Lazare en guerre livre 3 : le Revenant de Jamie Sawyer

Il n’y a plus de soleil, rien que l’abysse d’Arkonus qui se gonfle d’une vie nouvelle. Il ressemble beaucoup à un glyphe Bribe : énorme, oppressant, il réclame la garde de ce monde.

Salut à toi, naufragé ! Ici, l’Explographe.

Aujourd’hui, on s’attaque à Lazare en guerre livre trois : le Revenant de Jamie Sawyer. Un final épique pour une très bonne trilogie de SF militaire. Les aventures de l’Explographe continuent également avec son combat contre l’ours-pieuvre !

Pour passer l’intro, rends-toi au premier titre « De quoi qu’on parle ? »

Journal de l’expédition Roselune. (Pour suivre le début de l’aventure, c’est par ici)

Jour 11 :

Le problème lorsqu’on est non violent c’est qu’on ne porte pas d’arme. Par chance, je ne suis pas non-violent. Je vois l’ours-pieuvre approcher et je dégaine d’un geste fluide mon couteau de chasse (en réalité, une machette que j’avais ramassée sur le cadavre d’un nazi, d’où la petite croix sur le manche).

La créature écume de rage. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi ces sales bêtes sont toujours de mauvais poil. Sûrement des frustrations venues de l’enfance, un problème d’Œdipe dû à une consanguinité extrême de la famille. Au fond, elles font le mal parce qu’on leur a fait du mal. Elles sont les victimes d’un monde cruel et froid où les petits oursons-pieuvres doivent se montrer impitoyables ou mourir.

Je bâille. Ces réflexions empathiques m’ennuient au plus haut point. Un tentacule me passe à quelques centimètres du visage et m’éclabousse de morve goût tellines. Là, ça commence à me casser les couilles. Les fruits de mer, c’est un truc que je ne supporte pas. Qui aime ça, sérieusement ? C’est comme les escargots…

Pas le temps, l’ours-pieuvre jette sa gueule sur mon petit corps huilé senteur musc. Bon, d’accord, la vérité c’est que je sens la pisse et la transpiration, mais ça n’a rien à voir avec la peur, OK ! J’esquive sa tête affreuse au ralenti. Nos regards se croisent ; ses yeux injectés de sang trahissent un fort désir sexuel. Je suis mal à l’aise. Je lui plante alors mon couteau dans la tempe et il s’effondre comme une masse au fond de la falaise.

Suivant ! Quoi, tu t’attendais à un combat long et épique, naufragé (e) ? Nous sommes sur l’île d’Aencre ; rien ne dure bien longtemps, ici.

Dans le feu de l’action, j’ai lassé ma machette dans le crâne de la bête. Ça me rend triste, c’était un objet à forte valeur sentimentale… Je soupire, au moins suis-je en vie. La kétamine me manque… L’adrénaline du combat m’a mis dans tous mes états et je sens venir la redescente. Je me sens seul…

— Je suis là, dit doucement Michel qui apparait en face de moi.

— Merci, Michel.

Il me fait un câlin, mais passe à travers mon corps. Peu importe, c’est le geste qui compte. Pour une fois, je n’ai pas envie de le tuer. Serait-ce de l’affection ? Ridicule, voyons ! Je ris de ma bêtise et secoue la tête. Ah, ce que je peux être con parfois.

Je regarde la paroi et aperçois une petite corniche non loin de moi. Une pause me fera le plus grand bien. Lorsque je m’assois enfin, je laisse mes yeux goûter cette vue comme nulle part ailleurs. Les féroces jungles m’apparaissent telle de la menue verdure et j’aperçois même la mer au loin, un long saphir sur son écrin de jade. La brume joue au-dessus des arbres que de longs fleuves séparent.  Le monde est à mes pieds.

Il me faut quelque chose d’épique à lire dans un pareil moment. J’ouvre ma besace, y farfouille un instant et en ressors Lazare en guerre livre trois : le Revenant de Jamie Sawyer. Oui, celui-ci fera parfaitement l’affaire.

Titre : Lazare en guerre livre 3 : le Revenant

Auteur : Jamie Sawyer

Nombre de pages : 432

Ma note : 4.5/5

 

De quoi qu’on parle ?

 

Comme il s’agit d’un tome trois, tu vas te faire méchamment spoiler avec méchanceté si tu n’as pas lu les deux premiers opus. Pas de panique, cependant ! (Si, si, inutile de nier, je sens que tu paniques.) Ma chronique sur le premier tome se trouve ici et celle sur le second, juste là.

C’est parti, ce soir on mange du krell !

Bon, toi-même tu sais, c’est tendu. Lazare n’a pas trouvé Elena, a perdu son poto ‘Ski et le Directoire lui a grave cassé les couilles. Pour couronner le tout, il est rentré pour découvrir Cap Liberté en ruine. Ouais, sale journée pour les SimsOps.

Du coup, bien décidé à récupérer Kaminski et à faire payer le Directoire, la légion de Lazare gaspille l’argent du contribuable en expédition soient-disant de sécurité. Ils finissent par retrouver leur copaing ainsi que le professeur Saul.

Jusque-là, tu te dis « mouais, et il y a des gens qui achètent ça ? ». Alors déjà, oui, parce que la couv’ est belle, OK ! Et la suite va t’en mettre plein les mirettes, naufragé (e). La légion de Lazare est rappelée sur Calico pour une mission hyper-méga-trop top secrète, mais ça tourne mal et ils se retrouvent isolés avec un unique vaisseau de guerre.

Il ne leur reste qu’une seule solution pour survivre et sauver l’Alliance : retrouver la flotte d’Elena en plein cœur du Maelstrom. Ta, ta, taaaa ! Alors, ça fait moins le fier, hein !?

 

De où qu’on est ?

 

On est en première ligne, naufragé (e), là où ça craint un max pour ta vie sociale. Heureusement, aucun de nous n’en a une. C’est pour ça qu’on peut se permettre de rush ce roman. Nous sommes des professionnels.

Géographiquement, le maelstrom est à l’honneur avec des vaisseaux fantômes et de la jungle. Je n’en dis pas plus, mais c’est stylé.  On a aussi quelques flashbacks, principalement sur Calico, et une belle surenchère pyrotechnique dans un monde-pôle nord #balancetonourspolaire.

 

De qu’est-ce que j’en pense ?

 

Quel final, naufragé (e) ! La petite larmichette est là. Ce troisième tome déborde d’action et de moments épiques. Lazare est plus torturé que jamais et prêt à tout pour retrouver Elena (ce type prend l’Amour beaucoup trop au sérieux. C’est limite de la névrose stade pas loin de finir P5). Le reste de l’équipe évolue également. Ils sont globalement bien plus matures et chacun porte en lui les stigmates du Rift de Damas.

Kaminski est traumatisé par son passage dans les geôles du Directoire, Jenkings se la joue pessimiste confirmée, Mason endure les pires trucs sans transpirer, au calme. Seul Martinez ne change pas trop, je trouve.

Il dégage de ce livre trois une aura sombre, presque du désespoir. Une lourdeur qui colle à merveille avec le scénario toujours aussi bien rythmé de Jamie Sawyer. Il y a moins de psychologie, peut-être, que dans les autres tomes, mais les enjeux énormes et l’ambiance couvrent parfaitement ce petit défaut.

Des nouveaux ennemis apparaissent, alliés avec les anciens qui refusent de mourir comme la bienséance l’exigerait. Encore une preuve de plus que les méchants n’ont aucun respect. Quel plaisir de voir des vilains à la hauteur de nos légionnaires. Les krells prennent également du galon avec des formes de plus en plus chiadées.

Cependant, pour moi, le meilleur reste l’affrontement entre les krells et les Bribes. L’organique contre la machine. Qui en ressortira « vivant » ? Hey, t’as vu mon jeu de mots ? Garde tes soupirs, il est très fin et élégant. Si, il l’est !

Bref, du nouveau matos, des gars super deters à gagner la partie, des surprises, du love et des coups de p…. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde et, pour moi, c’est une très belle trilogie qui s’achève. Petit point pour chipoter, le final, quoiqu’épique, manque de profondeur, je trouve. J’aurais aimé qu’il élargisse notre vision sur quelque chose d’énorme et de transcendant. Pardon, je quoi ? J’en demande trop ? Certes, certes.

Pour plus d’avis, voir l’excellente chronique d’Apophis et du nocher des livres.

 

L’extrait express (si t’arrives à le dire cinq fois vite, tu gagnes une noix de coco) :

 

On se déploie depuis la rampe de poupe du Jaguar.

Des balles sifflent, percutent la coque et ricochent à l’intérieur de l’habitacle. Entre ça et la neige, il est difficile de voir où on est, sans même parler de qui est là. On est accueillis par un véritable mur de blancheur, froide et impénétrable.

« On essuie des tirs nourris, signale le lieutenant James, qui pilote Sorpion-Un, notre appareil. Je ne pourrais pas rester bien longtemps sur place… »

[…]

Des simulants tombent autour de moi. Trois verts à ma gauche crèvent avant même qu’on ait quitté le foutu transport, déchiquetés par des balles perforantes à uranium appauvri.

2 commentaires sur “Lazare en guerre livre 3 : le Revenant de Jamie Sawyer

  1. Bon, je n’ai pas lu la revue pour éviter le divulgâchage (où notre Académie va-telle dégoter ce genre de mot-valise ?) (nos Immortels doivent eux aussi souffrir du manque de psychotropes, parfois…).
    Cependant il manque les liens pour les articles sur les deux premiers opus.

    Par ailleurs, je ne comprends pas ce que tu as contre les tellines. Bien préparé (sans le sable, notamment…) c’est succulent.
    Sinon, j’ai apprécié ton combat héroïque. Et l’apparition de ce brave Michel.

    Bonne continuation !

    1. Divulgâchage ? On entre là dans le côté sombre de la langue française, où les esprits malins se tapissent pour nous surprendre avec des sonorités étranges et démoniaques et que… Oui, je m’égare, en effet^^

      Tu as bien fait, et par l’enfer, le problème est je pense résolu. Hum, mes personnages déteignent sur moi…

      Haha, mauvaise expérience culinaire dans le sud, effectivement. :p Les premières impressions ont la vie dure. Merci, ce ne fut pas de tout repos, mais cet ours-pieuvre n’avait qu’à biens se tenir ! Content que ça t’es plus^^

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *