Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 22

Salut à toi, naufragé ! Ici, l’Explographe.

Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture et n’hésite pas à me dire en commentaire ce que tu en penses et ce que je pourrais améliorer.

 

 

Veino était allongé dans le vide. Il se trouvait sous un gros cylindre pourvu d’une tête recouverte de lentilles de précisions. L’engin scintillait d’une lueur bleutée dans la pénombre et un léger bourdonnement flottait dans l’air. Deux perfusions partaient de ses bras pour se perdre on ne sait où. Ce qui était sûr en revanche, c’était qu’elles contenaient des anesthésiants, car il dormait d’un sommeil profond.

Le mage noir entra dans la pièce. D’un simple geste, il fit déplier en domino des panneaux blancs qui irradièrent une douce lumière. Une cascade de cliquetis annonça que le mécanisme s’était verrouillé. Maintenant, le lieu se trouvait bien éclairé et avait une forme circulaire. La tête gravitomètrique bourdonnait inlassablement et maintenait Veino en apesanteur. Le mage noir s’approcha du corps endormi.

Celui-ci était recouvert d’ecchymoses et de cicatrices. À plusieurs endroits, on apercevait des os qu’on avait fracturés et qui s’étaient mal remis. Une cheville notamment montrait une inclinaison contre nature. Au niveau du visage, ce n’était guère mieux. Le nez souffrait de ses multiples fractures et la mâchoire ne devait tenir qu’à un fil. Les yeux étaient encore bouffis des blessures d’une autre vie, mais Dieu merci, les hommes du BCI les avaient épargnés. Ils voulaient que le condamné voie les victimes de son acte.

Le mage noir se mit à faire de lents mouvements dans l’air. Le corps de Veino bougea dans l’espace et finit par se stabiliser, ventre face au sol. Après une courte réflexion, le maître des Arcanes décida de commencer par le dos.

Ce dernier était couvert de blessures sur le point de se rouvrir. Les omoplates sortaient affreusement et montraient une constitution rachitique. On pouvait presque croire que la colonne vertébrale allait céder à tout moment, ce qui ne devait pas être si éloigné de la réalité.

Le mage noir posa délicatement ses mains sur la chair. Une était gantée et l’autre non. Il appuya plus fort avec deux de ses doigts gantés : une légère impulsion électrique traversa la zone en contractant les nerfs et les muscles qui s’y trouvaient. Il prit une inspiration et son autre main s’illumina de rouge carmin. L’opération allait commencer.

Mouvement après mouvement, contraction après contraction, le corps reprenait en fermeté. Les os bougeaient sous la chair en obéissant à ces doigts qui les manipulaient de l’extérieur. Les ecchymoses s’effaçaient petit à petit de la peau et les blessures se refermaient correctement cette fois. C’était un travail de longue haleine et le mage noir dut laisser à plusieurs reprises le corps se reposer.

Il y’avait tout de même une limite physiologique que les Arcanes ne pouvaient franchir et il fallait dire que la technologie était d’une bonne aide pour les repousser un peu plus loin. En effet, grâce à la tête gravitomètrique qui permettait la lévitation de tous objets ne dépassant pas une certaine charge, il était possible de travailler d’une façon raisonnable. Sans ça, manipuler ainsi la vie devenait périlleux, car bouger certains organes impliquait aussi d’écarter certains os. Or, sans la machine qui éliminait toute gêne, cela représentait des manœuvres trop dangereuses pour le patient.

Il fallut bien six heures pour que le mage noir arrive à quelque chose. Pour une première séance, ce n’était pas si mal. D’habitude, le travail à faire concernait une fracture ou une hémorragie interne, mais là, pratiquement tout devait être soigné. Le cœur, ainsi que les glandes surrénales en particulier, avait subi de graves dégénérescences à cause de l’adrénaline sécrétée en permanence dans le système nerveux. Il allait falloir rester vigilent à leur sujet. Pour l’instant, la colonne vertébrale avait retrouvé une forme normale. Encore une semaine et c’est tout le corps qui serait remis. Enfin, le mage noir l’espérait.

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