Ecosphère – le laboratoire englouti de Chlodion Gossart

— Deux Affinités… Un grand chapeau de pirate… Vous devez être Leily Stirner, le capitaine de la Rose noire, dit la Gardienne.

Salut à toi, naufragé ! Ici, l’Explographe.

Nous nous retrouvons sur ce saint blog, réunis par ce beau jour de janvier, en quête d’un sens profond à notre existence insipide et douloureuse, deux qualités qui n’ont jamais vraiment su nous convaincre de leur vertu.

Cthulhu, notre Seigneur à tous, entends nos prières. Amen.

En attendant que le vieux nous réponde, je vais te parler d’une novella jeunesse et steampunk prometteuse ; Ecosphère tome 1 de Chlodion Gossart. Oui, parfois je lis du young adult. Il n’y a pas que la débauche et le meurtre de sang froid dans la vie. Enfin, c’est ce que ma maman me disait quand je faisais une bêtise, mais passons… Faisons place aux aventures de l’Explographe !

Pour passer l’intro, rends-toi au premier titre « De quoi qu’on parle ? »

Journal de l’expédition Roselune. (Pour suivre le début de l’aventure, c’est par ici)

Jour 21 :

Lorsque je me réveil, bien emmitouflé dans ma couverture moisie sous la tente commune, une bonne odeur de feu de bois m’effleure les narines. Je m’étire et sors à la lumière du jour naissant.

Le soleil crève l’azur terne comme l’œil de Méduse et fige le panorama non pas dans la pierre, mais dans l’étincelle de la plus grande des âmes ; celle de Dieu. La canopée même se confond avec l’océan lointain dans le chatoiement. Ouais, c’est pas dégueulasse, quoi.

Michelle et toi vous affairez autour du feu où quelque chose semble y mijoter.

— Explographe, enfin ! Tu veux du café ?

— Je…oui, bien sûr ! Comment avez-vous fait pour en trouver ?

Cette nouvelle m’emplit pour une fois de sincère joie.

— Mais on n’en a pas trouvé. C’est une blague !

Ils rient comme si nous étions une famille heureuse, aisée et insouciante en camping de vacances. De mon point de vue, c’est très clair : je vais tous les jeter dans le ravin puis pisser du haut de la falaise afin que leur chute soit accompagnée comme elle se doit. Oui… Qu’il sera doux le son de leurs os se brisant contre les rochers escarpés.

— Naufragé, Michelle, vous êtes solennellement des énormes fils de putes. Voyez mon sourire doux et béat comme l’expression malhonnête de mon irrépressible désir de vengeance. Je n’ai hélas dans ma courte vie qu’eut trop peu d’occasions d’avoir des relations sexuelles avec des cadavres, mais je compte bien rattraper le temps perdu avec vos dépouilles.

Vous me lancez un regard entendu. Je passe pour le ronchon de service de ces sitcoms à la con. J’arrive presque à entendre les faux rires en fond sonore.

— Allons, Explographe, tu n’es pas le seul à posséder un sens de l’humour acéré.

— Non, je le reconnais. En revanche, j’ai une machette très bien aiguisée.

— Ah, tu n’as pas perdu ta verve, ma parole ! Hahaha !

Bordel, mais je suis où, là ? On dirait que je rêve tellement cette scène me parait incroyable. Pousser à bout un psychopathe notoire comme moi reste très dangereux, et ils le savent. A quoi jouent-ils, ces allumés ?

Je comprends lorsque je me réveil, cette fois pour de vrai. Il n’y a pas de rayon de soleil, pas de café et pas de feu de bois.

Fais chier.

Le vent hurle et s’engouffre à l’intérieur par un pan détaché de la tente qui claque sèchement. J’aperçois les restes du feu qui rougeoient dans la nuit.

Le sommeil m’a déserté alors je me lève. Je m’assois près des pierres encore chaudes et taquine les braises avec un bâton. Michelle apparait soudain à côté de moi.

— Explographe, j’ai vu que tu ne dormais pas.

— Impressionnantes déductions, Michelle.

Il me sourit comme un enfant qui vient de réussir son premier caca. Affligeant, putain.

— Je voulais te parler d’une chose. Hier, tu m’as confié vouloir te rendre dans le songerêve pour y dérober quelque objet. Puis-je savoir lequel ?

— Ce n’est pas un objet.

Michelle fronce les sourcils.

— Ah, euh, alors quoi donc ?

— Tu te souviens lorsque nous avons passé ce marché, près de ta hutte ?

— Oui, Celle-qui-pleure-sous-la-lune, murmure-t-il.

— Voilà. Eh bien, j’ai un peu menti. En réalité, je ne connais pas son nom, mais simplement son visage. Je comptais t’arnaquer une fois de plus, mais hier lorsque tu as parlé sérieusement du songerêve, je me suis dit que peut-être…

— Tu veux dérober un souvenir au songerêve. Tu es complètement fou, Explographe.

— Je n’ai jamais fait les choses bien entre nous. J’ai… Je ressens peut-être le besoin de me racheter.

J’ai honte de l’avouer, je tiens à le préciser. Parfois, c’est juste le bon endroit au bon moment. Michelle me sourit comme la tanche qu’il est.

— J’ai toujours cru en toi.

— Ça va, ferme ta gueule, l’ectoplasme. Je le fais uniquement pour ma conscience. Marcher conclu ?

— Marcher conclu !

— Bien. Maintenant, passe-moi ce livre à côté du sac. J’ai besoin de me détendre.

— Ecosphère – Le laboratoire englouti ?

— Oui, de Chlodion Gossart.

 

Titre : Ecosphère-le laboratoire englouti

Auteur : Chlodion Gossart

Nombre de pages : 55

Ma note : 3.5/5

De quoi qu’on parle ?

Dans le monde d’Excelior, tu as deux sortes de gens ; ceux qui ont une Affinité et ceux qui n’en ont pas. Arane n’en a pas, alors elle crée de bidules mécaniques pour se détendre. Il faut dire qu’elle s’emmerde un max dans son petit village.

Seulement, la jeune fille est spéciale et son destin va se lier à la princesse des pirates en personne en quête d’une mystérieuse boule de métal appelée l’écosphère !

De où qu’on est ?

Le monde d’Excelior mélange technologie et villages ruraux sans aucun respect ce qui donne plus ou moins du steampunk.

Une catastrophe terrible marque encore les esprits des habitants de ce monde. Une intelligence artificielle nommée « programme Jénius » péta un câble et il fallut la plus puissante des alliances pour la stopper et l’enfermer au calme. Il y eut des morts et pas que par des tirs de LBD/gli-f4.

Il y a ensuite les Affinités. Ce sont des marques de naissances liées aux quatre éléments qui donnent des pouvoirs vraiment stylés, comme de contrôler des racines ou des vagues. (Si, c’est utile. Lis le livre au lieu de parler, stp.)

De qu’est-ce que j’en pense ?

L’univers est original avec ce mélange de technologie et de moyen-âge. Ça m’a rappelé Dofus, mais en plus polarisé sur la technologie.

Le système de magie, certes assez classique, reste néanmoins très bien utilisé. Il colle parfaitement aux décors colorés et animés d’Excelior.

Les personnages sont le gros point fort du récit pour moi. Leily Stirner, la pirate intrépide aux deux Affinités, reste ma préférée. Elle est audacieuse, intelligente et charismatique ce qui la rend très dangereuse. Pour autant, elle possède un sens de la morale et se refuse à tuer. Va comprendre, lol, tuer c’est pourtant relaxant. En tout cas, je l’aime bien.

Arane est une jeune femme très humaine. Son intelligence ne fait aucun doute et ses capacités d’ingénieur la rendent très autonome. Cependant, j’ai préféré son adversaire féminin. (Les pirates, tu peux rien contre.)

Il y a beaucoup d’autres personnages cool, mais je vais en mentionner un dernier que j’ai bien aimé. Il s’agit du meilleur ami d’Arane ; Zael, le soldat de la ligue verte.

Avec sa nouvelle armure cracheuse de feu, ce gars à l’honneur d’or n’a aucun respect pour sa sécurité et ça, je respecte ! J’ai apprécié ce garçon naïf sur les bords, mais courageux.

Pour les points négatifs, vu que c’est un premier roman et en auto éditée, la qualité de correction n’arrive pas au niveau des maisons d’édition. Pourtant, s’il y a quelques fautes de grammaire et de conjugaison par-ci, par-là, les fautes d’orthographe restent rares.

Le style se cherche aussi un peu parfois, notamment dans les répétitions, mais rien qui ne vient fondamentalement gâcher la lecture.

Pour résumer, si tu aimes le young adult ou que tu veux faire découvrir la lecture à ton gosse qui ne jure que par PUBG, je te conseille cette novella. Le format court passe très bien et le rythme ne laisse aucun temps mort. Un premier tome prometteur.

L’extrait express (si t’arrives à le dire cinq fois vite, tu gagnes une noix de coco) :

En mauvaise posture, la pirate se réfugia derrière un robot domestique solidement exposé. Tandis que l’escouade la pilonnait sans relâche, elle consulta la montre à gousset. Et voyant l’heure, elle décida de prendre la fuite en empruntant la passerelle qui permettait d’admirer le grand vitrail. Mais six autres Gardiens firent irruption depuis l’extrémité opposée, ils étaient ceux rencontrés à l’entrée du Mémorial. Les autres assaillants les rejoignirent et la Princesse des pirates se retrouva encerclée.

 — Je le savais qu’elle était louche ! Capturez-la ! cria la cheffe d’équipe.

Leily se contenta de répondre par un léger sourire. Pas une once de peur ne transparut de son regard alors que le groupe entier fonçait sur elle. Son plan se déroulait comme prévu : à 19 heures pile, un coup de canon résonna au loin, accompagné d’un bruit strident de boulet fonçant à pleine vitesse. L’instant suivant, le grand vitrail vola en éclat à travers tout le Mémorial. D’un bond, la pirate grimpa sur la rambarde de sécurité.

 — Qu’est-ce que vous comptez faire à cette hauteur ? Huit étages nous séparent du sol !

 — Faites comme moi, ouvrez les yeux et laissez-vous surprendre… dit calmement Leily, avant de faire un saut dans le vide.

 

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