Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 21

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe. Tu es désormais lecteur-aventurier/lectrice-aventurière dans l’aventure Novus Ordo.

Voilà le chapitre 21, “Sainte Eléonore”. Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

Sainte Éléonore.

D’abord petite fille rescapée de la Grande guerre, on raconte qu’elle survécu grâce à un ange gardien. Les témoins affirmaient avoir aperçu une jeune enfant se promener tranquillement dans les décombres, se jouant des mines et autres obus qui n’avaient pas explosé. Lorsqu’elle fut secourue, elle expliqua que son ami imaginaire l’avait guidée vers les sources de nourritures tout en lui évitant les dangers. Les gens conclurent immédiatement à un miracle.

Il fallait reconstruire Venyce et la tâche était incommensurable. Las de se battre pour le pouvoir de la cité et ayant besoin de fond et de matériaux, les venytiens jurèrent allégeance au Pape. Le catholicisme devint alors la religion officielle et l’autorité incontestable de la ville.

La jeune Éléonore, de son nom, fut rapidement utilisée comme symbole par l’Eglise. Cette dernière la canonisa d’ailleurs à l’âge de huit ans et tout changea pour l’enfant. Maintenant considérée comme une sainte, on lui enseigna à être une bonne ambassadrice catholique.

Son adolescence fut tumultueuse. La rigidité de son éducation lui bridait la liberté qu’elle avait éprouvée lors de son errance dans les ruines de la guerre. Cela lui manquait presque de se retrouver toute seule avec son ami, loin des tracas des autres hommes. Elle lui parlait encore parfois, mais en grandissant cela se faisait de plus en plus rare. Le lien se brisait doucement. Pourtant, elle ne perdait pas espoir ; Dieu avait un plan pour elle et le monde attendait son œuvre.

C’est à l’âge de seize ans qu’Éléonore découvrit sa passion pour l’architecture. Des noms de jeunes maîtres commençaient à être célèbres comme Le Feanore ou Ragnos et partout de magnifiques édifices se levaient dans Venyce. La reconstruction était en plein essor et le métier d’architecte gagnait un prestige inégalé. Ce n’était pas seulement cela qui attirait la jeune femme. Elle avait toujours été impressionnée par ces énormes constructions de pierre, de bois et de métal qui lui donnait la sensation d’être minuscule. Comme si dans ces immensités artificielles, l’homme arrêtait de se mentir et se remettait à l’échelle qui était la sienne : poussière insignifiante dans le temps. C’est de là que naquit le rêve d’Éléonore de créer quelque chose qui traverserait les âges. Car quel autre moyen de s’élever de sa condition que de vaincre la seule chose qui fait défaut à l’être humain : la temporalité infinie de l’univers. Il n’y avait qu’une seule manière de la mettre en échec, laisser une trace indélébile derrière soi.

La jeune femme se consacra donc entièrement au premier des six Arts. L’Église l’encouragea dans cette direction, car l’architecture symbolisait la reconstruction et donc la volonté de construire un monde nouveau, absout des erreurs du passé. C’était comme si la culpabilité collective s’apaisait à refaire en plus beau ce qui avait été défait.

Éléonore étudia avec les meilleurs et fut brillante. Son désir insatiable d’apprendre ainsi que sa détermination la propulsèrent dans le cercle restreint des cent conseillers du cardinal de Venyce. Celui-ci se composait des savants les plus érudits, ce qui l’aida à progresser d’autant plus rapidement. On raconte que c’est dans la plus puissante des loges, le deuxième conclave comme on l’appelait, que moult intrigues mêlant la Belle se jouèrent. La sainte manqua de perdre la vie à tellement de reprises qu’on arrêta de les compter. La raison de tant d’animosité était simple : elle portait l’étendard de ceux qui s’opposaient à la montée en puissance des guildes. De ce fait, cela la dotait des armes du Saint siège, mais la transformait également en cible prioritaire à abattre.

De véritables régiments de découpeurs, ces créatures de magie, de chair et d’acier à l’ingénierie optimisée pour tuer tout et n’importe quoi, échouèrent à éliminer le symbole de la main de fer dans un gant de velours. Malheureusement, le temps jouait en faveur de l’ennemi et Éléonore le savait. Tôt ou tard, elle ferait une erreur. Elle décida donc de faire face à son démon de toujours et se mit à l’élaboration de son chef-d’œuvre.

Cela lui prit cinq années pour terminer les plans, mais ce qui en ressortit n’avait jamais eu son pareil chez les hommes. Une splendeur architecturale, alliant la beauté à l’utilité indispensable de ce que l’on donne en héritage, se tenait sur le papier, prête à surgir sous les mains des maîtres artisans de la cité des eaux.

L’ouvrage étant classé comme secret d’État, le chantier fut mis sous protectorat de l’armée pontificale. Soixante années s’écoulèrent avant qu’on ne sculpte la dernière pierre de l’édifice et son achèvement signa une reconnaissance du monde entier pour l’art de bâtir venytien. Sainte Éléonore entra alors dans la légende et prit la tête de la forteresse. Une forteresse destinée à contrer l’accaparement des connaissances par les guildes et donc à gagner la guerre. Car le pouvoir, c’est le savoir.

Trop de batailles furent menées pour toutes les décrire, mais la Belle de Venyce mourut paisiblement dans sa chapelle privée, les mains posées sur la première dalle taillée de la bibliothèque du Saint siège. Il y avait gravé dessus, “A mon Ami.” Nul doute que ses dernières pensées furent pour celui qui aida cette petite fille à entrer dans l’Histoire.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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