des dizaines. Des bibliothécaires, des moines ainsi que des visiteurs se croisaient, certains pour ranger des caisses entières de papiers couverts d’encre et d’autres, plus nombreux, pour les consulter avant de les déposer au bureau des rangements.

Les deux hommes ne tardèrent pas à trouver la rangée qui les intéressait.

— Attendez un instant, dit le maître archiviste.

Il monta dans la nacelle d’un chariot élévateur avant d’actionner des commandes. Un bras mécanique monté sur un châssis à quatre roues se déploya, faisant monter le moine à plus de six mètres de haut. Il farfouilla quelques secondes et trouva ce qu’il cherchait.

Signum decore Vol.I, cria-t-il d’en haut. C’est là qu’il vous faut chercher en premier, capitaine. Les autres tomes se trouvent à sa suite et toute la ligne que vous apercevez ici concerne les symboles, occultes comme religieux.

Haziel prenait la mesure de la tache qui l’attendait. Des centaines de livres se tenaient bien droit les uns derrière les autres comme des petits soldats au garde à vous qu’il lui faudrait vaincre un par un. Il ne redoutait point l’étude, mais un homme d’action tel que lui ne pouvait qu’appréhender une si longue lecture.

Après quatre jours et autant de nuit à comparer sceaux, emblèmes et autres symboles, il sentit ses yeux et son esprit le trahir. Ses recherches ne donnaient rien et cela commençait à le frustre. Il se demandait s’il n’était pas en train de perdre son temps. La façon dont le sigle était composé concentrait trop de complexité pour pouvoir vraiment en isoler une partie.

Il se leva et s’étira. Sa gorge sèche faisait écho à son estomac vide. Des blasons et signes mystiques flottaient dans sa tête. Leurs significations lui échappaient comme une pierre tombant au fond de l’eau. Il avait essayé d’ingurgiter trop d’informations ces derniers jours.

Il sortit de la salle d’étude pour se retrouver au milieu de gens échangeant à voix basse en prenant garde de ne pas se mettre sur le chemin d’un chariot élévateur. Une grande porte plus loin et il marchait dans une galerie au plafond de verre. Comme d’habitude, il prit la direction du réfectoire de l’aile est.

Le réfectoire s’organisait en longues rangées de tables en bois où chacun était libre de prendre place. Comme partout ici, les murs montaient très haut pour se terminer en voûte vitrée. Une pluie forte s’y abattait et toute la salle résonnait du bruit des gouttes frappant le plafond. Il faisait nuit. D’énormes lampes à électricité se chargeaient d’éclairer le lieu et cela créait une ambiance bruyante et lugubre.

Haziel se dirigea vers le comptoir où l’on servait à manger. Le moine affecté au service le dévisagea avec des yeux ronds. Sa réputation le précédait et il ne passait pas inaperçu avec son uniforme et sa carrure impressionnante. Il commanda la plus grosse ration possible et fut servi sur le champs, bien avant certains qui attendaient leur repas depuis plusieurs minutes. Il sourit malgré la fatigue ; la popularité apportait du bon quelquefois.

De retour en salle d’étude, il remarqua soudain que quelqu’un se trouvait à sa place. L’inconnu semblait fouiller dans les notes devant lui. Haziel l’interpela :

— Hey, vous là ! Que faites-vous ?

L’homme se figea. Il fit mine de baisser la tête et de relâcher ses muscles, puis bondit de sa chaise en la faisant basculer en arrière. Le capitaine oublia son repas qui se brisa sur le plancher. Il tenta de barrer la route du fouineur, mais celui-ci passa sous son bras et s’engouffra dans la galerie.

Des cris et des insultes fusèrent au passage du fuyard qui courrait à toutes jambes. Haziel se lança sur ses talons, mais se fit vite distancer, car l’autre était une vraie anguille. Ils arrivèrent bientôt près des portes menant à la terrasse extérieure.

— Gardes, gardes ! cria le capitaine en poussant un malheureux hors de son chemin. Bloquez le passage, c’est un ordre !

Ils ne réagirent cependant pas assez rapidement et le fouineur passa en trombe. Des coups de sifflet retentirent et moins d’une dizaine de secondes plus tard, toutes les portes furent bloquées. Haziel inspecta l’escalier couvert, mais il était désert. Il continua et se retrouva sur une terrasse battue par la pluie.

Les gouttes d’eau ruisselaient sur son visage crispé et il s’essuya les yeux. Personne. Ce n’est pas possible, se dit-il, ce rat n’a pas pu quitter l’enceinte de la bibliothèque. Il se rendit jusqu’aux portes de l’entrée principale et interpela les quatre gardes qui en contrôlaient l’accès :

— Vous n’avez vu personne, soldats ? C’est très important.

Ils le dévisagèrent un instant avant de le reconnaître sous la pluie. Leur chef s’avança.

— Oh, capitaine, c’est vous. Mais non… Personne n’a franchi cette porte dans la dernière demi-heure.

Haziel se mordit la langue. Part le Saint-Esprit ! Il marcha jusqu’au parvis extérieur, mais seules les haies arrangées frémissaient au rythme des éléments déchaînés.

Le fuyard avait bel et bien disparu et cela ne présageait rien de bon. Encore un coup dans l’eau et diable que c’était frustrant. Le capitaine ne savait pas pour qui l’espion travaillait, mais en tout cas, quelqu’un s’intéressait de près à ses recherches.

Qui pouvait bien avoir les moyens de le mettre sous surveillance et donc d’être au courant de son enquête ? Il avait besoin de conseil. Il prit le chemin de la chapelle de la Belle en serrant fort la croix qu’il portait autour du cou. Quand il y avait trop d’ombre autour de vous, la seule solution était de chercher la lumière.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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