Lazare en guerre – La Légion – de Jamie Sawyer

Il y a les pros, et il y a les opérateurs de simulants. Et, là-dessus, il y a la Légion de Lazare.

Salut à toi, naufragé ! Ici, l’Explographe.

Pour passer l’intro, rends-toi au premier titre « De quoi qu’on parle ? »

Journal de l’expédition Roselune. (Pour suivre le début de l’aventure, c’est par ici)

Jour 4 :

Nous quittons le village de Cing’lé à l’aurore. J’ai avec moi la précieuse prédiction de l’Oracle et nous nous enfonçons dans la jungle. Je connais bien le chemin et je nous mène donc d’un pas sûr entre les lianes et les nids de scorpion-libellules. (De vraies saloperies, ne surtout pas jouer au héros avec ces trucs.)

Seulement, le manque de drogue nous affecte durement. Tu te frottes nerveusement les bras et tique régulièrement d’un œil injecté de sang. T’as une sale tronche, naufragé. Moi, je me gratte le cou et frappe mes cuisses entre deux rires fiévreux. On doit ressembler à deux clochards complètement tarés. Je suis content que nous soyons seuls.

Nous arrivons enfin à la hutte du guide. C’est moche, pas besoin d’avoir fait bac + mes couilles en architecture pour s’en rendre compte. De la paille couverte de moisissures balancée sur une structure en bois branlante, imaginé et réalisé par un branleur. Voilà qui résume parfaitement « l’ouvrage ».

— Michel, t’es là ?

Ma voix se perd dans la jungle. Je sais qu’il se terre dans sa hutte parce qu’il y a de la fumée qui en sort.

— Michel, c’est l’Explographe !

Quelque chose remue dans l’entre du démon et un gros spécimen difficilement classable entre homo sapiens et homo erectus émerge en toussant. Il a le crâne chauve et le torse velu. Son tablier de cuir est maculé de sang séché. On dirait plus un boucher de l’inquisition de Spagne qu’un guide de montagne. Il nous dévisage de ses yeux porcins.

— Diantre, te revoilà enfin. En gâaaarde !

Il dégaine en gros couteau à viande.

— Michel, je suis venu en paix.

Il s’approche.

— Sus à l’ennemi, coquin, fripouille ! Tu m’as volé ma virginité !

Je lève les mains en signe d’apaisement. Tu me lances un regard outré par la nouvelle, naufragé. Fais gaffe, ça commence à devenir une habitude chez toi.

— De l’eau a coulé sous les ponts.

— Quels ponts, forban ?!

Bon, il est trop con. Changement de technique.

— Celle qui pleure sous la lune, Michel.

Il s’arrête net.

— Mais comment… ?

— Je suis magicien, je peux te dire pourquoi elle pleure.

Il me dévisage, suspicieux.

— Tu veux quoi en échange ?

— Traverser le temple de cuivre.

Il réfléchit. Ça à l’air d’être difficile pour lui.

— D’accord, dit-il finalement. Mais je veux aussi une chronique.

Mais qu’est ce qu’ils ont tous avec mes chroniques, bon sang !?

— Tu ne sais pas lire, Michel.

— M’en fiche, j’en veux une !

Je soupire en levant les yeux au ciel.

— D’accord, d’accord, marché conclu. Je te propose Lazare en guerre livre 2 : légion.

Titre : Lazare en guerre – La Légion

Auteur : Jamie Sawyer

Nombre de pages : 457

Ma note : 4/5

De quoi qu’on parle ?

 

Si tu n’as pas encore lu le premier tome, j’en parle ici. Car ça va spoiler de fou.

Le commandant Conrad Harris et son équipe SimOps ont réussi à revenir à Cap-Liberté avec le vaisseau du Directoire. Helios les a tous profondément marqués, mais c’est Lazare qui en reste le plus affecté, car il y a ramené un mince espoir de retrouver sa femme disparue, Elena.

Lorsqu’on lui propose une nouvelle mission afin d’étudier un nouvel artefact encore inconnu au cœur du Maelstrom, Harris se jette sur l’occasion et emmène avec lui la Légion de Lazare au complet. Seulement cette fois, il n’y a pas que les Krells…

De où qu’on est ?

 

La Légion est de retour dans le Maelstrom, mais encore plus loin. La zone où se trouve l’artefact, une grosse boule noire et menaçante, est proche d’une sorte de faille-trou-noir-je-ne-sais-pas-quoi dans l’espace qu’il ne faut surtout pas approcher. C’est beau avec pleins de couleurs, t’es à Disney, mais le truc de trucide si tu t’approches. Wala, c’est comme les cocktails à l’absinthe.

Ils ont avec eux une flotte de guerre prête à faire du mal. Et le mal, c’est mal, les enfants. Mais tu n’es plus un enfant, naufragé, alors ce déploiement de force te fera sourire et te procurera une grande joie à l’idée que des gens vont mourir…

Il faut que tu consultes un spécialiste. Tu comprends ça, naufragé ?

De qu’est-ce que j’en pense ?

 

Il est où le putain de tome 3 ?! Non, sérieusement j’ai préféré ce deuxième opus au premier. Déjà, parce qu’il tape moins dans le cliché « les z’américains c’est les plus forts et les z’arabes-asiats sont méchants ! » et ensuite parce que j’ai trouvé l’histoire franchement mieux foutue. Dans ce genre de livre, l’action c’est la base et là tu en as pour ton argent.

Les mecs n’ont strictement aucun respect pour la vie. Les scènes de combats sont épiques, les coups de putes au rendez-vous, les tensions entre équipes de simulants mettent du piquant, bref, une lecture beaucoup plus accrocheuse.

Tous les personnages évoluent et je me suis personnellement plus attaché à eux. L’auteur joue avec la santé mentale de Harris. Ça ajoute du mystère et de la tension bienvenue. Le gars ne veut pas lâcher sa meuf, c’est dingue. D’ailleurs, l’aspect psychologique des persos, déjà bon dans le premier, est encore mieux travaillé.

On en apprend aussi plus sur les bribes. La créature qui se planque dans l’artefact m’a juste traumatisée.

En point faible, je dirais que j’ai malheureusement vu venir quelques twists au niveau du scénario. M’enfin, entre deux grenades incendiaires, t’as pas trop le temps de chialer. Après, le fait que le Directoire asiatique soit un fdp qui torture pour le plaisir et n’a pas d’âme (contrairement aux nobles chevaliers caucasiens) est casse-couilles. L’auteur aurait pu nuancer la chose pour plus de réalisme.

Mais je ne vais pas te mentir, ce fut une très bonne lecture pour moi. J’ai adoré la fin qui m’a laissé en PLS. L’auteur te balance un de ces trucs, je n’étais pas prêt. J’ai tellement hâte de lire le tome 3… Bref, Lazare en guerre livre 2 : Légion, validé !

Voilà, si tu désir un avis contraire (un peu moins enthousiaste), il y a celui d’Apophis qui fait toujours un travail de malade, par-là

L’extrait express (si t’arrives à le dire cinq fois vite, tu gagnes une noix de coco) :

 

L’Interceptor fit feu.

De vives impulsions laser s’abattirent sur le verre et j’étais sans doute possible la cible.

Je pivotai et m’élançai sur la piste du Vautour.

Je courus comme jamais.

Le verre émit un craquement sonore : le couloir cédait tout autour de moi. L’atmosphère allait s’échapper dans quelques secondes.

Cours !

Dès que le verre se brisa, quelque chose clignota au bout du couloir. C’était la caisse de secours, pleine d’équipement de sécurité antivide. J’y trouverais un respirateur.

J’étais assailli par le bruit : la plainte aiguë du laser, le hurlement de l’atmosphère qui s’échappait, et même le bourdonnement pressent des moteurs de l’Interceptor.

Une ombre tomba sur moi et sur l’ensemble de la piste.

Continue ! Continue !

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