Novus Ordo – Venyce tome 1 – Chapitre 20

Salut à toi, naufragé (e) ! Ici, l’Explographe. Tu es désormais lecteur-aventurier/lectrice-aventurière dans l’aventure Novus Ordo.

Voilà le chapitre 20, “Un sceau mystérieux”. Si tu viens d’arriver dans l’aventure, je te conseil de commencer par le chapitre 1, ici. (Comment ça, c’est évident ? Il est très bien mon conseil.)

Bonne lecture 😉

La bibliothèque du Saint siège était un bâtiment gigantesque qui trônait dans les quartiers gouvernementaux du Grande Leone. Son architecture gothique élancée avec ses quatre hautes tours lui donnait l’apparence d’une forteresse. Ici s’entassaient toutes les connaissances que des siècles de catholicisme avaient amassées. Cela représentait des vies entières de lecture ininterrompue, en plus des innombrables artefacts entreposés dans les sous-sols dont on n’avait pas encore décodé le sens. Des centaines de moines habitaient les lieux en permanence et de nombreux ecclésiastiques de passage faisaient que le bâtiment ne s’assoupissait jamais complètement.

Les cloches sonnèrent midi dans les froissements d’ailes de milliers de colombes qui quittaient leurs perchoirs, cent mètres plus haut. Haziel passait la grande porte en ogive de l’entrée principale à ce moment-là et il leva la tête.

Des nuées d’oiseaux blancs s’élançaient dans le vide. Cela masqua un bref instant le soleil, comme si l’on avait déposé un voile sur l’astre, mais les durs rayons percèrent rapidement le nuage vivant alors qu’il s’éparpillait.

Le capitaine laissa dériver son regard un instant. La majesté de ces petites créatures témoignait du divin qui les habitait. Elles étaient comme autant de regards bienveillants que le Seigneur posait sur le monde. Une véritable bénédiction. Il se signa et reprit sa marche.

Un large escalier couvert à la manière d’une nef le mena devant deux gardes pontificaux qui gardaient l’entrée de l’aile est. Ils le reconnurent au premier coup d’œil et le saluèrent, le poing placé sur le cœur. Haziel en fit de même, ce qui était un grand honneur. Son grade ne l’astreignait guère à rendre les saluts aux simples soldats, mais il le faisait par respect envers ces hommes qui chaque jour veillaient à la gloire de Dieu. Ce comportement n’était pas étranger à sa popularité. Ils le laissèrent passer avec déférence.

Il se retrouva dans une large allée, couverte douze mètres plus haut par un plafond de verre. La lumière éclaboussait les dalles de pierres au sol et suivait l’écho des conversations qui emplissait la galerie. Celle-ci était pleine de moines qui débattaient tout en marchant vers leur prochaine destination. On avait sonné midi et beaucoup s’en allaient manger dans les grandes salles communes où l’on servait les repas.

— Capitaine, capitaine ! fit une voix.

Haziel se retourna pour apercevoir un vieux moine qui le rejoignait difficilement.

— Maître archiviste Merosius, salua-t-il poliment. J’allais vous faire chercher, justement.

Le bibliothécaire s’arrêta à bout de souffle.

— Je suis venu dès que j’ai appris votre présence en ces lieux.

Il toussa avant de se reprendre.

— En quoi puis-je vous être utile ?

— Peut-être pourrions-nous en parler en privé ? avança Haziel.

Il n’avait pas vraiment posé une question. Le moine fronça les sourcils, interloqué par l’air pressé qu’affichait le traqueur.

— Vous avez raison, allons dans mon bureau.

Le capitaine entra à la suite de Merosius dans une luxueuse pièce d’étude en bois précieux. Elle était plus haute que large et le bruit ne pénétrait pas à l’intérieur. La lumière provenait de grandes fenêtres à cinq mètres au-dessus du sol, ce qui rendait inutiles les lampes électriques fixées aux murs. Un gigantesque bureau en chêne massif accaparait plus de la moitié de l’espace et se trouvait entièrement recouvert de manuscrits ainsi que d’ouvrages épais. Cela rendait l’endroit exigu, mais pas inconfortable.

— Bien, quelle est votre question ? demanda le moine en s’asseyant dans un petit fauteuil.

Haziel ne se fit pas prier et sortit un bout de papier. Il le déplia avant de le poser bien à plat sur le bureau.

— Je dois savoir ce que cela signifie.

Un sceau étrange et d’une rare complexité était dessiné sur la feuille. Les motifs géométriques se croisaient et se liaient tels des amants en pleine fougue et cela donnait au tout une impression de chaos ordonné. Il n’était pas difficile de trouver la chose de toute beauté.

Le maître archiviste prit le papier afin de l’examiner de plus près.

— Remarquable, murmura-t-il.

Il s’empara d’une loupe.

— Mais où avez-vous donc trouvé cela, si ce n’est pas indiscret ?

Le capitaine prit un ton solennel convenu :

— Je ne peux malheureusement pas vous le dire, Merosius. Secret d’État.

— Secret d’État, bien sûr, fit l’autre comme s’il était las de cette excuse.

Il reposa la loupe.

— Il me faudra bien quelques informations pour savoir où chercher, car ce sceau ne m’est pas connu.

Ses yeux se plantèrent dans ceux du traqueur.

— Eh bien, commença lentement ce dernier, je peux vous révéler ceci : nous avons retrouvé cette “œuvre” scarifiée sur un cadavre et il est fort probable qu’elle soit liée aux Arcanes.

Le moine se gratta le menton.

— C’est bien ce qu’il m’avait semblé. Les courbes que l’on voit sur la droite indiquent une énergie matricielle. Mais sûr un cadavre dites-vous ? Étrange… Autre chose à me notifier ?

Haziel fit signe que non. Il n’avait pas envie d’expliquer que ce sigle mystérieux était son seul espoir de rattraper son échec cuisant. Échec qui lui faisait encore bouillir l’estomac.

Il était retourné à la villa, plein de honte et de rage après avoir non seulement échoué, mais aussi saccagé une des plus belles maisons du Seigneur. Son manque de résultat le mettait hors de lui. Pourtant, il n’avait pas eu le temps de s’appesantir sur ses remontrances. Les forces spéciales chargées de sécuriser les caves avaient fait une découverte capitale.

Dans un grand cellier, une horrible mise en scène avait servi un rituel de l’ombre. Toute une famille se trouvait au sol, massacrée. Au centre, crucifié sur une croix de fortune, se dressait un jeune garçon. On lui avait arraché la langue ainsi que les yeux. Recouvert de sang séché, quelque chose avait été marqué sur son front. Les membres du commando s’étaient approchés précautionneusement pour découvrir un sceau étrange, comme sortit de la chair elle-même.

Ils avaient sécurisé et analysé l’endroit. Cela ne faisait aucun doute que les Arcanes avaient été invoqués ici. Au vu de la boucherie, la créature avait dû libérer une quantité de souffrance phénoménale et c’était sans doute pour cela que les forces spéciales du Saint siège avaient réussi à localiser leur cible avec tant de précision.

Ayant déjà étudié ce genre de scène, Haziel savait que le rituel avait servi à communiquer. La question était donc de savoir quels nouveaux ordres la créature avait reçus et de qui ? Malheureusement, la seule façon d’y parvenir était de déchiffrer ce maudit sceau.

— Donc, reprit Merosius, ce que vous me demandez vraiment c’est si ce sigle existe dans nos archives ?

— Je ne le pense pas, répliqua le capitaine.

— Et pourquoi ça ?

— Secret d’État.

— Ben voyons !

Le moine s’exaspérait de tant de mystère. Il se leva.

— Je ne peux alors pas faire grand-chose pour vous aider.

Haziel comprenait son irritation.

— Ce que je voudrais, dit-il d’une voix calme, c’est essayer de déchiffrer ce sceau par recoupement. Voyez-vous, je suis convaincu que plusieurs parties distinctes le compose. Les reconnaître chacune précisément me serait d’une grande aide pour résoudre ce mystère.

Merosius se gratta une nouvelle fois le menton.

— Je vois. Mais je crains que cela ne prenne un temps considérable. Nos dictionnaires de symboles sont nombreux et pour beaucoup fort obscures. Je peux atteler un certain nombre de frère à la tache si vous le désirez.

Haziel secoua la tête.

— Je me dois de garder un secret absolu sur toute cette affaire. Je sais l’entreprise difficile, malheureusement mes options sont limitées.

— Notre princesse défunte, murmura le moine. Paix à son âme et que Dieu nous vienne en aide.

Il se signa et le capitaine courba légèrement l’échine afin de témoigner son respect. Il savait que Merosius n’était pas dupe, mais il ne pouvait en révéler plus.

— Bien, ne perdons pas plus de temps. S’il vous faut quoi que ce soit d’autre, vous savez où me trouver.

Le moine pressa une petite commande qui ouvrit une porte dérobée.

— Le passage de la belle, comme d’habitude.

C’était un honneur qu’il réservait à ses amis.

Les deux hommes empruntèrent un étroit escalier en colimaçon aux murs indécemment riches. Ils étaient recouverts d’or sculpté et rehaussés de tapisseries faites des meilleures étoffes. Il régnait ici une odeur de cannelle qu’on disait venir du parfum de la dame qui avait fait construire ce passage. Son histoire des plus incroyables pouvait se lire en image sur les parois au fur et à mesure que l’on descendait les marches. On la disait architecte de ce lieu qu’était la bibliothèque du Saint siège. Son imagination en avait fait un bâtiment intemporel ainsi qu’un chef-d’œuvre de bâtisseur. Haziel s’arrêta près d’une alcôve où se trouvait un livre ouvert. Il se mit à lire le passage exposé, comme il le faisait à chaque fois.

Merci pour ta lecture, courageux lecteur-aventurier/courageuse lectrice-aventurière ! Si ce chapitre t’a plus, n’hésite pas à me donner tes impressions de terrain en commentaire pour m’aider à améliorer mon histoire et m’écourager 😉 Ces jungles sont profondes, prends garde à toi et bonne continuation pour la suite de cette aventure !

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