Des horizons rouge sang de Scott Lynch

La folie furieuse est un état de béatitude éclairée comparée à votre cas. Les types qui vivent dans les caniveaux et boivent leur pisse vous fuiraient comme la peste. Vous êtes complètement malade.

Loke Lamora à l’Archon de Tal Verrar.

Bonjour, naufragé ! Ici l’Explographe.

Je ne sais pas pour toi, mais moi j’adore le mois de novembre. Les couleurs, la lumière, les vagues sur la pla….on s’en bas les couilles ?

Ok, donc parce qu’on est échoué sur une île, les règles de politesse de base ne s’appliquent plus ? Très bien, on passe donc directement au livre du jour. Moi, vexé ?! Je t’assure que non, mais tu le regretteras cher, très cher. Un accident est si vite arrivé sur les rivages d’Aencre…

 

Titre : Des horizons rouge sang

Auteur : Scott Lynch

Nombre de pages : 761

Ma note : 4.5/5

De quoi qu’on parle ?

 

Laisse-moi te présenter le tome 2 des salauds gentilshommes, appelé affectueusement « Des horizons rouge sang ». Si tu n’as pas encore lu le premier ou que tu hésites, je tente de te convaincre dans cet article ici

Car cette série est juste géniale.

Spoiler alert !

Le premier tome nous avait laissé avec une bande décimée et un Locke Lamora mal en point, forcé de fuir Camorr après la mort du roi gris et la torture du mage esclave. Mais Locke et son fidèle compagnon, Jean Tanen, n’ont pas dit leur dernier mot.

Ils accostent à Tal Verare, l’archipel magnifique de l’Archon. Là où les artificiers et les riches marchands prospèrent, ainsi que les casinos. Ce sont ces derniers qui vont intéresser nos deux voleurs et surtout un en particulier, le plus luxueux des établissements de jeux : l’aiguille du péché. Ils vont donc monter un plan comme seuls les salauds gentilshommes savent les faire et tenter le casse du siècle, le défi de toute une vie.

Malheureusement, les mages-esclaves n’ont pas oublié et vont leur casser les couilles en les entrainant dans un jeu mortel contre des adversaires bien plus puissants qu’eux (ben oui, sinon c’est pas drôle).

 

De où qu’on est ?

 

L’univers des Salauds Gentilshommes est de type fantasy inspiré de la Renaissance. Il y a beaucoup d’alchimie, mais peu de magie en tant que telle. On peut y trouver des créatures fantastiques, même si c’est plutôt rare. Ce qui rend ce monde vraiment unique, ce sont les vestiges d’une ancienne civilisation maintenant disparue dont la matière semble indestructible ; le verre d’Antan.

Tal Verar est un archipel tropical sur la mer de Bronze. Le climat est chill, la faune de ouf stylée et la majorité des habitants plutôt aisés. Bref, t’es en vacances, naufragé. Pas comme sur cette maudite île de mes c….., enfin, passons.

 

De qu’est-ce que j’en pense ?

Personnellement, ce tome deux m’a littéralement époustouflé. Que ce soit la narration, toujours aussi bonne, ou le scénario qui nous emmène dans des situations imprévisibles, je suis resté accroché à ce livre. Bon, en vrai j’ai quand même fait des pauses pour dormir. Je sais, c’est mal… Arrête de me juger, maintenant… Si, tu me juges ! Je les vois, tes petits yeux désapprobateurs. Tu es comme tous les autres avant toi, tu… Hum, pardon. Ça m’arrive parfois. Je reprends.

Une partie du roman se passe en mer et l’auteur a fait un vrai travail de recherche sur le vocabulaire maritime. Ça fonctionne, on a l’impression d’être sur un brick de pirates, les cheveux au vent et les mains dans les cordages.

Les scènes de jeux en casino sont aussi bien faites et souvent originales, comme ce combat d’un jeune noble endetté qui doit se battre contre des guêpes de la taille d’un poing dans une cage à filets. L’auteur nous montre tout un microcosme de démesure, mais souvent sans pitié.

Côté nouveaux personnages, il y en a un paquet qui mériteraient leur place dans cet article. Mais disons qu’il y en a deux que j’ai particulièrement apprécié.

Sélandri, la majordome de Requin (le maître de l’Aiguille du péché), pour son style et son côté froid qui lui va si bien. Elle a eu un accident qui lui a brulé la moitié du corps, du coup elle porte un demi-masque pour cacher ses brulures ainsi qu’une prothèse spéciale tueur en série. J’aime le contraste entre ce qui lui reste de sa beauté hors du commun et son armure. Cela image parfaitement sa personnalité impitoyable, mais pourtant humaine (bon, faut très bien chercher, mais voilà).

Le second personnage n’est autre que la flamboyante capitaine pirate Zamira Drakasha. Avec sa peau d’ébène et ses aires de Jack Sparrow, elle impressionne tant par son caractère bien trempé que par son style de badass. C’est aussi une mère et elle protège son équipage comme elle protège ses enfants. En combat, elle est capable d’affronter cinq hommes de front sans problème et en mer, il n’y a pas meilleur marin qu’elle. Elle connait l’océan comme sa poche et son intelligence fait d’elle une survivante. Bref, faut pas lui faire chier, mais si t’es pas trop con elle acceptera le dialogue. De loin mon personnage préféré, après maître Lamora, bien sûr.

Pour conclure, l’univers est plus vivant et cohérent que jamais. J’ai aussi adoré le décor de ce tome 2 qui m’a souvent fait penser à celui d’un Assassin’s creed Black flag avec des clins d’œil au steampunk. Bref, encore une fois, de la qualitey de la part de Scott Lynch.

 

L’extrait express (si t’arrives à le dire cinq fois vite, tu gagnes une noix de coco) :

 

— Je ne connais ni maître ni seigneur. Je hisse le pavillon rouge quand j’ai faim et un pavillon de complaisance quand je suis repue. Je n’ai qu’un seul port d’attache : Port-Prodigue, dans les vents fantômes. Nul autre endroit ne veut de moi. Nul autre endroit n’est sûr. Si vous voulez rester sur le pont, il faut accepter ce risque. Je sais que certains d’entre vous ne comprennent pas. Pensez au monde. Pensez à tous les endroits du monde à l’exception de ce navire, à l’exception d’un misérable petit port perdu qui n’est rien d’autre que le trou du cul de cette planète. Voilà à quoi vous renoncez. À toute chose, à toute personne, à tout endroit.

Capitaine  Zamira Drakasha sur le pont de l’Orchidée – Poison

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *