Les mensonges de Locke Lamora de Scott Lynch

Résumé :

On l’appelle la ronce de Camorr. Un bretteur invincible, un maître voleur. La moitié de la ville le prend pour le héros des miséreux. L’autre moitié pense qu’il n’est qu’un mythe. Les deux moitiés n’ont pas tort.

En effet, sachant à peine manier l’épée, Locke Lamora est, à son grand dam, la fameuse ronce. Les rumeurs sur ses exploits sont en fait des escroqueries de la pire espèce, et lorsque Locke vole aux riches, les pauvres n’en voient pas le moindre sou. Il garde tous ses gains pour lui et sa bande : les Salauds Gentilshommes. Mais voilà qu’une mystérieuse menace plane sur l’ancienne cité de Camorr. Pris dans un jeu meurtrier, Locke et ses amis verront leur ruse et leur loyauté mises à rude épreuve. Rester en vie serait déjà une victoire…

 

Dans la vie, il n’y a que trois personnes qu’on ne peut pas blouser : un prêteur sur gages, une pute et notre mère. Dans la mesure ou ta mère est morte, j’ai pris sa place. Par conséquent, pas de conneries avec moi.

Père Chains au petit Locke

Titre : Les mensonges de Locke Lamora

Auteur : Scott Lynch

Nombre de pages : 550

Ma note : 4.5/5

Au menu, aujourd’hui, un roman de qualitey. Une histoire de voleurs, de mafieux et de Mages-Esclaves (rien à voir avec des sado-masos. Quoique…). Bienvenue à Camorr, une Venise imaginaire au charme certain, terrain de jeu des escrocs les plus stylés du fantasy game : les Salauds Gentilshommes.

Ce livre a été un véritable coup de cœur pour moi (oui, en vrai j’ai un cœur. Moi aussi j’ai des sentiments…). J’ai dû le lire au moins à trois reprises et à chaque fois, j’en ai éprouvé autant de plaisir.

La cité de Camorr est vivante et colorée. Aussi laide dans la noirceur de ses taudis que splendide dans l’opulence de ses riches quartiers, elle offre à qui sait s’attirer ses faveurs et prend aux autres. Entre architecture contemporaine et étranges monuments en Verre d’Antan, érigés il y a fort longtemps par un peuple maintenant disparu, Camorr forme un décor au charme unique (sérieusement, dans une autre vie je devais vendre des voyages à des cadres sup’).

C’est donc là que rentre en scène le roi des voleurs (pense à Aladin une seule seconde et je te donne aux requins. Je ne déconne pas, putain). Je parle bien sûr de Locke Lamora, kleptomane en puissance et véritable génie lorsqu’il s’agit de détrousser du nanti.

J’adore ce personnage. Futé, habile et beau parleur, il n’en reste pas moins humain. Loin d’un Arsène Lupin ayant toujours tout sous contrôle, Locke fait des erreurs et les paies (très) chères. Mais quel homme, quel panache !

Sa bande n’est pas en reste. Calo et Galdo sont les jumeaux que tu ne voudrais jamais rencontrer à une table de poker. Jean Tannen est le monsieur muscle, expert en baston de rue, mais pas con pour autant. Et enfin, Moucheron, l’apprenti de l’équipe, est plus courageux qu’il ne devrait raisonnablement l’être.

Cette petite troupe haute en couleur va donc de gros coup en gros coup, jusqu’à ce qu’elle tombe sur plus malin qu’elle. Un maître chanteur va forcer Locke et ses amis à entrer dans un jeu mortel, un jeu qui pourrait bien mener la cité à sa perte. Voilà donc la ronce de Camorr devenue proie face à un adversaire qui a à chaque fois un coup d’avance.

Mais comment qu’il les force ? T’as dit qui z’étaient le plus balèzes du game ? OK, donc déjà tu te calmes. Et ensuite, j’ai dit qu’ils étaient les plus stylés du fantasy game. Ce n’est pas la ligue des justiciers, les mecs.

Mais ta question fait tout de même sens.

Et la réponse tient en deux mots : Mage-Esclave. Alors là, le fauconnier de son petit nom, cumule toute la saloperie que tu peux imaginer en magie. Il contrôle l’esprit des gens ainsi que des animaux, il possède d’ailleurs un faucon-scorpion en guise d’animal de compagnie (paie ton style, ma gueule). Ajoute-lui un réel don pour le sadisme et tu as l’exemple même du type qu’il ne faut pas faire chier.

L’intrigue est palpitante et l’auteur arrive vraiment à nous mettre dans l’ambiance des milieux mafieux et politiques corrompus. La magie n’est pas sur-représentée, dosée comme il le faut, ce qui rend l’univers d’autant plus crédible. Mention spéciale pour les dialogues que je trouve de toute beauté. C’est la cerise sur le gâteau d’un chef-d’œuvre de la fantasy et j’irais même jusqu’à dire, un très bon livre pour entrer dans ce genre littéraire. Bref, vous l’aurez compris, c’est un sans-faute pour Scott Lynch sur ce coup-là.

On termine par un petit extrait, comme d’habitude :

— Chouette piaf, sale con ! fit Locke. (Le Mage-Esclave lui lança un regard glacé, déconcerté.) Alors ça doit être toi, la raison pour laquelle personne n’arrive à trouver ton patron. La raison pour laquelle aucun des membres des Couronnes Lourdes ne pouvait se rappeler ce qu’il faisait quand Tesso le Grand s’est fait clouer à un mur.

Le faucon poussa un cri strident et Locke broncha. La colère de cette créature était extrêmement expressive. C’était plus que l’alerte d’un animal agité… D’une manière ou d’une autre, c’était personnel. Locke haussa les sourcils.

— Mon familier n’apprécie pas le ton de ta voix, dit le Fauconnier. Moi, pour ma part, j’ai toujours trouvé son jugement impeccable. Si j’étais toi, je tiendrais ma langue.

— Ton patron veut que je fasse quelque chose pour lui, dit Locke. Ce qui veut dire qu’il faut que je reste opérationnel. Et que la manière dont je m’adresse à son enfoiré de valet karthanien n’a que peu d’importance. Il y avait des amis à moi, parmi les garristas que tu as tués. À cause de toi, j’ai comme perspective une saloperie de mariage arrangé !

Le faucon jaillit de son perchoir en hurlant. Locke leva son bras gauche devant son visage et l’oiseau le percuta de plein fouet. Ses serres s’y accrochèrent et pénétrèrent le tissu de la manche du manteau. Le volatile s’agrippa au bras de Locke, atrocement, et battit des ailes pour se stabiliser. Locke cria et leva la main droite pour lui donner un coup de poing.

— Fais ça et meurs, dit le Fauconnier. Observe bien les ergots de mon familier.

Locke se mordit l’intérieur des joues pour combattre la douleur et s’exécuta. Les ergots de la créature n’avaient rien de commun. Il s’agissait plus de crochets lisses et incurvés qui s’étrécissaient en pointes d’aiguille et, même avec les connaissances limitées de Locke sur les oiseaux de proie, cela n’avait pas du tout l’air normal.

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