Comment rester motivé à écrire et devenir productif ?

Salut à toi, naufragé ! Ici, l’Explographe.

T’es-tu déjà dit que ta vie n’avait aucun sens ? Que tu n’étais qu’une merde soumise à la procrastination et au fantasme d’une existence meilleure ?

Parfait.

Après une petite pause, je reviens en force dans ma série sur l’écriture pour te proposer mon top 8 anti-glandage pas piqué des hannetons. (Oui, j’utilise des expressions antédiluviennes démodées. Non, je n’ai pas honte.)

C’est parti !

Dans ta quête pour écrire le meilleur roman du monde (1, 2, 3, 4), tu ne vises pas un minable Harry Potter et autre bâclé de l’imaginaire comme le Seigneur des Anneaux. Toi, t’es pas un glandeur donc tu bosses !

Enfin, là, t’es en RTT spirituel, mais après ta convalescence tu vas tout niquer. Même Macron ne va rien comprendre.

Voilà donc les huit conseils dont tu n’as pas besoin :

1) Écris tous les jours

Le premier conseil que tous les fdp pseudo-écrivain donnent sur leur blog. Le pire. Une honte pour la profession. J’ai même entendu quelque part qu’il serait dangereux pour la santé, car ça épuiserait les couilles de la créativité. Un médecin réputé dans un village d’Ouzbékistan aurait même lancé une pétition. Non, vraiment, c’est chaud.

Le truc, c’est que par mon expérience, je ne connais pas de moyen plus efficace pour améliorer sa rapidité d’écriture tout en gardant la qualité de sa prose. La répétition journalière développera chez toi des automatismes sains ainsi que des patterns de travail personnels qui t’aideront à développer ton propre style d’écriture.

Un entrainement bien fait peut se résumer ainsi : la quantité amène mécaniquement la qualité pour peu qu’on le fasse de manière délibérée, c’est-à-dire en restant sans cesse dans la difficulté saine.

Pour peu que tu n’oublies pas de prendre le temps de repérer tes erreurs et de les corriger (voir point 7), l’écriture journalière reste le plus sûr moyen d’achever ton projet littéraire.

2) Coupe-toi des distractions

Dans Deep Work, Cal Newport explique qu’il est indispensable de s’isoler dans un endroit loin des distractions afin d’entrer en « travail profond ». Le travail profond (travail de très grande concentration) permet une production intellectuelle de qualité supérieure ainsi qu’une rapidité d’exécution plus élevée.

Et la qualité, on l’a dit, représente notre saint Graal. Il faut donc nous aménager un espace de travail adéquat. La règle est simple : pas de distraction. On passe donc notre smartphone en mode avion, on désactive les notifications Windows (ceux sur mac, allez bruler en enfer. Bisous.) et on active le contrôle parental afin d’éviter toute tentation interdite aux moins de dix-huit ans. Non, pas d’exception pour toi !

Du fait de son intensité, la session d’écriture ne pourra pas durer très longtemps. Les meilleurs tiennent jusqu’à quatre heures d’affilée. Pour débuter, on conseille quarante-cinq minutes sans interruption. Ça peut être moins en fonction de tes besoins ; il ne s’agit pas d’un concours de mérite. Cependant, taquine du mieux que tu peux tes limites avant de t’accorder une pause. Cette dernière reste indispensable. Ton corps n’est pas une machine et tu dois lui permettre de souffler, quitte à reprendre ta session plus tard.

3) Crée un rituel d’écriture

Toujours dans Deep Work, l’auteur nous invite à mettre en place un rituel d’écriture. Il ne s’agit pas de prendre le plus chiant de tes petits frères et de lui ouvrir le cœur au stylo en évoquant les passages les plus sombres du Nécronomicon, rassure-toi. Si toutefois tu en ressens le besoin, consulte un spécialiste sans tarder.

Le rituel a pour fonction d’associer un état émotionnel particulier à un comportement. On y parvient en exécutant une séquence précise d’action dans un contexte donné. Par exemple, lorsque l’on se signe avec de l’eau bénite avant de pénétrer la nef d’une église, c’est une forme de rituel qui influence notre état d’esprit.

On veut utiliser ce principe pour créer un ancrage émotionnel qui invoquera le mode « OK, maintenant je me concentre et j’écris ». Pour cela, les symboles mais surtout la répétition sont primordiaux.

Moi, je rentre dans ma chambre, ferme la porte (même s’il n’a personne), m’assois à mon bureau, allume mon ordinateur et passe tous mes appareils en mode avion. Cette séquence précise répétée dans l’ordre sans exception fait que rapidement mon cerveau, lorsqu’il la repère, reconnait et se prépare au travail de l’écriture qui l’attend sans que j’aie besoin de m’y plonger de force.

Cela peut très bien être une musique particulière que tu écoutes avant ou pendant ta session, un t-shirt que tu portes uniquement lorsque tu écris, un recoin sombre du même café où tu t’isoles avec des écouteurs ou bien autre chose. Il faut que tu te sentes à l’aise dans ton rituel et surtout qu’il fonctionne pour toi.

Dis comme ça, cette pratique semble étrange. Cependant, lorsque tu réaliseras les énormes avantages qu’elle apporte, tu ne pourras plus t’en passer ! It is science, bitch.

4) Assigne-toi des objectifs hebdomadaires

Un projet littéraire, c’est comme une campagne militaire ; ça se prépare. Se lancer dans la bataille en formation « au petit bonheur la chance » reste le plus sûr moyen de se prendre du calibre lourd dans la tronche.

On entend souvent qu’il faut s’astreindre à un nombre de mots précis par jour. Personnellement, je préfère penser en semaine (même si cela revient au même). En effet, certains jours je n’ai pas le temps d’écrire mes cinq-cents mots. Ce que je fais, c’est que j’en écris mille le lendemain, ou le surlendemain, bref, quand j’ai le temps. Le plus important, c’est d’en écrire trois-mille-cinq-cents par semaine. Généralement, j’écris beaucoup le week-end et moins durant les jours de travail. Ainsi, je ne me stresse pas inutilement.

Deuxième chose : je respecte mes objectifs à la ligne. Cela signifie pas plus de trois-mille-cinq-cents mots par semaine. Tu te dis sûrement ; « mais t’es complètement con, espèce d’énorme fils de pute ! Avance le plus vite que tu peux ! » Alors déjà, tu es grossier, et ensuite, l’important ici est d’installer une discipline à toute épreuve et donc de s’en tenir au plan. Je peux toujours durcir mon objectif s’il devient trop facile. Le cerveau aime bien les récompenses. Alors lorsqu’il réussit un objectif, loin d’en profiter pour l’assommer avec plus de travail, je l’autorise à profiter de sa victoire et à se détendre.

Les objectifs hebdomadaires incluent également l’apprentissage et la formation à l’écriture (très important) ainsi que la construction de l’univers et du scénario de mon futur roman. Par exemple, lorsque je couche mes idées d’intrigues et peaufine mes personnages, je n’écris pas cinq-cents mots par jour.

Je me fixe tout de même des objectifs concrets et mesurables. C’est très important. On oublie donc les « écrire le plus possible » et autres « trouver des idées pour le livre ». On veut des choses claires, du genre « terminer le chapitre 9 » ou « créer les quatre membres de la famille Sombrecouilles ».

Dernier conseil : n’hésite pas à revoir tes objectifs à la baisse s’ils se révèlent trop durs à réaliser. Le plus important est de réussir à les compléter afin de rester motivé. Pense long terme !

5) Réalise un plan de ta session d’écriture avant de te lancer

Pour aller encore plus loin et t’éviter de nombreux cafouillages dus à un manque de direction, prépare les grandes lignes de ta session du jour en avance.

Tu peux le faire à la fin de chaque session pour la session suivante ou juste avant celle-ci, mais l’intérêt principal de ce système est de pouvoir rester agile dans ton travail.

Un plan trop rigide te prendrait du temps à réaliser et se révélerait handicapant en cas d’objectif raté. Et crois-moi, tu vas en rater et ce n’est pas grave du tout. Souvent, on découvre en cours de route des problèmes auxquels on n’avait pas pensé. On est alors obligé de les résoudre pour passer à la suite et cela prend du temps, beaucoup de temps. Ce système permet d’optimiser tout ça « en temps réel ».

Pour reprendre un exemple du point 4), imaginons que tu dois terminer le chapitre 9 cette semaine. Malheureusement, ce fdp se révèle plus compliqué que prévu. Après modification de la première scène du chapitre, il te manque des informations historiques sur l’invention du vibromasseur. Tu passes outre, mais il va bien falloir te renseigner. Plot twist, ta session s’arrête maintenant. Tu planifies donc tes recherches pour la prochaine fois. Zbraaaa ! T’es organisé et tu n’oublieras pas ce détail dans les méandres insalubres de ton cerveau rongé par la drogue dure et les séries Netflix sans intérêt.

6) Partage ton travail autour de toi afin d’obtenir des retours constructifs

Pour un écrivain en herbe, une merde qui débute comme nous, une de nos plus grandes peurs reste le fait d’exposer notre travail au monde. On s’imagine des hordes de haters nous harceler, des fans hystériques à peine pubères nous exhorter jour et nuit au péché de la chair. Il n’en est rien. Tout le monde s’en bat les couilles. Je répète : tout le monde s’en bat littéralement les couilles.

Tous ? Non, une bande d’irréductibles héros vont aimer et prendre le temps de t’écrire un commentaire. Et ça, naufragé, ça te donnera la pêche ! Plus important encore, ces retours te seront très précieux pour t’améliorer et mettre en lumière les erreurs que tu ne vois pas. Cet exercice te demandera beaucoup d’humilité et de discernement, mais te fera avancer à pas de géant.

Si tu ne fais pas confiance à internet, par peur de vol ou autre, trouve au moins quelques personnes de confiance avec qui partager tes écrits. On appelle cela des bêta-lecteurs et ils sont indispensables à tout projet littéraire de qualité. Garde tout de même à l’esprit que le vol de roman est rare, car peut profitable la plupart du temps.

Mes sites préférés sont Wattpad, Scribay et 404 Factory.

7) Apprend tous les jours à mieux écrire

De plus en plus de gens réalisent l’importance de se former lorsque l’on veut écrire sérieusement. Pendant longtemps, il y avait cette idée en France de l’artiste maudit. Tu sais, l’écrivain pas très bien dans sa peau, mais régulièrement pris d’un excès de génie et qui te pond un chef-d’œuvre de l’espace. Certains possèdent le Talent et d’autres pas. C’est divin, génétique, bref, rien à voir avec un quelconque apprentissage. On ne contrôle pas l’Art, l’Art nous contrôle et il choisit avec minutie ses champions.

Cette vision romantique du métier d’écrivain ne convainc pas les nouvelles générations, notamment anglo-saxonnes. Comme le peintre apprend le trait, les tons et les couleurs, l’écrivain apprend la grammaire, le style et les structures scénaristiques.

Pour cela, il est très important que tu te formes, au moins aux bases. C’est d’ailleurs modestement le but de ces articles.

Les podcasts comme « Procrastination » sur Elbakin.net ou encore les chaînes YouTube du genre Tale Foundry ou encore Le Tropeur sont d’une aide précieuse. Il suffit de chercher pour tomber sur du bon contenu gratuit. Il y a également le contenu payant. Le gros avantage de ces formations, c’est qu’elles te permettent de gagner du temps. Les conseils y sont souvent de qualité et délivrés par un artiste reconnu. À toi de voir, donc. N’oublie pas que tu peux tout trouver gratuitement en ce qui concerne les bases si tu t’en donnes les moyens.

8) Prépare-toi à échouer

Je termine ce top par une question. Pourquoi écris-tu ? Généralement, c’est pour un combo de type gloire/expression/thune. (Il y en a d’autres, mais c’est celui que je rencontre le plus.)

Tu vas me rétorquer que non, tu le fais uniquement par passion. Le truc pratique avec ce genre de mots flous au possible, comme instinct ou réussite, c’est qu’ils te permettent d’y foutre n’importe quoi dedans sans plus de justification. Un exemple : je ne comprends pas pourquoi ce chat fait cela.  Bah, c’est l’instinct ! Simple, net et rapide.

Tu vois où je veux en venir ?

Nous sommes les premiers à nous mentir. Nous écrivons pour différentes raisons, souvent les mêmes. Pour moi, il est important de s’astreindre à une petite introspection sur le sujet afin d’être au clair avec soi.

Écrire pour l’argent ? Oui, pourquoi pas, je désire vivre de mon art afin de l’exercer. Rien de plus normal. Devenir riche ? Un putain de mauvais calcul en ce qui concerne la littérature. Tradeur ou politicien, ça paie mieux. Enfin, je dis ça, je ne dis rien. Il faut cependant te mettre au clair avec cette question.

Écrire pour la gloire ? Gros sujet dans le monde de l’Art en général. La réponse « une minute au micro-ondes » : oui. Je veux rayonner, impressionner le monde et que le monde me le montre. C’est humain, il n’y a pas de honte à cela. Il reste néanmoins sage de tempérer ce besoin de reconnaissance pour ne pas en dépendre totalement.

Écrire pour s’exprimer ? Oui, c’est l’essence même de l’Art. Cela ne signifie pas que tout artiste est déprimé, mais simplement qu’il ressent ce besoin irrépressible de voyager et de le partager avec les autres. Le voyage, dans ce cas précis, désigne notre désir d’être compris, de proposer une vision, de s’autoriser une place dans le monde, bref, de rendre notre exploration tangible.

« Pourquoi me racontes-tu cela, Ô grand Explographe ? »

Parce que tu échoueras, parce que nous échouerons tous.

Détends-toi. Ce n’est pas la fin du monde, mais simplement une réalité statistique. Il y a quelques façons de réussir et des milliers d’échouer. Inutile d’être un génie pour comprendre. Mais, car il y a un gros « mais », cela ne le signifie pas que tu ne réussiras jamais. Rappelle-toi que les victoires sont décisives, les échecs une manière d’apprendre à corriger le tir.

C’est là que la première partie de ce point numéro huit prend tout son sens. Si tu ne sais pas pourquoi tu écris, tu risques de te briser sur les récifs de l’illusion. Croire en ses rêves ne veut pas dire croire que ces rêves seront faciles à réaliser.

Accepter l’échec comme faisant partie du processus te dotera d’une force nouvelle. Tu ne seras pas surpris, tu te remettras plus rapidement en selle. Tu placeras moins d’égos dans tes écrits, car tu sauras que cela te freine.

Accepte l’écriture comme un apprentissage, ton apprentissage.

Le mot de la fin

J’espère que cet article t’aura aidé. J’y ai mis mon ressenti, mon point de vue. N’hésite pas à collecter d’autres opinions différentes afin de te faire ton propre avis sur les questions de motivation et de productivité.

Je serais aussi très curieux de savoir ce que tu en penses et pourquoi tu écris.

Sur ce, à ton clavier, stylo ou plume, que ton roman commence !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *