Améliorer son style d’écriture, feat Stephen King.

Salut à toi, naufragé ! Ici, l’Explographe.

On se retrouve pour un nouvel article de ma série sur l’écriture. Aujourd’hui, je voulais aborder avec toi un sujet un peu plus terre à terre, c’est-à-dire des conseils de style.

Je tiens à te le préciser, je ne parle pas en maître à son esclave, mais en apprenti partageant ses astuces et enseignement d’auteurs bien plus grands que moi.

Car chaque jour, nous nous levons et lisons nos textes en pleurant devant leur médiocrité stylistique. Nous nous disons que nous sommes des génies incompris, que la langue française échoue à reproduire toute la magnificence de nos idées.

Ou alors, nous sommes des tanches…

Impossible ! Cependant, dans le doute, nous tapons « conseils d’écriture » dans google. C’est ainsi que tu te retrouves ici, naufragé.

Bienvenue !

Voici donc les principes que j’essaie moi-même d’appliquer dans mes écrits.

1) Ne mélange pas paragraphe d’action et de description.

Tu le sais, naufragé, on fait des paragraphes afin de rendre la lecture plus digeste et compréhensive. Dans ce but là, il se trouve une règle simple et très utile. Cantonne tes descriptions à un paragraphe, obligatoirement, ne les mélange pas avec de l’action.

Par exemple, ton héros arrive dans un village. Tu décris ce qu’il y voit dans un paragraphe (des maisons, des soldats et des tritons de pluton), puis tu presses « enter », à la ligne, et racontes alors ce qu’il fait (il se tourne vers son fidèle canasson et s’étonne de voir des enfoirés de tritons ici, dans un village terrien. Il décide d’aller leur casser la gueule et charge ces fdp de l’espace).

2) Prête attention à ta ponctuation.

La ponctuation optimale fait toujours grand débat dans la pratique. Il y a des règles que tu connais sûrement, cependant tout cela est parfois affaire de goût et de style. Voici quelques trucs que j’aime respecter.

  • Place toujours une virgule après un « mais » (ou son équivalent), à plus forte raison s’il marque une opposition. Par exemple, « Elle a envie de sortir, mais son ravisseur triton n’est pas chaud. » L’exception à la règle concerne les phrases très courtes. Par exemple, « Jean-Louis est triton mais gentil. » Dans le doute, balance une virgule.

     

  • Ne mets pas de majuscule au début d’une incise dans un dialogue. Par exemple, « — Ma personne est sacrée ! s’exclame Mélenchon, le roi des tritons. », et non pas « — Ma personne est sacrée ! S’exclame Mélenchon, le roi des tritons. » Il y a des exceptions, mais on entre dans des choses plus techniques. En appliquant cette règle, tu auras raison quatre-vingt-dix pour cent du temps.

     

  • Fais particulièrement attention à l’emploi de tes virgules lorsque cela peut changer le sens de ta phrase. Par exemple, entre « On mange, les enfants ! » et « On mange les enfants ! » il y a une grande différence. Dans un cas, ce n’est pas très malin, car on se retrouverait probablement en prison privé de notre plat favori. Ne plus pouvoir manger ce (ceux) qu’on aime est inhumain.

3) Garde tes phrase courtes.

J’ai personnellement tendance à ne jamais terminer mes phrases. Cela rend malheureusement la lecture pénible et parfois même obscure. En raccourcissant tes phrases, ton texte sera plus dynamique, clair et percutant. Par exemple, « Macron serre la main de MBS avec qui il a un contrat d’armes juteux qui lui rapportera de quoi soudoyer le sénat triton afin de consolider son pouvoir qu’il espère un jour sans limites. » se transforme magiquement en « Macron serre la main de MBS. Il a avec lui un contrat d’armes juteux qui lui rapportera de quoi soudoyer le sénat triton. Il pourra ainsi consolider son pouvoir qu’il espère un jour sans limites. » C’est bien mieux, pas vrai ?

Bonus : plus tu raccourcis tes phrases, plus tu raccourcis le temps de l’action. Très utile dans une scène de baston. Par exemple, « Contacte ! Elle esquive la balle. La détonation explose dans ses oreilles. Le temps lui manque, elle plonge.  L’eau lui glace le corps. Du sang. Elle est blessée. Ah, non. Ce sont juste ses menstruations abondantes. »

4) Utilise la forme active.

La forme active est beaucoup plus engageante que sa sœur casse-couilles ; la forme passive. Le style gagne en efficacité. Voici un exemple :

Voix passive : Les cadavres des nones ont été dévorés par les tritons.

Voix active : Les tritons ont dévoré les cadavres des nones.

On s’aperçoit clairement que les tritons sont une sale race. Cependant, au-delà de ça, on remarque également que la deuxième phrase est plus engageante, plus directe. Pour te donner une définition chiante, la voix active c’est lorsque dans une phrase le sujet fait l’action du verbe. Utilise ce principe, tes lecteurs t’en remercieront !

5) Evite, lorsque tu le peux, la forme négative.

On le remarque difficilement, et c’est l’une des choses que j’ai le plus de mal à appliquer, mais surutiliser la négation complique inutilement tes phrases. On l’a vu, la simplicité est souvent synonyme de maîtrise et d’élégance.

Par exemple, au lieu d’écrire « Il ne sait pas ce que le vicieux triton a en tête », préférer « Il ignore ce que le vicieux triton a en tête. »

6) Chasse les adverbes comme on chassait les sorcières au bon vieux temps de l’inquisition.

Les adverbes, particulièrement après dire ou faire, sont des démons tritons échappés des enfers de pluton. On perd souvent en élégance en les utilisant régulièrement. Voici un exemple pour illustrer mon propos : « — T’es mignon pour un triton, dit-elle timidement. » Ou bien « — T’es mignon pour un triton, minaude-t-elle. »

J’ai volontairement pris un exemple qu’on voit souvent pour souligner le fait qu’on commet tous cette erreur de style. On remarque assez facilement que la deuxième tournure sonne plus propre.

Je t’invite donc à n’utiliser les adverbes qu’en cas d’absolue nécessité, et ça peut arriver, même si ça reste rare.

7) Garde-toi des répétitions.

Eh, oui ! Une relecture nous montre souvent d’ignobles doublons qui exultent l’amateurisme. Brrr…

Par exemple, « Martin dégaine son épée devant le triton abasourdi. Il aperçoit son reflet dans son épée nickel-chrome polie par sa maman. »

Crise cardiaque. Manque de respect. Répétition intolérable !

Il est bien plus efficace d’écrire « Martin dégaine son épée devant le triton abasourdi. Il aperçoit son reflet dans la lame nickel-chrome polie par sa maman. »

On comprend qu’on parle de l’épée sans la mentionner une deuxième fois. Mon conseil bonus ; utilise CRISCO, le dictionnaire de synonymes qui domine le dictionary game.

Maîtriser ce principe est indispensable.

8) Utilise le moins possible les verbes dit « faibles ».

Être, avoir ou aller, par exemple, entrent dans cette catégorie. Ce sont des verbes qu’on voit beaucoup trop et qui peuvent ruiner la qualité d’un texte. Ton style gagnera en maturité si tu prends l’habitude de les remplacer au maximum.

Par exemple, transforme « Josiane a un talent pour démembrer les tritons. » en « Josiane jouit d’un talent pour démembrer les tritons. » Ou encore, « Josiane est recouverte de sang de triton. » en « Josiane baigne dans le sang de triton. »

Je trouve personnellement difficile d’appliquer ce principe, mais j’en vois les grands bénéfices. L’effort en vaut la peine !

Voilà, naufragé, c’était mes huit conseils de style en écriture. J’ai surtout parlé de la forme, à dessein. Je rédigerai un article complémentaire qui traitera du fond (show, don’t tell, etc.) très prochainement.

Pour aller plus loin, je te conseil le livre « Écriture : Mémoires d’un métier » de Stephen King. J’ai beaucoup aimé !

N’hésite pas à me dire en commentaire quelles sont tes propres astuces de style !

Sur ce, à ton clavier, stylo ou plume, que ton roman commence !

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